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La dernière étape de notre voyage commence. Nous venons de terminer notre mission humanitaire d'un mois à Bariloche (expérience géniale ! ) et faisons cap vers le Sud : Perito Moreno et Torres del Paine avant de remonter doucement vers Buenos Aires.

Pour ce qui est des réactualisations blog, le Pérou est finalisé et la Bolivie est en cours.

A très bientôt,
Amélie et Teo

PostHeaderIcon Les baleines à la Peninsula Valdes (1er dec)

On ne loupera pas les baleines cette fois-ci ! Pour des raisons économiques, on avait décidé de les squeezer à Harvey Bay en Australie. Là, la fin du voyage approche et il reste encore quelques sous sur le compte pour cet extra. Depuis le temps que l’on voulait les voir ! On a préféré loger à Puerto Piramides (plutôt qu’à Puerto Madryn), car on peut déjà les observer depuis la côte. C’est ce que nous ferons dès le lendemain, où nous partirons en ballade dans la Reserva Faunistica Peninsula Valdes. On y verra alpacas et … baleines depuis le haut des falaises. Une mise en bouche avant notre excursion en bateau en fin d’aprem ! D’ailleurs, on a failli ne jamais la faire car nous nous sommes quelque peu perdus … dans les dunes de sable, dignes du désert du Sahara. Arrivés à bon port, on enfile notre gilet de sauvetage pour monter dans notre embarcation de … 50 pers ! En effet, tout le monde se presse pour les voir, avant qu’elles ne repartent vers le large mi-décembre.

Pour la p’tite histoire, il faut savoir que l’espèce concernée est la baleine franche australe qui mesure en moyenne 12 m et pèse plus de 27 tonnes. Elles viennent au Printemps près de la côte pour se reproduire ou mettre bas car les eaux sont moins profondes et plus calmes qu’en Antarctique. La femelle, plus grosse que le mâle, s’accouple un an après avoir donné naissance à un petit. Pour choisir son partenaire, elle les laisse se « battre » afin d’identifier le plus vigoureux. Pendant la visite, la guide, qui est avant tout une scientifique, nous racontera qu’ils sont capables de les identifier grâce aux callosités noires qu’ils ont sur le corps et la tête (il s’agit en fait de parasites). De plus, dépourvues de dents, elles absorbent krill et plancton à la surface de l’eau, à travers les fanons qui pendent de leur mâchoire supérieure. Enfin, à la différence d’autres espèces de baleines, celles-ci retrouvent peu à peu leur équilibre. De notre côté, on aura l’occasion d’observer une baleine et son petit « blanc » (espèce rare) en train d’apprendre à évoluer dans l’eau. Forcément, après l’accouchement, il faut leur expliquer comment  se servir de leurs p’tites nageoires ! Maintenant, le nôtre semblait très à l’aise puisqu’il a commencé à jouer avec le bateau en y passant juste en dessous. Féérique ! Un vrai rêve de gosse de les voir de si près, même si, il faut le dire, notre conscience écologique en prend un coup ! Cependant, on a en enchaîné avec une bonne bière artisanale dans un troquet du coin, d’où l’on a vu débouler, avec leur voiture de loc, le couple d’italiens avec qui on avait sympathisé pendant le Torres ! Ok, on visite tous les mêmes choses, mais ca fait toujours bizarre (et plaisir) de se revoir quelques 2000 km plus loin ! Pour fêter nos retrouvailles, un « asado » (bbq) et une bonne bouteille de vin s’imposaient pour le diner! Le lendemain, avant de repartir vers le nord, on fera une nouvelle ballade, à la rencontre des éléphants et lions de mer. Ensuite, on prendra notre dernier bus de nuit du voyage (snif !) direction la playa à Villa Gesell, connue comme étant la station balnéaire la plus glamour d’Argentine.

  

  

  

  

  

  

  

  

PostHeaderIcon Le glacier Perito Moreno (21 nov)

Pas le temps de goûter aux produits locaux d’El Bolson, dont les spécialités sont la bière, la confiture et le miel. Il nous faut rejoindre rapidement El Calafate, point de départ de toutes les grandes attractions de la Patagonie : Perito Moreno, Torres del Paine et El Chalten. Nous ne ferons que les 2 premiers, car 15 jours dans les montagnes de la Cordillère des Andes, c’est déjà pas mal … On a aussi envie de passer un peu de temps sur la côte et profiter de la mer & soleil ! Rien de transcendant à El Calafate qui ne doit sa notoriété qu’au glacier Perito Moreno situé à 80 km de là. C’est donc une ville principalement peuplée de touristes relativement âgés. Eh oui, fini les jeunes backpackers, place aux vieux habillés, de la tête aux pieds, en trekkeur pour l’occasion. Surprenant ! Maintenant, on appréciera notre séjour dans cette ville, en partie grâce à la guesthouse « Los dos pinos ». En fait, on aura tout un étage pour nous, avec du coup, cuisine et salle de bain privatives. Comme à la maison !

Evidemment, on fera la visite du glacier, véritable merveille de la nature. Un si gros glacier, vu de si près, ça impressionne ! C’est l’un des champs de glace les plus mobiles et les plus accessibles de la planète. Il mesure 30 km de long, 5 km de large et 60 m de haut, soit l’équivalent de l’agglomération de Buenos Aires. Un peu de glaciologie ne nous fera pas de mal pour comprendre la constitution de cet immense « bloc » de glace : le « cœur » du glacier est constitué par la « zone d’accumulation ». C’est là que la neige tombe, se comprime et se transforme en glace. Sous l’effet du poids, le glacier glisse peu à peu vers l’aval. Au cours du glissement, la glace commence à fondre à la base, se mélangeant au passage avec de la terre et des pierres. Il se forme ainsi une sorte de lubrifiant naturel qui permet au glacier de continuer son avancée. A l’opposé de la zone d’accumulation, où le glacier se remplit, la « zone d’ablation » désigne le lieu, à la base, où la glace fond. Comme il se crée en amont autant de glace qu’il n’en fond en aval, Perito Moreno est considéré comme stable, même s’il parcourt 2m/j en direction du Lago Argentino (la plus grande étendue d’eau d’Argentine avec ses 1600 km2, qui atteste de ce que les glaciers occupaient jadis beaucoup plus d’espace). C’est un spectacle pour les yeux comme pour les oreilles, quand on entend les blocs de glaces se détacher du front du glacier et tomber dans l’eau. Seul bémol dans cette expérience : l’ambiance « circuit organisé » avec les retraités occidentaux et la guide au micro dans le bus. Néanmoins, cette dernière nous alimentera d’infos intéressantes. Elle nous fait remarquer la différence de végétation entre El Calafate (steppes) et la région du glacier (selva), dû aux montagnes qui bloquent les nuages et le vent fort qui assèchent les terres. Ce qui est sûr, c’est qu’Amélie n’en fera pas son lieu de résidence, sachant que l’été, la moyenne des températures est de 10 °c, et que l’hiver, il n’y a que 5h de soleil par jour. Elle nous raconte aussi, qu’au 19 ième siècle, les habitants vivaient principalement de l’exportation de la laine, mais en raison de la concurrence des matières synthétiques en provenance de l’Asie, ils se sont orientés vers le tourisme. Enfin, lors de notre sortie en bateau le long du glacier, on a pu constater la couleur gris-bleue un peu laiteuse du lac. C’est la farine glaciaire (sorte d’argile) qui lui donne cet aspect et tombe dans l’eau quand les icebergs se détachent de la paroi. Souvent les sédiments ne se déposent pas au fond et du coup diffractent la lumière du soleil. La couleur de l’eau prend alors d’étonnantes nuances turquoise, azur ou bleu pâle, caractéristiques de ces paysages de glace comme « sortis d’un autre monde » (Lonely). 

Le lendemain, nous repartirons pour le Torres del Paine, le long de la frontière chilienne, mais nous vous raconterons cet épisode, ainsi que notre mission humanitaire, à la fin du blog. En effet, cet article va nous demander du temps à l’écriture, car on le veut utile pour d’autres routards qui voudraient se lancer dans le circuit « W ».

  

  

   

  

  

  

PostHeaderIcon Argentina, nous voilà ! Trekking en solo à El Bolson (15 nov)

Pas évident de se remettre à voyager après 1 mois passé dans une famille en parfaits sédentaires (NDLR : nous vous expliquerons dans un prochain article notre mission humanitaire d’1 mois à Bariloche, réalisée dès notre entrée en Argentine) ! Heureusement, pour notre premier bus, El Bolson n’est qu’à 2h de Bariloche. Mais c’est suffisant pour être nostalgiques et se rappeler les bons moments de cette mission humanitaire : les enfants, les éducateurs, les asados le week-end et la bonne bière de la Cruz le vendredi soir … On a choisi de s’arrêter à El Bolson avant de continuer notre longue route vers le Sud, parce que les « Barilochéens » nous en ont dit beaucoup de bien, notamment pour le trekking. Le Lonely écrit à propos de cette ville de la Région des Lacs : « Juste à la sortie de la ville partent d’excellents sentiers de randonnée, facilement accessibles, qui traversent des paysages parmi les plus somptueux du pays, voire de la planète. » Rien que ça ! Comme on avait joué les fainéants pendant les 4 semaines à Bariloche, il fallait se rattraper.

Notre arrivée se passe plutôt bien en ce samedi après-midi : la guesthouse est cosy et moderne avec tout ce qu’il faut pour cuisiner (Amélie craquera sur la cuisine véranda) ; le supermarché « La anonima », pour acheter nos provisions du trek, et le club Andino, pour choper toutes les infos utiles, sont à 2 pas, nous laissant le temps, en fin de journée, de déguster une glace de chez Jauja (recommandé par nos potes de l’humanitaire et attendue avec impatience par Teo) ! Pour la première fois, on va partir à l’assaut des montagnes tous seuls, sans guide et avec notre propre nourriture. Ouf, il y a des refuges, donc pas besoin de porter tente et matelas ! C’est Teo qui va être content avec son sac de 8 kg, transportant en autre les 2×500g de pâtes et les 2 sacs de couchage. Bref, dimanche matin, on est fin prêt : tout rentre dans les sacs ou presque, les gourdes sont chargées à bloc et on a suffisamment de crème solaire et pansements pour ces 3 jours.

Malheureusement, tout bascule à 8h30, alors que l’on descend pour prendre notre petit dej, parce qu’il n’y a juste … personne ! Pas un bruit, pas une vie … nadie ! Surprenant dans une ville qui se veut la Mecque du trekking … On croit bien faire en tapant à la porte des propriétaires pour comprendre ce qu’il se passe … La femme, la tête dans le c.., nous dit que le p’tit dej est à 9h30 et qu’il faut donc patienter … On est loin des petits dej de 6h à 9h connus dans toutes les autres guesthouses de notre voyage. Pas une pancarte dans la guesthouse nous prévenait de cette heure tardive ! Arrive vite 9h et la même femme, tout juste réveillée, nous apprend qu’il va falloir laisser nos affaires (celles non utilisées pendant le trek) au milieu du séjour de la guesthouse, à la vue de tous. Commence alors notre deuxième grosse engueulade du voyage (après de celle de l’Australie et le remboursement de nos billets de bateau). Evidemment, sa proposition ne nous va pas, puisque l’on avait demandé, pour valider le choix de cette guesthouse, s’il y avait un endroit « safe » pour stocker nos affaires. Ils nous avaient répondu qu’il n’y avait pas de soucis et qu’on devait tout simplement se relaxer : « Just relax ! ». C’est-ce que l’on fera, mais de là à s’imaginer que nos affaires (Ipod, netbook, tel portable …) seront au milieu du passage pendant 3 jours. Elle soutient qu’il n’y a rien à craindre, qu’il n’y a jamais eu de vol ici et que sa guesthouse est l’endroit le plus sûr d’Argentine. Comment lui faire comprendre que personne ne peut s’engager avec une telle certitude et que cela n’a rien de personnel ?! Nous atteindrons le point de non retour quand, alors que nous lui demandons s’il n’y a pas de meilleur endroit, elle nous balance : « I knew that you were bad persons » C’est la phrase de trop qui mettra fin à notre conversation. Eh oui, le bouddhisme nous a appris à garder notre calme et à ne pas répondre à ce type de provocation. Maintenant, nous ne sommes pas plus avancés, puisqu’il est 9h30, que 8h de marche nous attendent, et que l’on n’a toujours pas d’endroit où mettre nos sacs … Après que son mari, parti chercher les croissants, revient, il est 9h15 et nous tentons une approche auprès de lui. Peut-être a-t-il une solution ? Selon lui, la seule solution aurait été de stocker nos affaires dans leur maison, mais comme ils partent pour la semaine au Chili et ne laissent pas la clé à leur remplaçante (comme quoi, la confiance a ses limites !), on ne pourrait les récupérer à notre retour. Manque de pot, le mari est tout aussi borné que sa femme et nous rappelle que sa guesthouse fait partie des tops établissements sur les sites Internet backpackers. Il n’y a donc rien d’autre à faire que de partir. Pourtant, alors que nous partons chercher un nouvel espace de stockage au Club Andino, il nous rattrape, pensant que nous partions sans payer. Nice ! On le rassure en lui disant que nos affaires personnelles (passeport …) sont encore dans sa guesthouse. Et là, miracle, il nous propose de mettre nos sacs dans la chambre fermée à clef, occupée le temps de leurs vacances au Chili, par la remplaçante. On ne sait toujours pas pourquoi il ne nous en a pas parlé plus tôt ! Certainement que la perspective d’une mauvaise critique de notre part sur Internet l’a motivé à trouver une solution… Mais ce n’est pas encore pas fini ! Il y a un dernier retournement de situation quand Teo, croyant que l’on se dirigeait vers la chambre sécurisée, se voit proposer une nouvelle fois de laisser ses affaires au milieu du séjour (le temps que la chambre soit prête). Là, rictus de sa part qui rend fou de rage le proprio et lui fait péter un câble devant tous les résidents de l’hostel. La honte ! Heureusement, Amélie est là pour calmer les esprits et finalement, nous quittons les lieux à 10h30, soit avec une 1/2h de retard sur notre planning de trekkers autonomes. Mais rassurez-vous, tout se passera bien par la suite, si ce n’est que l’on se trompera de route au démarrage à cause d’une voiture garée devant la signalétique. L’erreur du débutant ! Finalement, nous commencerons notre trek à … midi. Par chance, il fait jour très tard en Patagonie à cette période (jusqu’à 22h30), donc à 18h30, heure d’arrivée au refuge, on a encore tout le temps de profiter des alentours et prendre une douche caliente. On l’a bien méritée !

Ces 3 jours seront un pur bonheur parce que :

- Il y a un micro-climat sur la région d’El Bolson qui nous permettra de sortir nos plus beaux T-shirts et shorts. Ca change de la polaire !

- Il y a moins de monde qu’à Bariloche, surtout au printemps, donc on a pu avoir tout le parcours pour nous, en totale harmonie avec la nature.

- Même si ca peut être un peu stressant de partir en solo, qu’est-ce que c’est agréable de pouvoir marcher à son propre rythme, de s’arrêter quand et où l’on veut, d’apprécier les paysages dans le calme. Une nouvelle dimension du trekking !

- On a mangé à notre faim avec pasta au diner et dulche de leche en p’tit dej. Important pour la forme physique et le moral !

- Les refuges associent tradition et confort. Construits tout en bois et ressemblant à une « clairière perdue dans la forêt », ils proposent cuisine et douche chauffée au feu de cheminée. Authentique quoi ! En plus, les proprios sont tous très sympas et disponibles. On a envie de s’arrêter une semaine à chaque stop !

Malheureusement, le temps passe vite et y a encore plein de choses à faire … Avant de vous raconter notre expérience au glacier Perito Moreno, sachez que nous avons passé notre dernière nuit à notre retour à El Bolson… dans la même guesthouse mais cette fois-ci en bungalow ! Soit l’équivalent d’une suite pour un hôtel … au tarif d’une chambre standard. Et oui, nous avons été surclassés… par la remplaçante visiblement pas au fait de nos précédentes mésaventures avec les proprios… Ces derniers ont dû être verts de rage en l’apprenant ! Mais bon, cela sera notre juste compensation

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

PostHeaderIcon Les grandes villes de la Bolivie (10 oct)

Entre chacun de nos divertissements boliviens (trek Lac Titicaca / Jungle / Wwoofing), nous avons passé un peu de temps dans les villes qui valent tout aussi le coup, avec leur histoire, leurs grandes bâtisses coloniales et leurs marchés animés.

1) La Paz

Elle a été fondée en 1548 et doit son existence à sa situation stratégique entre Potosi, la ville de l’Argent, et Lima, la capitale des colons espagnols au Pérou. Plus grande ville du pays (mais avec seulement 850 000 hab) et centre du commerce, de la finance et de l’industrie, elle n’est pas officiellement la capitale de la Bolivie : elle abrite uniquement le siège des pouvoirs exécutif et législatif. En tout cas, pour nous, elle fait partie des plus belles villes de notre voyage, parce qu’elle est à la fois originale (elle est perchée sur les versants d’un canyon à 3 700 m, donc tout en pente), colorée (entre ses bus, marchés et cholitas), et aérée (pas de klaxon, ni de motos vous frôlant à toute vitesse). Elle est divisée en deux : on trouve en haut les quartiers pauvres avec les marchés, et sur la crête du canyon, des milliers de baraques en briques en guise d’habitation ; et en bas, les quartiers plus aisés, ainsi que le centre des affaires avec ses gros buildings. Tout l’intérêt de la Paz est d’être dehors dans ses ruelles et ses marchés ; nous y passerons donc 4 bonnes journées à marcher et… faire notre shopping. Un plaisir pour tous les sens !

  

  

  

  

  

  

2) Sucre

C’est là où l’indépendance a été proclamée en 1825 et c’est la ville qui a été choisie, peu de temps après, pour être la capitale de la nouvelle république de Bolivie comme mentionné dans la Constitution. A ce sujet, notre super guide du musée « La Casa de la Libertad » (bâtiment dans lequel la Déclaration de l’Indépendance a été signée) nous expliquera comment les habitants de la Paz, au cours d’une guerre civile avec ceux de Sucre, leur ont volé le statut de capitale (heureusement il leur reste le pouvoir judiciaire, mais à les entendre, il semble que les habitants de Sucre n’aient pas dit leur dernier mot !). Elle nous racontera aussi que les Simon Bolivar et Antonio Jose de Sucre ne sont pas les vrais libérateurs du pays car d’autres avaient déjà initié le mouvement auparavant. Fait un peu tristoune pour le pays : en un siècle (1825-1935), la Bolivie a perdu plus de la moitié de sa superficie au profit de ses pays frontaliers, notamment suite à deux guerres, celle du Pacifique avec le Chili (qui privera la Bolivie de son accès stratégique à la mer) et celle du Chaco avec le Paraguay. Sinon, comme Arequipa au Pérou, la plupart des constructions de Sucre sont blanches et d’origine. Ce qui lui vaut d’être déclaré « Unesco World Heritage Site » en 1991. Tout comme nous, Anke, notre hôte du wwoofing, adore cette ville car elle est le centre culturel et universitaire du pays. Les rues sont donc blindées de djeuns cool et y a pas mal d’expositions et de spectacles. Ainsi, on se retrouvera dans un théâtre pour assister à un concours de chants, et dans la rue pour un concert hommage au Che, seuls blanc entourés de jeunes révolutionnaires en herbe !

  

  

  

  

3) Potosi

Toute l’histoire de Potosi est liée à ses mines d’argent, découvertes en 1544, par un Inca local, Diego Huallpa. Un an après, les Espagnols débarquèrent et commencèrent son extraction via le travail de milliers d’esclaves indigènes. Pour augmenter la productivité, ils ont « importé » des millions d’esclaves venus d’Afrique et les ont fait travailler selon des roulements de 12h. Le plus dur, c’est qu’ils devaient rester tout le temps sous terre (minimum 4 mois d’affilés). Ils travaillaient, mangeaient et dormaient dans la mine ! Ainsi, on estime à 8 millions le nombre de morts entre 1545 et 1825. Aujourd’hui, l’extraction se poursuit mais à moindre échelle avec des coopératives de mineurs propriétaires des richesses produites (mieux mais pas encore top). Malheureusement, les conditions de travail n’ont guère évolué depuis l’époque coloniale et l’espérance de vie ne dépasse toujours pas les 10/15 ans d’activité minière. Ainsi, pour des raisons de sécurité (risque d’intoxication, d’éboulement ou d’explosion …) et de voyeurisme, nous avons choisi de boycotter la visite des mines et profiter de la ville de Potosi qui a beaucoup plus à offrir.

  

  

  

PostHeaderIcon Le Sud Lipez et le Salar d’Uyuni (11 Oct)

Nous avons choisi de partir de Tupiza pour notre trip dans le Salar parce que : 1) ça permet de faire une boucle et de ne pas revenir sur nos pas 2) les tours au départ de Tupiza proposent de voir plus longtemps le Sud Lipez (en 4j vs 3j au départ d’Uyuni) pour terminer, cerise sur le gâteau, avec le Salar au lever de soleil 3) Les agences, moins nombreuses, offrent des prestations de meilleure qualité qu’à Uyuni. Et quand on parle de qualité, on parle avant tout de sécurité ! Nos amis belges de la Jungle nous raconteront leurs mésaventures avec le chauffeur de leur 4×4 complètement « borracho ». En effet, l’alcoolisme est un vrai fléau en Bolivie, et malheureusement, les conducteurs font rarement le choix entre boire ou conduire. A tel point que, dans le cas des belges, ils l’aideront à plusieurs reprises à monter dans la voiture. Ca fait froid dans le dos !

Nos arrivées dans les nouvelles villes suivent maintenant le même rituel : sélection de 3 guesthouses dans le guide pendant le bus de nuit, visite de ces mêmes guesthouses au petit matin tout en laissant la chance à ceux venus à la sortie du bus nous proposer leurs services, sieste de 2/3h pour reprendre des forces avant notre session benchmark de l’après-midi. Notre choix s’est porté sur l’agence « Alexandro Adventure Travel », meilleur rapport sympathie / prix. Eh oui, la sympathie est un critère important pour l’Ameteo. Alexandro est d’ailleurs tellement sympa qu’il nous fait un super prix, au point de se faire engueuler par sa femme après. On l’a vu de nos propres yeux ! Aussi, après nos déboires dans la Pampa (souvenez-nous … les danois !), il nous a rassurés sur le nombre de participants, important quand on passe plus de 8h/j dans un 4×4, et sur les personnes elles-mêmes. La bonne nouvelle, c’est que l’on est en tout 4 avec 2 françaises de notre âge : Mélina & Soizic, avec qui on s’éclatera bien ! L’autre bonne nouvelle, c’est le guide Freddy et la cuisinière Elisabeth (noms anglo-saxons très populaires en Bolivie), un couple de choc, mariés dans la vraie vie, juste parfait : Freddy nous alimente continuellement en informations sur les montagnes et lagunes rencontrées pour le bonheur de Teo, et Elisabeth nous fait des bons petits plats pour le bonheur d’Amélie, sans parler de leur voiture tout confort et full options. Y a même une entrée « aux » pour brancher nos Ipods. Tout ça, dans une ambiance, comme Freddy a l’habitude de dire : « Muy tranquilo ! »

Jour 1 :

Nous sommes les premiers à arriver à l’agence (serait-on devenu ponctuel après nos 8 mois de voyage ?!), parce qu’en fait, les autres sont en train de se battre avec les banques pour changer de l’argent. Vous l’aurez compris : il n’y a pas de distributeur à Tupiza. Conseil de l’Ameteo : toujours avoir des dollars sur soi en dépannage pendant le voyage. Avec 1/2h de retard, on quitte la ville pour atterrir, après quelques minutes de route, au milieu d’énormes canyons ou « Quebradas ». C’est le Far West version bolivienne, avec ses cactus de 10m de haut et ses troupeaux de lamas et alpacas. Ces derniers sont d’autant plus mignons qu’ils ont des décorations sur les oreilles (une façon pour les bergers de les distinguer). A ce moment, Freddy nous raconte qu’il a un élevage de 30 lamas, dont la viande est bien plus tendre que celle de l’alpaca (ce dernier étant plus connu pour sa laine). Ils vivent aussi de leur plantation de quinoa (pseudo céréale très populaire en Amérique du Sud servie en soupe ou en accompagnement), qu’ils nous feront goûter lors d’un repas. On déjeune chaud (Elisabeth stocke la nourriture, cuisinée la veille, à ses pieds, près du moteur, pour la maintenir à température) quelque part entre San Pablo et San Antonio, puis repartons à la découverte de nos premiers points de vue (Sol de Manana) et lagunas (Celeste). Comme le disent si bien les anglo-saxons, les paysages sont « absolutely unforgettable » ou « literally breathtaking ». Et, pour une fois, ils n’en font pas de trop ! Tout ce que l’on verra pendant ces 4 jours, c’est du « jamais vu ». En tout cas, pour nous, c’est la première fois que l’on voit des lacs verts ou rouges, des rochers aux formes spectaculaires, des sommets avec des dégradés de couleurs … Bref, une pure merveille de la nature à voir de toute urgence ! It’s amazing … Après le passage d’un col à 4 855m (plus haut que le Mont-Blanc !) et une crevaison (pas de soucis, Freddy a tout ce qu’il faut en stock et Elisabeth fait péter sa tournée de sucettes pour nous faire patienter), on entre enfin dans le parc Eduardo Avaroa pour passer notre première nuit quelques kms plus loin. Cool, il fait pas si froid (jeu de mot !) que ça et y a plein de couvertures de dispo en plus de nos sacs de couchage. Ensuite, c’est goûter, souper, brief de Freddy sur la journée de demain et au lit !

Jour 2 :

Freddy avait pour ordre de ne pas nous réveiller trop tôt ! Il le respectera, puisque nous sommes les derniers levés à 7h30. Les autres groupes se sont levés plus tôt car leur programme prévoit l’ascension du Volcan Uturuncu à 6 020m. Une façon « paresseuse » de passer la barre mythique des « 6 000 », puisque la jeep les dépose à 1 km du sommet. Mais bon, on ne va pas trop les chambrer, car, alors qu’ils étaient en train de cracher leurs poumons à 6h du mat, nous, on dormait ! Les pancakes d’Elisabeth enfilés, on part à la rencontre des flamants roses, qui rajoutent une couleur de plus au paysage déjà exceptionnel. Comme si on n’en avait pas assez ! Mea Culpa pour Teo qui n’arrêtera pas d’essayer de les faire voler. Puis, on traverse le Salar de Chalviri (y en a pas qu’un dans la région) pour trouver, au pied du Cerro Polques, un bassin de sources d’eaux chaudes qui n’attend que nous pour une p’tite baignade à 30°c. Une piscine naturelle en plein milieu du désert … Quel luxe ! Déjeuner au cul du 4×4 avec vue sur les Rocas de Dali (du nom du surréaliste qui s‘en serait inspiré) puis visite de la Laguna Verde, malheureusement, sous les nuages accrochés au volcan Licancabur. Pour info, sa couleur verte vient de sa forte concentration en carbonates de sulfure, arsenic et calcium, qui le maintiennent d’ailleurs encore liquide par -20°c. On termine la journée par un tour dans les geysers à plus de 5 000m (record battu!) avec leur fameuse odeur de souffre, et alors qu’il commence à neiger (si, si, on vous assure), on crève une nouvelle fois. Et là, c’est moins drôle puisqu’il faut sortir de la voiture. Grâce à la deuxième roue de secours, on arrive à repartir pour le refuge, afin d’y passer la nuit, tout près de la Laguna Colorada. Les repas sont de plus en plus animés car on commence à mieux se connaître avec Mélina et Soizic, deux infirmières de l’hôpital de Genève. Le diner sera donc l’occasion de débattre de sujets divers et variés comme « pour ou contre les vaccins » ou « l’émission de Frédéric Lopez « Rendez-vous en terre inconnue » : investigation ou voyeurisme ? »

Jour 3 :

La troisième journée commence évidemment par la Laguna Colorada, de profondeur max 80 cm, et qui doit sa couleur rouge, aux algues et planctons (appelés diatomées et nourriture principale des flamants roses) qui habitent ce lac. Tout autour, la côte contraste avec le blanc brillant lié aux dépôts de sodium, magnesium, borax et gypsum. A 20km de là, on découvre l’Arbol de Piedra entouré d’une dizaine de 4X4 (déjà moins glamour). Nous déjeunons près d’une série de nouveaux lacs, plus beaux les uns que les autres, en compagnie de flamants roses : Teo est conquis, il en est à sa centième photo ! La pause terminée, nous attaquons notre dernière ligne droite vers le Salar d’Uyuni, bercée par la musique de Coldplay et les tentatives d’intervention de Teo en espagnol, sans oublier un ravitaillement bières à San Juan et Colcha K. Nous passons notre dernière nuit dans un hôtel de sel aux abords du Salar, où les lits & tables sont fait à partir de blocs de sel et les portes & fenêtres de bois de cactus. Sympa !

Jour 4 :

Avant de vous expliquer notre aventure dans le Salar, un passage par Wikipédia s’impose ! “Cette étendue de sel, vestige d’un lac d’eau de mer asséché, est située à 3 700 mètres d’altitude. Avec une superficie de 12 500 km2, elle constitue le plus vaste désert de sel du monde et représente un tiers des réserves de lithium exploitables de la planète. Ces dernières, composant essentiel des batteries électriques, sont actuellement le centre des attentions de plusieurs multinationales, ainsi que du gouvernement. Sa formation remonte à 40 000 ans, quand l’étendue d’eau salée était une partie du Lago Minchin, un lac préhistorique géant. En s’asséchant, il laissa derrière lui deux petits lacs encore visibles, le Lago Poopo et le Lago Uru Uru et deux grands déserts de sel le Salar de Coipasa et le gigantesque Salar d‘Uyuni”. Revenons à nos moutons ! Comme le veut la tradition, le réveil sonne à 4h30 car il faut être dans le Salar au lever du soleil. Dès qu’il fait son apparition, commencent les jeux de photos comme celui des ombres ou de la perspective. On est tous les 4 comme des gosses en train de se photographier, au grand désespoir de Freddy et Elisabeth, qui ont un planning à respecter. Ils doivent suivre le tour classique : Isla Incahuasi, visite du musée de céramiques à Coquesa, passage par le seul hôtel implanté dans le Salar « Playa Blanca », Cimenterio de Trenes … Et nous, on veut rester dans le Salar qui offre un spectacle grandiose. Même si on savait à quoi s’attendre, ca fait bizarre d’être perdu au milieu d’un désert tout blanc. Deux choses surprenantes : la première est que l’on a du mal à distinguer l’horizon qui est flou et donne l’impression que les éléments (montagnes ou îles) flottent sur le salar (en raison de la diffraction de l’air et de la courbure de la terre, parait-il ?!); et la deuxième est que, comme tout est extrêmement plat et blanc, il n’y a aucune perspective. Du coup, il est impossible d’apprécier les distances. Tout parait si près alors que des dizaines de kms nous séparent ! Un peu à la bourre après nos interminables séances photos, Freddy décide de zapper le site d’extraction de sel (Amélie lui en veut encore !). Nous laissons les filles à Uyuni pour leur bus de nuit direction la Paz et nous, nous repartons pour 5h de route vers Tupiza (et oui, demain le programme est chargé : se lever à 4h du mat pour passer la frontière argentine).

En conclusion, alors que l’on s’attendait à un trip purement commercial, nous serons éblouis par la beauté des paysages. Et ce, d’autant plus qu’en partant de Tupiza, nous avons évité les files de 4×4 qui gâchent un peu, il faut le dire, le spectacle. Seul petit regret : le peu de temps passé dans le salar (un peu de notre faute quand même car Freddy devait nous ramener à Tupiza et la route était loin d’être facile ensuite…)

  

  

  

        

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

PostHeaderIcon Notre Wwoofing chez Anke & Dieter (25 Sept)

 Après notre expérience des 20 heures de bus sur la route de la mort (pas la vraie mais quand même…), les moustiques, les mygales et les alligators de Rurrenabaque, nous voici fin prêts pour notre expérience wwoofing à Santa Rosa, petite ville à 150 kms au nord de Santa Cruz, chez Dieter et Anke. On est dans l’est de la Bolivie : fini l’altiplano et les choletas de la Paz. Ici, c’est plus ambiance Monte (comprenez forêt), Pampa et terres agricoles ! Nous avons prévu d’y rester une dizaine de jours tellement les commentaires sur les autres blogs sont élogieux et notre expérience sera à la hauteur de nos attentes.

Qu’est-ce que le wwoofing nous direz-vous ? Wwoofing provient de WWOOF qui signifie World Wide Opportunities on Organic Farms ou Willing Workers On Organic Farms. C’est une façon de mettre en relation des voyageurs désirant découvrir un pays de l’intérieur à moindre coût avec une communauté de fermes biologiques locales à la recherche de volontaires. Sont qualifiées de fermes biologiques celles qui n’utilisent pas de produits chimiques et pratiquent la diversification des cultures pour ne pas épuiser la terre. Généralement, l’hébergement et la nourriture sont offerts en échange du travail.

Nous arriverons à Santa Rosa sans encombre après nos 18 heures de bus de nuit depuis la Paz et un taxi partagé. Déposés dans la rue principale, nous demanderons la quinta de Anke. « Tout le monde me connait » nous avait indiqué cette dernière. En effet, en mois de 10 minutes, nous voici qui débarquons dans la quinta qui deviendra notre fabuleuse maison.

Nous y attendent Anke, propriétaire des lieux avec un dynamisme à déplacer des montagnes, et Anja, autre woofeuse allemande arrivée depuis une semaine. Dieter, lui, nous rejoindra le soir : il est actuellement à Juan Deriba, leur propriété de 700 hectares à 4 kms de là où il s’occupe de ses 200 vaches, brebis, chevaux… en compagnie de Don Ignacio, Don Pepe, Don Juan… les employés de la quinta avec qui nous aurons l’occasion de passer beaucoup de temps.

La présentation du lieu nous mettra direct dans l’ambiance : una cabana rien que pour nous avec lit et hamac, une ducha de lujo (comprenez douche froide en plein air) à quelques mètres de là, deux cuisines : une pour nous, une pour eux, Irene : cuisinière qui nous fera des bons petits plats à base des légumes du jardin et Michael : jeune du village travaillant à l’occasion dans la quinta pour se faire un peu d’argent. Les règles de base de notre intervention sont simples : travailler de 7h30 à 12h en échange de l’hébergement et du petit déjeuner. Pour 15 bolivianos en plus (soit 1,50€), nous avons droit aux repas divins préparés par Irene le midi et accès à leur frigo pour nous préparer quelque chose le soir. En grands cuisiniers que nous sommes, nous prenons bien entendu l’option des 15 bolivianos… Et cela sera sans regret…

  

Nos premières minutes seront là encore bien folkloriques. Voulant nous rendre utiles, nous proposons, une fois nos bagages installés dans notre cuarto, d’aider Michael à récolter les oranges et les citrons du jardin pour faire des jus de fruit frais (refrescos en bolivien). Tout feu tout flammes, nous voilà qui grimpons dans les arbres pour en récolter le maximum possible. Malheureusement, Teo avait quelque peu passé à la trappe les avertissements du jeune Michael sur les abeilles au fond du jardin. Et c’est ainsi qu’alors que nous sommes perchés dans l’arbre… au fond du jardin, nous commençons à nous faire attaquer par trois d’entre elles. Nous nous en sortirons par deux grosses piqûres pour Amélie + une petite honte devant Michael qui nous affirmera avec son grand sourire : je vous avais prévenus… Heureusement, dans les jours qui suivront, nous nous en sortirons bien mieux… Et pourtant les missions attribuées n’étaient pas des plus simples.

Pour Teo :

- Creuser un lac dans le champ derrière la maison afin de garder l’eau de la saison des pluies le plus longtemps possible. Pas de problème a priori sauf qu’il fait un soleil de plomb et que le taux d’humidité est à son maximum.

 

- Construire le système d’irrigation qui va avec sous les directives de Don Ignacio. Si, si vous avez bien entendu, système d’irrigation… qui osera dire maintenant que Teo n’est pas bricoleur….

- Aller récolter dans une propriété voisine (à 45 min de là) des plants de canne à sucre pour les planter dans le jardin d’Anke. Cette mission sera surement sa préférée : entre le moyen de locomotion utilisé (une jeep ayant brulée l’année passée mais qui fonctionne on ne sait comment), la pause empanadas / chicha, le découpage des plants de canne à sucre à la machette et le détail des querelles de voisinage de leur hôte (« il m’a tué un cochon donc du coup je lui ai tué son âne… »), il se sent à 10 000 lieues de la France et en plein cœur de la Bolivie

- Débroussailler, tout seul, un champ de la taille d’un terrain de football surveillé par Dieter sur son tracteur. Cette mission sera, on peut le dire, la pire car 4 heures tout seul à débroussailler (toujours sous le même soleil de plomb), ça parait long !

- Aider à “fumigar” et “vacunar” las vacas (comprenez fumigation contre les tiques et vaccination des vaches). Dommage pour lui, il avait choisi ce jour là un tee shirt rouge qui effrayera ces dernières alors que son rôle était justement de les immobiliser… No comment !

  

Pour Amélie :

- S’occuper de la huerta d’Anke en compagnie de Don Ignacio : comprenez planter des tomates, du paprika (et au passage manger les acerola du jardin bourrées de vitamine C), les arroser, les arroser, les arroser (et oui, dur dur de maintenir un jardin pendant la saison sèche) et nourrir la terre à coup de brouettes de « compost » (on est dans une ferme organique, pas de pesticide autorisé mais des engrais 100% naturels !)

- Aller en vélo jusqu’à leur propriété Juan Deriba pour traire les vaches à la main (pas facile facile quand on n’a pas la technique) et utiliser le lait récolté pour faire du fromage en mode artisanal. Ce sera un peu la honte car alors que Dieter est capable d’extraire un litre de lait en moins de 5 minutes, elle ne dépassera pas les 10 cl… Heureusement que Dieter est compréhensif….et qu’Amélie se rattrapera sur la fabrication de fromage…

- Aider Irene et ses deux assistants en chef (Lisa et Carlitos) à cuisiner : faire du café à base de grains de café du jardin, du chutney à base des mangues du jardin, des yaourts à base du lait des vaches de la propriété, des tortillas à base des œufs du poulailler… Bref un vrai régal !

   

- S’occuper des chevaux, grand amour d’Anke : les nourrir les matins vers 6h30 (et oui, le réveil est matinal) et les laver une fois la journée de travail fini. Nous aurons Duke (le bel étalon blanc que nous aurons l’occasion de voir en action… Impressionnant !), Primavera (jeune jument de 3 ans acquise récemment), et toutes les juments amenées par le voisinage pour assurer la descendance de Duke…

- Et comme Teo, la fameuse tache ingrate du débroussaillage… Heureusement, la machette est là pour rendre l’activité folklorique et le but de l’activité plus que motivant : nous protéger des serpents et des scorpions !

Toutes ces activités seront pour nous l’occasion de beaucoup de fous rires mais aussi de beaucoup de travail. Heureusement que nous aurons, pour nous aider, Irene et Don Ignacio :

- Irene avec ses somptueux gâteaux pour la pause de 10 heures (au chocolat, à la carotte..), ses jus de fruits frais (orange, citron, “bi”), son café et ses déjeuners 100% maison

- Don Ignacio qui nous initiera très vite au rythme bolivien : « qué ora es ? Oh, estamos muy cerca del recreo… », « despacio, despacio, no debes cansarte »

Les après midi seront au contraire à la cool : siesta, ducha, lecture bien installés dans les hamacs, balade à Juan Deriba, consultation d’internet dans la bibliothèque locale construite par Anke grâce à des donations reçues.

Mais, nos moments préférés seront sans aucun doute, les dimanche matin où nous partons tous à cheval explorer la propriété et vérifier que tout est en ordre. Chacun aura son cheval : Primavera pour Amélie, Salto pour Teo et Osco pour Anya. Chacun avec ses petits challenges :

- Primavera, jeune, n’est pas habituée à être montée et du coup ne répond pas toujours à 100% aux ordres donnés (surtout dans les moments difficiles tels que la traversée d’une rivière…)

- Osco est pour ainsi dire têtu et le chef de la bande. Il lui faut quelqu’un de plutôt autoritaire….

- Salto est juste un filou qui s’arrête dès qu’il peut pour manger, ce qui fera beaucoup rire Teo

  

  

Nous aimerons tellement ces sorties à cheval que nous tenterons une sortie en solo un jeudi après midi. Vraiment cools, Dieter et Anke nous laisseront partir avec un plan de la propriété des 700 ha sur un morceau de carton de 10 cm2. Pas facile de se repérer. Mais nous y arriverons, à peu près…. Cependant, après 45 minutes à suivre le plan avec minutie, un Osco « un poquito asustado » (énervé… ce dernier préférant paître tranquille et en liberté plutôt que de promener trois Européens novices…), la traversée d’un troupeau de 100 vaches et taureaux nous regardant droit dans les yeux, un chien de chasseur perdu dans la propriété et à nos trousses et finalement le sentier bloqué par deux autres chevaux (jamais de très bonne augure…), nous rebrousserons chemin un peu piteux mais rassurés que tout se soit bien passé…

  

Au-delà de tout ce que nous apprendrons sur la nature et le fonctionnement d’une ferme organique en Bolivie, ces jours passés seront pour nous l’occasion d’apprendre énormément sur le pays. Dieter et Anke, installés en Bolivie depuis plus de 20 ans, sont en effet intarissables sur le sujet :

- Le danger très fort pesant sur la forêt amazonienne détruite à coups d’incendies volontaires. Si la loi interdit normalement ces incendies, personne n’est jamais arrêté pour ces derniers. L’enjeu économique est en effet très important car les terres une fois défrichées sont utilisées pour les cultures de soja destinées à l’exportation mais également pour des cultures bien plus illicites (pour plus de détails, voir les bonnes résolutions d’Amélie sur la Bolivie)

- Les doutes sur le régime en place et certaines de ses lois pouvant paraître bien autoritaires

- La difficulté pour les organisations d’aide internationale de mettre en œuvre des programmes avec un impact réel pour les plus pauvres. Bien souvent, les coordinateurs locaux s’enfuyant avec l’argent laissant le projet en plan…

- Le problème de l’alcoolisme très fortement répandu et la difficulté de monter une entreprise vu le taux d’absentéisme et un rythme de travail plus que relax

- La difficulté pour les « petites gens » de faire valoir leurs droits et leurs intérêts tellement la corruption et la culture du pot de vin est importante. Un exemple ahurissant pour nous Européens : la Poste. Ici, tous les colis sont ouverts et fouillés. Seules les cartes postales sont sans danger. Heureusement pour nous car nous avions choisi la Bolivie pour envoyer notre quarantaine de cartes postales. Cela aurait été dommage !

- La culture de la non-dénonciation qui laisse souvent impunis de nombreux délits. « Tout le monde sait mais personne ne dit rien »

Bref, cette expérience wwoofing restera gravée dans nos mémoires pour plein de raisons. Et ceci sans vous parler de la raquette tueuse de moustique (un vrai délice quand vous en avez dix autour de vous), de Don Mario (guérisseur local surnommé Matasanos par Anke qui viendra squatter la quinta et les bons repas d’Irene pendant 3 jours… le temps de prodiguer ses remèdes bidons et surtout glander toute la journée pendant que tout le monde bosse sous un soleil de plomb), du serpent nageant tranquilou dans le fond de la douche (« ne vous inquiétez pas, il n‘est pas mortel, par contre celui dans la fosse à droite du jardin est lui très dangereux. Faites attention ! »), de la salle de bain utilisée comme attrape-moustique (dommage pour Teo qui fera l‘erreur, une fois mais pas deux, d‘aller y prendre sa douche pour éviter la douche en plein air… comme quoi le confort est bien relatif !) et, nous gardons le meilleur pour la fin, de Lucky et la Luna (les deux chiens berger-allemand, si amicaux la journée et si agressifs la nuit…. Amélie s’en sortira de justesse à plusieurs reprises…)

  

Nous partirons après 10 jours bien émus de toutes ces aventures. Malheureusement, le temps passe vite… Nous avons à peine une semaine pour visiter Sucre, Potosi et surtout le Salar avant de foncer vers la Patagonie argentine pour notre mission humanitaire à Bariloche…

        

      

  

PostHeaderIcon 5 jours dans la Jungle et la Pampa bolivienne (18 sept)

En guise d’introduction à notre aventure dans la jungle, un extrait des consignes de sécurité du routard : « ne jamais s’appuyer, s’asseoir ou mettre la main sans regarder (par ex. le palmier Chonta a des couronnes d’épines tous les 30 cm) ; des insectes redoutables se dissimulent facilement dans un creux telle la fourmi guerrière (2 cm de long et une ½ journée de fièvre intense) ; les araignées, écrasées, projettent des poils urticants ; le pire, c’est les moucherons invisibles qui transforment votre peau en framboise et pour lesquels il faut se rapprocher d’un local en cas de piqûre ; en Europe, on compte 30 espèces de plantes aux 100 ha, dans la selva, plus de 400 ». On a hâte ! 

Mais avant de goûter aux joies de la selva, il nous a fallu passer par l’épreuve des 20 heures de bus pour rejoindre Rurrenabaque, point de départ de toutes les expéditions. Ce fut un des transferts les plus folkloriques de notre voyage… parce que : 

1) Si nous étions rassurés de ne pas emprunter la « Route de la Mort » (aujourd’hui fermée à la circulation, elle comptait une moyenne de 26 sorties de route/an), nous serons vite déçus par la route utilisée : sa vraie sœur jumelle (virage à 180°, pas de barrière de sécurité, précipices de plusieurs centaines de mètres, impossibilité de passer à deux véhicules à plusieurs endroits d’où plusieurs marches arrière du bus plus que sportives) 

2) Parce qu’ici, pas de WC à bord, et des arrêts pipi transformant en quelques minutes les champs alentours en toilettes géantes. Mieux vaut ne pas être pudique : plusieurs fois, Amélie se cherchera un coin tranquille (derrière un arbre ou une voiture) mais sera vite rejointe par 2-3 choletas pressées de se soulager… No comment : seule issue, terminer le plus vite possible ! 

3) Parce que nous nous retrouverons pile poil sous la seule enceinte du bus fonctionnant à plein volume. Alors que Teo, des vibrations plein la tête, ira demander au chauffeur de baisser le volume, il sera pris d’assaut par les autres voyageurs criant « Musica, Musica ! » Nous passerons donc la moitié du voyage avec de la musique andine « plein les oreilles ». 

4) Parce que la qualité de la route et des amortisseurs te font littéralement décoller de ton siège, dur dur de trouver le sommeil dans ces conditions ! 

5) Parce qu’au-delà du manque de place et des pleurs de bébés, un chien décidera de se soulager dans l’allée centrale en plein milieu de la nuit… On ne vous raconte pas l’odeur ! 

6) Parce qu’ici, pas de comptage des passagers et il est courant que le bus reparte en oubliant l’un d’entre eux. Nous passerons ainsi tous les stops les yeux rivés sur le chauffeur ; ce qui n’empêchera pas l’étourderie d’Amélie qui, descendue rapidos se chercher un paquet de chips sans prévenir le chauffeur, se retrouvera à sprinter à côté du bus, parti sans elle… 

Vingt heures plus tard (soit vers 7h du mat), nous arriverons à bon port à Rurrenabaque et passerons l’après midi à faire le benchmark des agences de la ville. Nous hésiterons longtemps entre une expérience commerciale et une expérience d’écotourisme communautaire mais les offres d’écotourisme nous sembleront trop loin de ce que nous avions pu vivre en Birmanie (souvenez-vous, le trek de Kalaw avec Sam). Du coup, nous choisirons Fluvial Tours, l’agence commerciale par excellence avec son boss sorti tout droit de « La vérité si je mens », pour nos deux jours de jungle et trois jours de pampa. 

La jungle

L’action se passe dans le parc national de Madidi (à l’ouest de Rurrenabaque), où l’on peut voir plus de 1 000 espèces d’oiseaux différentes, des singes, des porcs sauvages, des mygales et bien sûr des moustiques et des insectes de forme & couleur inédites.

Pour rejoindre le camp, il faut compter 3h de canoë sur le rio Beni dont le niveau d’eau nous fait descendre de notre embarcation pour pousser…Et oui, on est à la fin de la saison sèche. Pas de soucis ! Tout le monde s’y met et il y a déjà une bonne ambiance qui se crée dans le groupe, composé de … Belges et Français (pas très dépaysant !). Les premiers sont un couple de jeunes cools de notre âge en tour du monde accompagnés des parents du mec venus les rejoindre… au grand désespoir de la fille pour… un mois. Les trois autres sont deux cousines d’une 20ne d’années en voyage depuis 2 mois dont l’une d’elle aura plus que sympathisé avec l’autre Français. Bref, en tout, nous sommes neuf et ça fait beaucoup pour un seul canoë. Nous arriverons malgré tout à bon port pour l’heure du déjeuner. Comme tous les autres repas, il sera excellent et varié avec plein de légumes bien de chez nous (purée, brocolis, petit pois, hummm ca faisait longtemps !). 

L’activité de l’après midi est une « walk » de trois heures dans la jungle dont les moments forts seront : le passage au dessus d’un cours d’eau en équilibre sur un tronc d’arbre (on n’avait pas vu la perche facilitant grandement les choses), notre première rencontre avec un animal au nom inconnu (à mi-chemin entre le tapir et l’opossum) et la rencontre avec un troupeau dévastateur et plus qu’odorant de porcs sauvages. Le soir rebelote avec une « walk » de 45 minutes, cette fois-ci dans la nuit à la recherche de … mygales (ou tarantula en anglais). Nous verrons ainsi une vingtaine d’araignées, toutes plus grosses et colorées les unes que les autres et surtout deux grosses mygales sorties de leur terrier par notre guide bien téméraire. On est content d’avoir des lits à moustiquaire à notre retour ! 

Le lendemain, nous enchainons par une activité artisanale : réaliser des bijoux à partir de noix de coco. Etonnamment, les processus de fabrication sont très simples. Exemple pour une bague : découpage dans le sens de la longueur de la noix de coco, ponçage au papier de verre, polissage sur une pierre avec de l’eau puis sur la terre et enfin dans le creux de la main pour la faire briller. Nous nous en ferons chacun une, que vous pourrez admirer à notre retour:) 

En début d’après midi, retour à la case départ, pour reprendre des forces avant notre trip pampa.

                  

La Pampa

 Le lendemain, rendez-vous à 8h30 où l’on retrouve le responsable de l’agence toujours aussi speed et limite déçu de notre bonne organisation : il nous demandera toutes les 5 minutes si nous n’avons pas oublié notre bouteille d’eau, notre lampe frontale… Et non, nous sommes maintenant des habitués ! Avant même de monter dans le 4×4, nous découvrons l’un des couples de notre nouveau groupe en train de râler contre notre pauvre pote de l’agence. La raison est qu’apparemment ce dernier ne les a pas prévenus de prévoir une bouteille d’eau pour la journée (pour info, 0,50€). Nous le verrons ainsi crier « bad service » dans tous les sens. Ca commence bien ! Puis vient l’épreuve du 4×4, à neuf une nouvelle fois, assis sur des bancs dans le compartiment arrière. Ca secoue très très fort, il y a beaucoup de poussière, notre couple (danois) est en panique ! Pour les achever encore un peu plus, nous déjeunons dans un petit restau local en compagnie d’un porc-épic géant installé sous notre table. Marrant ! Le voyage continue par 3 heures de canoë. Et là, ce qui se passe est juste hallucinant : nous croisons une centaine d’alligators de 50 cm à 3m, dont certains à moins de 2 mètres de nous. L’Australie nous a appris à être extrêmement vigilants avec ces reptiles, et là, nous voilà presque en train de les caresser. La raison est simple : à la différence des crocodiles (présents en Australie) qui sont une espèce dangereuse pour l’homme, notre guide nous affirme que les alligators sont parfaitement inoffensifs. Et très vite, il faudra le croire sur parole car quand notre canoë s’embourbera dans la rivière ( à 6 reprises), il faudra, une nouvelle fois, pousser. On doit avouer que la première fois, on a hésité à descendre… Mais bon, pas le choix !

L‘autre animal très populaire sur la berge est le capybara, qui est juste le plus gros rongeur du monde ! Enfin, nous aurons la chance d’observer 5-6 dauphins roses (on vous jure que l‘on n’a pas fumé !), et bien entendu tous les autres animaux habituels de la région : singes, oiseaux, tortues..etc..; Et oui, la sécheresse est telle que tous se concentrent autour du rio pour survivre. So sad !

Arrivés au camp, plus confort que celui de la jungle (chambre double, hamacs avec vue sur le rio…), on profite du diner pour discuter avec chacune des personnes de notre groupe. Et là, c’est le drame ! On avait déjà quelques doutes sur leur côté rabat-joie (cf. le couple danois), mais ce dernier se confirmera tout au long du repas. A part une Autrichienne bon esprit et un Espagnol discret, le couple danois, un couple anglais et une allemande ne cessent de critiquer dans ces moindres détails les prestations de l’agence. Depuis le manque d’eau, à l’absence de confort des chambres, en passant par le guide. Tout y passe ! Ils en viennent même à se plaindre des moustiques et de la chaleur : surprenant dans la pampa !? A ce niveau là, ces trois jours seront terribles car leurs remarques gâchent en partie notre plaisir à chasser l’anaconda ou pêcher le piranha. Surtout qu’à cela, s’ajoute l’attitude égoïste des deux couples à toujours vouloir la meilleure place dans le canoë (celle de devant) et dans le 4×4 (celle loin des roues et de la poussière). Pour cela, toutes les excuses sont bonnes pour monter les derniers et occuper la place tant convoitée : prendre une photo de groupe, aller aux toilettes à la dernière minute, et même jouer la carte de la galanterie avec la technique du « après-vous ». Si notre initiation au bouddhisme nous a appris à garder notre sang-froid, il faut avouer, surtout pour Amélie, qu’il était parfois difficile de ne pas craquer. Notre compassion, mise à rude épreuve, nous amènera à penser qu’ils n’étaient tout simplement pas prêts à voyager…du moins dans un pays comme la Bolivie.

Malgré cette ambiance un peu relou, nous garderons des supers souvenirs de ce trip. Les big kiffs seront : le rio et ses colonies d’alligators, les levers et couchers de soleil si uniques dans la pampa, l’apéro bière dans les hamacs avec le rituel de l’offrande à la Pachamama, la Terre-Mère (à chaque nouvelle bouteille, il faut verser quelques gouttes de bière sur le sol), et enfin le retour de Rurre à la Paz en moins d’une heure en avion. Au retour de la Pampa, le 4×4 nous a déposés directement à l’aéroport… ou plutôt à la piste de décollage pour prendre un coucou, à notre grande surprise, relativement moderne. En moins de 45 minutes, nous gagnerons plus de 3000 m d’altitude et perdrons près de 15 degrés. C’est ça la Bolivie : une terre de constrastes !

   

   

   

   

   

   

    

                     

PostHeaderIcon Lac Titicaca & Isla del Sol (11 sept)

Suite à notre expérience mitigée au Pérou, nous déciderons de réallouer notre temps au profit de ce pays dont on nous a tant parlé : la Bolivie. Avant même notre départ, nous avions entendu beaucoup de choses positives et cela sera confirmé par les conseils de plusieurs routards rencontrés au Pérou et venant du sud de l’Amérique Latine. Si ce dernier leur semble fade, ils ne cessent de vanter les attraits de la Bolivie. Tellement colorée et authentique, elle concentre tout ce que l’on imagine de l’Amérique du Sud : des marchés à n’en plus finir, des choletas coiffées de leur chapeaux melon, de la musique traditionnelle andine à chaque coin de rue, des bus aux couleurs fluo et au design tout droit sorti d’un film Disney… Et tout cela se voit dès le passage de frontière.

Après un aller-retour entre les deux postes frontières (trop pressés de quitter le Pérou, nous avions oublié notre tampon de sortie…), nous arrivons à Copacabana (rien à voir avec la ville brésilienne du même nom) au bord du Lac Titicaca. Couvrant 8 400 km2 et situé à 3 808 mètres, c’est le plus grand lac du monde à cette altitude. Et c’est vrai qu’il est gigantesque. Ceci sans parler de sa profondeur évaluée à 457 mètres ! Comme à certains endroits, il est difficile de voir la rive d’en face, on a juste l’impression de trouver la mer en haut des montagnes. C’est un lieu tellement magique qu’il aurait donné naissance au soleil et au dieu-roi Viracocha. Ainsi, il est considéré comme étant le point de départ de la civilisation Inca. Pas surprenant que les îles s’appellent Isla del Sol y de la Luna. La légende voudrait même qu’il abrite un atlantis bolivien. Wouahhh !

Après une visite express de Copacabana et un trajet en bateau de 2 petites heures, nous aurons l’occasion de passer 2 ½ jours sur l’Isla del Sol (connue comme étant Titi Khar’ka, le rocher du Puma et qui donnera son nom au lac). Nous sommes partis de Yumani au sud, pour rejoindre Cha’llapampa au nord, en passant par Cha’lla. Les deux grandes difficultés seront la montée de la Escalera del Inca à notre arrivée (petit rappel du Machu Picchu…) et le repérage des sites Incas perdus au milieu des terrasses (Templo del Inca…). Heureusement, les habitants de l’île (2 500 en tout) viendront à notre rescousse pour nous guider et même nous donner des petites leçons d’Aymara (dialecte de la minorité ethnique de la région issue de l’empire Tiwanaku).

Notre séjour sur l’île restera un moment inoubliable avec des points de vue magnifiques sur le lac Titicaca et la Cordillera Real en arrière plan, les ruines Chincana et son Laberinto & rocher du Puma (à vous d’identifier l’animal sur les photos!), notre chambre rose bonbon chez l’habitant entourée de tous nos animaux préférés (lamas, mulets, cochons…) et, pour clôturer le tout, un apéro-coucher de soleil à la bière Pacena, sur le toit de notre guesthouse de Copacabana, avec un autre couple de français….

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

PostHeaderIcon Nos photos des villes péruviennes (10 sept)

Et pour terminer notre récit, voici en vrac les photos des villes que nous avons visitées… avec une mention spéciale pour Arequipa, son temps ensoleillé et ses très bons restaurants…

Santiago du Chili (notre escale pré-Pérou)

 

Lima (déjà bien plus colorée)

        

Trujillo (la ville de la peste bubonique…)

         

Huaraz (petite ville de montagne à … plus de 3000 mètres d’altitude)

    

Pisco (encore fortement endommagée par le tremblement de terre de l’été 2007)

   

Cusco (capitale des Incas)

     

Arequipa (notre favorite)

       

PostHeaderIcon … Et lowlights (10 sept)

Maintenant, le plus dur arrive … Les lowlights du Pérou !

Que vous dire ? Pourquoi est-ce qu’on a pas aimé le Pérou ?

Serait-ce :

- Le fait d’être arrivés pas mal crevés après 16h de vol de Sydney à Santiago du Chili, puis un petit jour de halte, et un nouveau un vol pris à 4h pour Lima (les nuits sont courtes…) et enfin 2h30 de bus / taxi pour rejoindre le centre ville depuis l’aéroport… sans oublier un décalage horaire record de 14h !

- Les températures trop basses qui nous obligent à porter nos deux polaires matin, midi et soir. Dur dur pour Amélie et le peu d’esprit mode lui restant. Teo sera même surnommé « l’homme kaki »

     

   

- Le coup de fil de la maman d’Amélie qui, alors que nous sortons de notre bus de nuit et sommes contents de quitter Lima et sa brume côtière pour cette charmante petite ville de Trujillo, nous avertit qu’il y a une très forte épidémie de peste…. à Trujillo… ainsi que quelques kilomètres plus hauts, des chauve-souris atteintes de la rage qui attaquent des hommes et enfants. Manque de chance, parmi les diverses catégories de peste pouvant exister, à Trujillo sévit la plus contagieuse : la peste bubonique. Le pire, c’est que, sur place, il n’est fait aucune mention de ses deux événements. Seuls informés de la ville, nous plierons bagage dès le lendemain avec un nouveau bus de nuit… après quand même avoir visité les 2 sites phares de la région : Chan Chan et Hueca del Sol y de la Luna

- L’attitude beaucoup plus réservée et beaucoup moins souriante des Péruviens… Très déconcertant après 3 mois passés en Asie !

- Les commentaires du Lonely qui nous donnent l’impression, qu’à chaque fois que nous mettons le nez dehors, nous risquons de nous faire voler ou agresser. Difficile d’être routards quand tout le monde vous conseille de prendre le taxi officiel (deux fois plus cher) ou de visiter les sites en groupes (de crainte de rencontrer des bandits de grand chemin).

- Les pratiques courantes des compagnies de bus de prendre nos empreintes digitales ou nous filmer, avant que nous montions dans le bus. Et oui, il est connu que les complices des agresseurs de bus sont généralement… dans le bus. Ca rassure, surtout quand on y passe la nuit… le sac accroché aux jambes de peur que des gamins passent en dessous des sièges pour voler les sacs ou son contenu via un cutter bien affûté

- Et du coup, le stress permanent dès que nous sommes avec nos sacs ou retirons de l’argent. Finie la cool attitude de l’Asie, désormais, chacun à son poste : Amélie au distributeur / Teo faisant le guet, Teo récupérant les sacs au cul du bus / Amélie gardant ceux déjà récupérés… Un vrai travail d’équipe. On vous passe tous les conseils que nous donneront les familles rencontrées au passage : ne jamais accepter de nourriture ou de boisson d’un inconnu de peur de se faire endormir et d’être complètement dépouillés, ne pas se laisser avoir par les tentatives de diversion (crachat, tapage sur l‘épaule…), voyager le sac sur ses genoux et jamais à ses pieds ou encore pire dans le compartiment au dessus du siège (compliqué quand vous êtes partis pour 20 heures de bus et que vous avez 4 sacs…)

 

 

- Enfin, le côté très touristique du pays qui rend difficile un vrai échange avec les Péruviens. Quelques exemples : leur goût pour les boletos turisticos comme celui de Cusco (20$) qui n’est économique que si l’on visite la totalité des 16 sites qu’il couvre et sans lequel on ne peut visiter aucun monument. A Cusco, c’est 20$ sinon rien !

Pour être honnêtes, nous ferons attention mais heureusement ne deviendrons pas paranoïaques. Nous prendrons ainsi des compagnies de bus locales et visiterons des sites hors tours organisés sans que cela ne tourne à la catastrophe. Parfois, nous aurons même l’impression que l’insécurité est un peu utilisée par les Péruviens pour cantonner les touristes dans les bus cama et les circuits organisés. Néanmoins, ces avertissements sont quand même à prendre avec attention car d’autres voyageurs nous raconteront certaines histoires pas très rassurantes.

Finalement, ces éléments nous permettront d’en apprendre plus sur nous et sur ce qui est important pour nous dans un voyage : en 1) la météo… pas étonnant pour l’Améteo :-( , en 2) la sécurité permettant de s’aventurer sans risque, et en 3) l’accueil et les échanges que nous pouvons avoir avec les gens du pays.

Au-delà de ces impressions générales, vous l’aurez compris, pas top du tout, nous aurons le coup de grâce avec notre expérience du Machu Picchu. Voulant éviter l’attrape touriste du train qui vous coûte plus de 100$ aller retour ou du trek qui vous coûte plus de 500$, nous tomberons dans une vraie galère. On peut dire que le Machu Picchu, nous l’aurons mérité !

Rien que pour vous, le récit ci-dessous

Après notre trek très réussi dans la Cordillère Blanche, nous repartons tout feu tout flammes, certains que nos déboires du début sont passés. Teo nous concoctera ainsi un petit programme du tonnerre : jour 1 : départ à pied de Cusco pour visiter la vallée sacrée, jour 2 : transfert en bus jusqu’au site du Machu Picchu depuis Ollantaytambo (normalement moins long que depuis Cusco mais tout de même 7-8h) et jour 3 : visite du Machu Picchu, retour en train jusqu’à Ollantaytambo puis retour en bus jusqu’à Cusco.

L’organisation de ce petit programme ne se fera pas sans mal : trois visites à l’office de tourisme pour comprendre quelles possibilités existent pour aller au Machu Picchu sans prendre le train (et oui, pas facile de sortir du circuit) et réservation à l’avance de nos billets de train au Machu Picchu (avec la double bonne nouvelle que les tarifs viennent d’augmenter la semaine passée et que nos horaires sont incompatibles avec les tarifs backpackers de 33$, pas le choix… nous prendrons ceux à 46$… no comment !).

Malheureusement, dès le premier jour, la série des déboires recommence. Alors que nous partons à pied, notre sac de 3 jours sur le dos, une petite pluie fine se fait sentir… Tant pis, on est voyageur ou on l’est pas. Nous continuons certains de notre bonne étoile. Arrivés au premier site, c’est avec un grand sourire que la nana du guichet nous présente les différentes catégories de boleto turistico… à 20 euros chacun (soit notre budget journalier) : catégorie 1 : les sites près de Cusco, catégorie 2 : les sites de la vallée sacrée (Moray, Pisaq…). Dommage, nous avions prévu de faire dans la journée les sites près de Cusco + Pisaq + un autre dénommé las Salinas. Impossible nous dit-elle d’avoir un billet individuel pour Pisaq. Tant pis, nous zapperons ce site :-( Une fois notre boleto turistico catégorie 1 en poche, nous nous retrouvons sur le site de Saqsaywaman (rappelez-vous la bataille sanglante près de Cusco où les Incas ont failli réussir à reprendre le contrôle vs les Espagnols), au milieu de ruines de pierre sans aucune explication… ne serait-ce que pour indiquer le nom de la pierre que nous regardons ou l’endroit qu’elle représente. Autour de nous, des groupes en visite guidée s’arrêtant à différents endroits difficilement discernables pour nous. Un peu déçus par le peu d’information que nous réussirons à obtenir (et oui, ici c’est un guide sinon rien), nous enchainons, sous la pluie, les autres sites qui, de la même façon, ne dispensent aucune information. La seule interaction que nous avons avec les gestionnaires de chaque site, c’est à notre arrivée quand le guichetier se précipite pour nous demander notre… boleto turistico. Sympa ! Pour nous achever encore un petit peu, alors que l’office de tourisme nous avait vendu une petite marche sympa entre les sites, nous nous retrouvons (sous la pluie toujours) à marcher sur une route en lacet, goudronnée, complètement seuls… Nous commençons à nous rappeler les avertissements sur les bandits pouvant sévir… Au bout de 40 minutes sur le goudron, nous nous résignons à prendre un combi jusqu’au site suivant. Il est 11h30 et notre journée est loin d’être terminée… Nous visitons rapidement les deux sites restants et montons dans un bus direction Urubamba. Bien que présenté comme « directo » par son chauffeur, il nous arrêtera sans vergogne à la ville juste avant, Calca, et nous pointera du doigt le combi que nous devons prendre jusqu’à Urubamba. Pas de problème normalement… sauf que là nous sommes pressés. Comme anticipé, après la demi-heure d’attente le temps que le combi se remplisse et les multiples arrêts en chemin, nous arriverons à Urubamba vers 16h. Problème : le site des Salinas ferme à 17h et n’est accessible qu’après 1h de marche ou en taxi… Après cette première journée que nous pouvons qualifier de difficile, nous décidons de ne pas tenter le diable et de rejoindre directement la charmante ville d’Ollantaytambo ; ceci bien sûr, après s’être assurés que le bus pour le Machu Picchu peut se prendre de là-bas. Quelle ne fut donc pas notre surprise quand, prêts à nous installer dans notre guesthouse d‘Ollantaytambo, la gérante nous informe que les billets de bus sont à prendre impérativement à… Urubamba (le bus arrivant généralement plein à Ollantaytambo). Impossible évidemment de réserver une place par téléphone (ce serait trop simple)… Nous voici donc repartis dans le sens inverse : vers Urubamba pour acheter nos billets que nous payerons plus chers que si nous l‘avions pris depuis Cusco… commission du vendeur oblige. Ne pouvant nous permettre de rater le bus et de perdre une journée (cf. billets de train pour le Machu Picchu réservés), nous acceptons ce prix pour touriste et nous dépêchons de trouver une autre guesthouse… Il fait déjà nuit depuis une heure. Vivement demain ! Ou pas… car une journée de bus / combi nous attend.

Sans surprise, le lendemain ne sera pas plus rose. Le programme : prendre le bus à 8h30 à Urubamba jusqu’à Santa Maria (5 heures de trajet), puis un combi de Santa Maria à Santa Teresa puis Hydroelectrica (2 heures) et enfin marche de 2h le long de la ligne de chemin de fer entre Hydroelectrica et Aguas Calientes (la ville de départ pour visiter le Machu Picchu). Notre objectif est simple : arriver à Hydroelectrica avant 16h pour éviter la marche de nuit jusqu‘à Aguas Calientes. Malheureusement, cela sera sans compter sur l’heure de retard du bus en provenance de Cusco ni sur les 2h d’arrêt au milieu des montagnes pour cause de travaux. Pour essayer de gagner du temps, nous quittons le bus et montons dans un combi qui nous emmène directement à Hydroelectrica en… 4-5 heures… bien plus que ce qu’on avait prévu mais l’état de la route à flanc de montagne était malheureusement déplorable. Nous arrivons ainsi à Hydroelectrica à 17h. D’ores et déjà, nous savons que nous devrons marcher de nuit. Heureusement, cette marche le long de la ligne de chemin de fer et à la lumière de nos lampes frontales se passera sans encombre. Nous arrivons crevés à Agua Calientes. Il est 19h, le temps de retirer de l’argent, acheter nos billets d’entrée pour le Machu, trouver une guesthouse, diner, nous doucher et nous coucher. Et oui, le programme du lendemain n’est pas de tout repos : lever à 4h du mat’ pour monter les 1 500 marches qui nous séparent du Machu Picchu et profiter du site avant l’afflux des touristes, visiter le site (cette fois avec guide, histoire d‘avoir au moins une fois les infos qui nous manquent sur les Incas), prendre le train Aguas Calientes-Ollantaytambo à 15h30 puis prendre un bus entre Ollantaytambo et Cusco pour choper notre bus de nuit direction Arequipa à 21h.

Comme prévu, le réveil sonne à 4h et nous passons à 5h15 la ligne de départ des 1 500 marches. Après une montée éreintante (et ce d’autant plus que nous avons nos sacs sur le dos), nous arrivons au site vers 6h15. Certes, à cette heure-là nous évitons la foule des touristes qui arrive directement de Cusco en train mais nous n’évitons pas ceux qui se sont levés à 5h, pris le bus à 5h30 pour arriver tranquillement à 6h au site. Et oui, au Pérou, impossible de zapper les circuits organisés… Nous nous dépêchons ainsi de rentrer (encore une autre montée nous attend) pour prendre THE picture puis redescendons au niveau de l’entrée pour prendre notre petit dej (il est en effet interdit de manger sur le site mais nous serons les seuls à respecter cette interdiction) et trouver un guide… Alors que nous pensions exercer nos qualités de négociateurs, là encore nous nous cassons le nez. Non seulement le tarif n’est pas négociable : 100 pesos pour un guide privé (soit 30 euros), 25 pesos pour groupe de 4-5 personnes, mais surtout personne ne veut être notre guide. Et oui, Teo n’étant pas encore tout à fait bilingue (même si ça vient, si si on vous le jure), nous préférons opter pour une visite de 2h en anglais. Nous patienterons ainsi pendant plus de 30 minutes… sans guide. Au final, nous nous résignerons et Amélie ira piteusement demander à un guide de circuit organisé si nous pouvons nous rajouter à son groupe. Certes nous ne paierons que 15 pesos chacun et aurons notre visite en anglais, mais nous qui voulions profiter du Machu Picchu de manière intimiste, nous nous retrouvons dans un groupe de 30 personnes, avec mamie Jacqueline et la famille Bidochon à suivre notre guide au drapeau blanc. Dur dur… La visite commencera à 8h30, le site est blindé et il y a du brouillard ! No comment… Nous vous laissons apprécier le désastre sur les photos ci-dessous. Au final, si sur le papier ce n’est pas une grande réussite, nous nous en sortirons plutôt bien : le guide était compétent, nous apprendrons enfin toutes ces choses qui nous manquaient sur la culture Inca, et le brouillard se lèvera avant qu’on ne doive partir.

Un petit coup de gueule néanmoins : alors qu’à l’entrée du site, plusieurs interdictions sont énoncées clairement : pas de nourriture, pas de bâton de marche… personne ne les respecte mettant le site encore plus en danger qu’il ne l’est aujourd’hui. Regardez sur les photos les squat pic-nic sur les anciennes terrasses agricoles… ca fait mal au cœur. Du coup, si malgré ce récit, certains persistent à aller voir le Machu Picchu (c’est vrai que sa beauté est impressionnante), faites le rapidement car d’ici 20-30 ans, il sera fortement endommagé par le flot de touristes quotidien.