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La dernière étape de notre voyage commence. Nous venons de terminer notre mission humanitaire d'un mois à Bariloche (expérience géniale ! ) et faisons cap vers le Sud : Perito Moreno et Torres del Paine avant de remonter doucement vers Buenos Aires.

Pour ce qui est des réactualisations blog, le Pérou est finalisé et la Bolivie est en cours.

A très bientôt,
Amélie et Teo

Archive pour la catégorie ‘5/ PEROU’

PostHeaderIcon Nos photos des villes péruviennes (10 sept)

Et pour terminer notre récit, voici en vrac les photos des villes que nous avons visitées… avec une mention spéciale pour Arequipa, son temps ensoleillé et ses très bons restaurants…

Santiago du Chili (notre escale pré-Pérou)

 

Lima (déjà bien plus colorée)

        

Trujillo (la ville de la peste bubonique…)

         

Huaraz (petite ville de montagne à … plus de 3000 mètres d’altitude)

    

Pisco (encore fortement endommagée par le tremblement de terre de l’été 2007)

   

Cusco (capitale des Incas)

     

Arequipa (notre favorite)

       

PostHeaderIcon … Et lowlights (10 sept)

Maintenant, le plus dur arrive … Les lowlights du Pérou !

Que vous dire ? Pourquoi est-ce qu’on a pas aimé le Pérou ?

Serait-ce :

- Le fait d’être arrivés pas mal crevés après 16h de vol de Sydney à Santiago du Chili, puis un petit jour de halte, et un nouveau un vol pris à 4h pour Lima (les nuits sont courtes…) et enfin 2h30 de bus / taxi pour rejoindre le centre ville depuis l’aéroport… sans oublier un décalage horaire record de 14h !

- Les températures trop basses qui nous obligent à porter nos deux polaires matin, midi et soir. Dur dur pour Amélie et le peu d’esprit mode lui restant. Teo sera même surnommé « l’homme kaki »

     

   

- Le coup de fil de la maman d’Amélie qui, alors que nous sortons de notre bus de nuit et sommes contents de quitter Lima et sa brume côtière pour cette charmante petite ville de Trujillo, nous avertit qu’il y a une très forte épidémie de peste…. à Trujillo… ainsi que quelques kilomètres plus hauts, des chauve-souris atteintes de la rage qui attaquent des hommes et enfants. Manque de chance, parmi les diverses catégories de peste pouvant exister, à Trujillo sévit la plus contagieuse : la peste bubonique. Le pire, c’est que, sur place, il n’est fait aucune mention de ses deux événements. Seuls informés de la ville, nous plierons bagage dès le lendemain avec un nouveau bus de nuit… après quand même avoir visité les 2 sites phares de la région : Chan Chan et Hueca del Sol y de la Luna

- L’attitude beaucoup plus réservée et beaucoup moins souriante des Péruviens… Très déconcertant après 3 mois passés en Asie !

- Les commentaires du Lonely qui nous donnent l’impression, qu’à chaque fois que nous mettons le nez dehors, nous risquons de nous faire voler ou agresser. Difficile d’être routards quand tout le monde vous conseille de prendre le taxi officiel (deux fois plus cher) ou de visiter les sites en groupes (de crainte de rencontrer des bandits de grand chemin).

- Les pratiques courantes des compagnies de bus de prendre nos empreintes digitales ou nous filmer, avant que nous montions dans le bus. Et oui, il est connu que les complices des agresseurs de bus sont généralement… dans le bus. Ca rassure, surtout quand on y passe la nuit… le sac accroché aux jambes de peur que des gamins passent en dessous des sièges pour voler les sacs ou son contenu via un cutter bien affûté

- Et du coup, le stress permanent dès que nous sommes avec nos sacs ou retirons de l’argent. Finie la cool attitude de l’Asie, désormais, chacun à son poste : Amélie au distributeur / Teo faisant le guet, Teo récupérant les sacs au cul du bus / Amélie gardant ceux déjà récupérés… Un vrai travail d’équipe. On vous passe tous les conseils que nous donneront les familles rencontrées au passage : ne jamais accepter de nourriture ou de boisson d’un inconnu de peur de se faire endormir et d’être complètement dépouillés, ne pas se laisser avoir par les tentatives de diversion (crachat, tapage sur l‘épaule…), voyager le sac sur ses genoux et jamais à ses pieds ou encore pire dans le compartiment au dessus du siège (compliqué quand vous êtes partis pour 20 heures de bus et que vous avez 4 sacs…)

 

 

- Enfin, le côté très touristique du pays qui rend difficile un vrai échange avec les Péruviens. Quelques exemples : leur goût pour les boletos turisticos comme celui de Cusco (20$) qui n’est économique que si l’on visite la totalité des 16 sites qu’il couvre et sans lequel on ne peut visiter aucun monument. A Cusco, c’est 20$ sinon rien !

Pour être honnêtes, nous ferons attention mais heureusement ne deviendrons pas paranoïaques. Nous prendrons ainsi des compagnies de bus locales et visiterons des sites hors tours organisés sans que cela ne tourne à la catastrophe. Parfois, nous aurons même l’impression que l’insécurité est un peu utilisée par les Péruviens pour cantonner les touristes dans les bus cama et les circuits organisés. Néanmoins, ces avertissements sont quand même à prendre avec attention car d’autres voyageurs nous raconteront certaines histoires pas très rassurantes.

Finalement, ces éléments nous permettront d’en apprendre plus sur nous et sur ce qui est important pour nous dans un voyage : en 1) la météo… pas étonnant pour l’Améteo :-( , en 2) la sécurité permettant de s’aventurer sans risque, et en 3) l’accueil et les échanges que nous pouvons avoir avec les gens du pays.

Au-delà de ces impressions générales, vous l’aurez compris, pas top du tout, nous aurons le coup de grâce avec notre expérience du Machu Picchu. Voulant éviter l’attrape touriste du train qui vous coûte plus de 100$ aller retour ou du trek qui vous coûte plus de 500$, nous tomberons dans une vraie galère. On peut dire que le Machu Picchu, nous l’aurons mérité !

Rien que pour vous, le récit ci-dessous

Après notre trek très réussi dans la Cordillère Blanche, nous repartons tout feu tout flammes, certains que nos déboires du début sont passés. Teo nous concoctera ainsi un petit programme du tonnerre : jour 1 : départ à pied de Cusco pour visiter la vallée sacrée, jour 2 : transfert en bus jusqu’au site du Machu Picchu depuis Ollantaytambo (normalement moins long que depuis Cusco mais tout de même 7-8h) et jour 3 : visite du Machu Picchu, retour en train jusqu’à Ollantaytambo puis retour en bus jusqu’à Cusco.

L’organisation de ce petit programme ne se fera pas sans mal : trois visites à l’office de tourisme pour comprendre quelles possibilités existent pour aller au Machu Picchu sans prendre le train (et oui, pas facile de sortir du circuit) et réservation à l’avance de nos billets de train au Machu Picchu (avec la double bonne nouvelle que les tarifs viennent d’augmenter la semaine passée et que nos horaires sont incompatibles avec les tarifs backpackers de 33$, pas le choix… nous prendrons ceux à 46$… no comment !).

Malheureusement, dès le premier jour, la série des déboires recommence. Alors que nous partons à pied, notre sac de 3 jours sur le dos, une petite pluie fine se fait sentir… Tant pis, on est voyageur ou on l’est pas. Nous continuons certains de notre bonne étoile. Arrivés au premier site, c’est avec un grand sourire que la nana du guichet nous présente les différentes catégories de boleto turistico… à 20 euros chacun (soit notre budget journalier) : catégorie 1 : les sites près de Cusco, catégorie 2 : les sites de la vallée sacrée (Moray, Pisaq…). Dommage, nous avions prévu de faire dans la journée les sites près de Cusco + Pisaq + un autre dénommé las Salinas. Impossible nous dit-elle d’avoir un billet individuel pour Pisaq. Tant pis, nous zapperons ce site :-( Une fois notre boleto turistico catégorie 1 en poche, nous nous retrouvons sur le site de Saqsaywaman (rappelez-vous la bataille sanglante près de Cusco où les Incas ont failli réussir à reprendre le contrôle vs les Espagnols), au milieu de ruines de pierre sans aucune explication… ne serait-ce que pour indiquer le nom de la pierre que nous regardons ou l’endroit qu’elle représente. Autour de nous, des groupes en visite guidée s’arrêtant à différents endroits difficilement discernables pour nous. Un peu déçus par le peu d’information que nous réussirons à obtenir (et oui, ici c’est un guide sinon rien), nous enchainons, sous la pluie, les autres sites qui, de la même façon, ne dispensent aucune information. La seule interaction que nous avons avec les gestionnaires de chaque site, c’est à notre arrivée quand le guichetier se précipite pour nous demander notre… boleto turistico. Sympa ! Pour nous achever encore un petit peu, alors que l’office de tourisme nous avait vendu une petite marche sympa entre les sites, nous nous retrouvons (sous la pluie toujours) à marcher sur une route en lacet, goudronnée, complètement seuls… Nous commençons à nous rappeler les avertissements sur les bandits pouvant sévir… Au bout de 40 minutes sur le goudron, nous nous résignons à prendre un combi jusqu’au site suivant. Il est 11h30 et notre journée est loin d’être terminée… Nous visitons rapidement les deux sites restants et montons dans un bus direction Urubamba. Bien que présenté comme « directo » par son chauffeur, il nous arrêtera sans vergogne à la ville juste avant, Calca, et nous pointera du doigt le combi que nous devons prendre jusqu’à Urubamba. Pas de problème normalement… sauf que là nous sommes pressés. Comme anticipé, après la demi-heure d’attente le temps que le combi se remplisse et les multiples arrêts en chemin, nous arriverons à Urubamba vers 16h. Problème : le site des Salinas ferme à 17h et n’est accessible qu’après 1h de marche ou en taxi… Après cette première journée que nous pouvons qualifier de difficile, nous décidons de ne pas tenter le diable et de rejoindre directement la charmante ville d’Ollantaytambo ; ceci bien sûr, après s’être assurés que le bus pour le Machu Picchu peut se prendre de là-bas. Quelle ne fut donc pas notre surprise quand, prêts à nous installer dans notre guesthouse d‘Ollantaytambo, la gérante nous informe que les billets de bus sont à prendre impérativement à… Urubamba (le bus arrivant généralement plein à Ollantaytambo). Impossible évidemment de réserver une place par téléphone (ce serait trop simple)… Nous voici donc repartis dans le sens inverse : vers Urubamba pour acheter nos billets que nous payerons plus chers que si nous l‘avions pris depuis Cusco… commission du vendeur oblige. Ne pouvant nous permettre de rater le bus et de perdre une journée (cf. billets de train pour le Machu Picchu réservés), nous acceptons ce prix pour touriste et nous dépêchons de trouver une autre guesthouse… Il fait déjà nuit depuis une heure. Vivement demain ! Ou pas… car une journée de bus / combi nous attend.

Sans surprise, le lendemain ne sera pas plus rose. Le programme : prendre le bus à 8h30 à Urubamba jusqu’à Santa Maria (5 heures de trajet), puis un combi de Santa Maria à Santa Teresa puis Hydroelectrica (2 heures) et enfin marche de 2h le long de la ligne de chemin de fer entre Hydroelectrica et Aguas Calientes (la ville de départ pour visiter le Machu Picchu). Notre objectif est simple : arriver à Hydroelectrica avant 16h pour éviter la marche de nuit jusqu‘à Aguas Calientes. Malheureusement, cela sera sans compter sur l’heure de retard du bus en provenance de Cusco ni sur les 2h d’arrêt au milieu des montagnes pour cause de travaux. Pour essayer de gagner du temps, nous quittons le bus et montons dans un combi qui nous emmène directement à Hydroelectrica en… 4-5 heures… bien plus que ce qu’on avait prévu mais l’état de la route à flanc de montagne était malheureusement déplorable. Nous arrivons ainsi à Hydroelectrica à 17h. D’ores et déjà, nous savons que nous devrons marcher de nuit. Heureusement, cette marche le long de la ligne de chemin de fer et à la lumière de nos lampes frontales se passera sans encombre. Nous arrivons crevés à Agua Calientes. Il est 19h, le temps de retirer de l’argent, acheter nos billets d’entrée pour le Machu, trouver une guesthouse, diner, nous doucher et nous coucher. Et oui, le programme du lendemain n’est pas de tout repos : lever à 4h du mat’ pour monter les 1 500 marches qui nous séparent du Machu Picchu et profiter du site avant l’afflux des touristes, visiter le site (cette fois avec guide, histoire d‘avoir au moins une fois les infos qui nous manquent sur les Incas), prendre le train Aguas Calientes-Ollantaytambo à 15h30 puis prendre un bus entre Ollantaytambo et Cusco pour choper notre bus de nuit direction Arequipa à 21h.

Comme prévu, le réveil sonne à 4h et nous passons à 5h15 la ligne de départ des 1 500 marches. Après une montée éreintante (et ce d’autant plus que nous avons nos sacs sur le dos), nous arrivons au site vers 6h15. Certes, à cette heure-là nous évitons la foule des touristes qui arrive directement de Cusco en train mais nous n’évitons pas ceux qui se sont levés à 5h, pris le bus à 5h30 pour arriver tranquillement à 6h au site. Et oui, au Pérou, impossible de zapper les circuits organisés… Nous nous dépêchons ainsi de rentrer (encore une autre montée nous attend) pour prendre THE picture puis redescendons au niveau de l’entrée pour prendre notre petit dej (il est en effet interdit de manger sur le site mais nous serons les seuls à respecter cette interdiction) et trouver un guide… Alors que nous pensions exercer nos qualités de négociateurs, là encore nous nous cassons le nez. Non seulement le tarif n’est pas négociable : 100 pesos pour un guide privé (soit 30 euros), 25 pesos pour groupe de 4-5 personnes, mais surtout personne ne veut être notre guide. Et oui, Teo n’étant pas encore tout à fait bilingue (même si ça vient, si si on vous le jure), nous préférons opter pour une visite de 2h en anglais. Nous patienterons ainsi pendant plus de 30 minutes… sans guide. Au final, nous nous résignerons et Amélie ira piteusement demander à un guide de circuit organisé si nous pouvons nous rajouter à son groupe. Certes nous ne paierons que 15 pesos chacun et aurons notre visite en anglais, mais nous qui voulions profiter du Machu Picchu de manière intimiste, nous nous retrouvons dans un groupe de 30 personnes, avec mamie Jacqueline et la famille Bidochon à suivre notre guide au drapeau blanc. Dur dur… La visite commencera à 8h30, le site est blindé et il y a du brouillard ! No comment… Nous vous laissons apprécier le désastre sur les photos ci-dessous. Au final, si sur le papier ce n’est pas une grande réussite, nous nous en sortirons plutôt bien : le guide était compétent, nous apprendrons enfin toutes ces choses qui nous manquaient sur la culture Inca, et le brouillard se lèvera avant qu’on ne doive partir.

Un petit coup de gueule néanmoins : alors qu’à l’entrée du site, plusieurs interdictions sont énoncées clairement : pas de nourriture, pas de bâton de marche… personne ne les respecte mettant le site encore plus en danger qu’il ne l’est aujourd’hui. Regardez sur les photos les squat pic-nic sur les anciennes terrasses agricoles… ca fait mal au cœur. Du coup, si malgré ce récit, certains persistent à aller voir le Machu Picchu (c’est vrai que sa beauté est impressionnante), faites le rapidement car d’ici 20-30 ans, il sera fortement endommagé par le flot de touristes quotidien.

              

PostHeaderIcon Highlights et… (10 sept)

Dans les deux articles qui suivent, nous avons décidé de vous présenter nos highlights et nos lowlights du Pérou. Pourquoi ? Parce que, pour être honnêtes, nous n’avons pas été enchantés par ce pays. Et oui, on peut dire que c’était notre plus grande attente, mais que finalement ce sera notre plus grande déception.

Au moins, cela permet de relativiser et cela nous montrera à quel point nos expériences dans les pays d’avant nous ont plu. Vous l’aurez compris, pour nous le Pérou n’est pas le pays que l’on vous conseillerait de visiter en premier. Maintenant, c’est notre expérience personnelle… qui n’engage que nous… (et quand même pas mal de voyageurs croisés en chemin). Mais nous avons quand même vu des sites impressionnants et vécu des expériences intéressantes.

Le 1er est le musée de la coca à Cusco.

Ce qu’il faut savoir, c’est que la grande majorité des Péruviens mâche des feuilles de coca pour vaincre certains maux comme le mal de l’altitude (plus pour les touristes), la faim ou le coup de pompe. Pour la petite histoire, la plante est cultivée depuis plus de 5000 ans et servait à l’époque soit de remède, soit d’offrande aux dieux tels que la Pachamama (la Terre Mère). Preuve en est : les diverses céramiques et objets religieux du musée représentant des visages avec une chique de coca dans la bouche (cf. photo). C’est dire la popularité de la plante ! Malheureusement par la suite, elle a  été beaucoup utilisée par les Indiens lors de travaux éreintants, notamment dans les mines. Encore aujourd’hui, les mineurs, ou même les chauffeurs de bus, en mâchent pour enchainer les heures de travail et de route. Mais le musée ne s’arrête pas là car, bien entendu, pour beaucoup, coca ne va pas sans cocaïne. Il dénonce ainsi le paradoxe des pays occidentaux qui sont les créateurs de la cocaïne (Albert Niemann, chimiste allemand, a le premier isolé la cocaïne à partir de feuilles de coca en 1859) et ses plus grands consommateurs (à ce titre, on peut voir les confidences d’anciennes et nouvelles stars du show business accros comme Whitney Houston ou Amy Winehouse), mais qui en même temps exigent, sans compromis aucun, l’éradication des cultures de coca. Les Américains en sont même arrivés à arroser les plantations via des canadairs pour les détruire à coups de pesticides. No comment !… Au-delà de la perte, par les communautés locales, de leurs plantations (et donc de leur gagne-pain), il y a le problème des effets nocifs de ces produits sur l’écosystème et la santé de la population. Nous serons ainsi touchés par la phrase de Nancy Obregon (membre du gouvernement péruvien) : “el gran flagelo del mundo est narcotrafico, pero para Peru, Bolivia, Ecuador y Colombia, el mayor flagelo est hambre”. Surtout que la hoja de coca est à la base de nombre de produits de consommation locale (pour le coup inoffensifs) : mate de coca, chewing gum de coca, caramelo de coca… Sans oublier le fameux Coca-Cola !

Bref, on n’a pas fini d’en entendre parler, mais l’Ameteo le dit haut et fort : “Coca yes, Cocaïne no !”

  

  

La 2ème attraction qui nous a plu, ce sont las islas Ballestas (appelées communément les Galapagos du pauvre).

Situées près de Pisco, à 200 km au sud de Lima, elles sont le lieu de résidence de plein d’animaux : pélicans, cormorans, manchots, lions de mer… Trop mignon ! On se croirait dans un vrai documentaire animalier tourné au pôle nord ! Seul bémol : la menace permanente de la fiente d’oiseau qui peut vous arriver dessus… Petite note culturelle à ce sujet : les déjections de ces immenses colonies d’oiseaux peuvent atteindre par endroit 50 mètres d’épaisseur et constituaient, au milieu du XIXème siècle, le premier produit d’exportation du Pérou (el Guano, célèbre pour ses propriétés fertilisantes). Enfin, avant d’arriver près des iles, on longe la côte, où l’on peut voir un géoglyphe (dessin géant de 150 m de haut tracé sur la colline ayant la forme d’un candélabre) comme il y en à Nazca. On ne sait toujours pas aujourd’hui son origine, ni même sa signification, mais les théories abondent …

   

    

   

  

Notre meilleur souvenir du Pérou sera le trekking de Santa Cruz dans la Cordillera Blanca. Grandiose avec ses paysages de lacs émeraude, en contraste avec le blanc des pics enneigés. On y voit même le Nevado Alpamayo (5 947m), qualifié autrefois de plus belle montagne du  monde. Rien que ça ! Rassurez-vous, nous n’irons qu’4 760m pour passer le col de Punta Union, mais cela sera largement suffisant pour nos petits poumons d’occidentaux. Pour tout vous avouer, nous avions hésité à le faire en solo : et oui, après nos expériences camping de l’Australie, nous nous sentons prêts à le tenter en altitude. Heureusement, au dernier moment, nous opterons pour l’agence car le différentiel de prix était très faible : en effet, passer le col avec nos sacs, une tente, des sacs de couchage et notre bouffe de 4 jours sur le dos aurait été loin d’être facile ! Ca sera pour une prochaine fois … Néanmoins, ce trekking sera, tout de même, notre première fois en tente à cette altitude. Nous pouvons dire que nous passerons cette étape avec succès… en partie grâce à Amélie qui avait bien joué le coup en demandant des sacs de couchage supplémentaires, alors que l’on avait les nôtres ! Ok, c’est de la triche, mais tellement indispensable quand il gèle dehors ! Finalement, ce que l’on retiendra de cette expérience, c’est 1) la super ambiance du groupe avec que des jeunes (Teo sera le plus vieux !) venant des 4 coins du monde dont un allemand très bavard qui animera nos soirées et 2) tous les animaux « domestiques » (chiens et mules) qui nous ont accompagnés et bien faire rire tout au long de notre parcours.

                     

  

  

  

  

  

PostHeaderIcon La transformation de Teo (30 août)

PostHeaderIcon Nous au Pérou et dans son histoire (16 août)

Pour le Pérou, l’Ameteo va tenter l’impossible… Le récapitulatif de notre voyage organisé selon les dates clés de l’histoire du pays. Finis les « on a fait ci, on a fait ça ». Place à nos aventures en lien avec l’histoire du Pérou. C’est un pari, vous nous direz si ça vous a plu ou si c’était juste hyper relou à lire…

C’est parti !

Les peuples précolombiens :

-20 000 av JC : arrivée des hommes dans le nouveau monde par le détroit de Béring

-12 000 av JC : les grottes de Pikimachay, près d’Ayacucho, abritent des chasseurs-cueilleurs nomades

-4 000 av JC : l’agriculture voit le jour près des côtes (pommes de terre, haricots, piments, coton …) avec la domestication du lama, de l’alpaga (presque pareil que le lama) et du cochon d’inde

  

-2 000 av JC : « Période initiale » : c’est l’apparition des céramiques et des cultures en terrasses dans les hauts plateaux (l’Altiplano pour les experts)

-1 000 – 300 av JC : « Période de l’Horizon Ancien » avec l’émergence de phénomènes artistiques et religieux dans tout le pays. On découvre les premières représentations de tête de félin (jaguar ou puma). On en verra des tonnes par la suite !

-300 av JC – 800 : développement de différentes « tribus » avec leur propre culture : les Paracas (sud de Lima) connus pour leurs textiles de coton et de laine, les Nazcas pour leurs géoglyphes (Lignes de Nazca : gigantesques et énigmatiques dessins tracés dans le désert qui ne sont visibles que depuis un avion : pas fait car trop touristique) et enfin les Mochicas célèbres pour leurs pyramides « Hueca del Sol y de la Luna » ; deux pyramides que l’on a beaucoup aimées !

Ce fut une de nos premières visites culturelles au Pérou et certainement l’une des meilleures car ces deux pyramides, perdues dans le désert, abritent en fait de plus petites pyramides réalisées pendant les générations précédentes. Le principe est qu’après chaque règne, les Mochicas construisaient une nouvelle pyramide recouvrant l’ancienne. Aujourd’hui, des archéologues viennent donc du monde entier pour réaliser des fouilles et en savoir plus sur la culture Mochicas. Leurs deux principales contraintes sont l’argent (les fonds ne permettent de travailler qu’un trimestre par an) et le risque que la pyramide ne s’écroule en voulant mettre au jour une plus ancienne). Ils ont retrouvé des céramiques et des métaux précieux, mais ce n’est rien à côté de ce qu’il y avait initialement. En effet, le Pérou a malheureusement beaucoup souffert des Huaqueros, pilleurs de tombe, qui ont sévi lors de la conquête espagnole. Enfin, ce qui a fait les réputations des Mochicas, ce sont les frises polychromes que vous pouvez apprécier sur les photos ci-dessous.

  

  

600 – 1100 : disparition des Mochicas et apparition des Huari, peuple de conquérants qui vont dominer et influencer tout le pays, jusqu’à dans l’architecture

900 – 1470 : naissance de petits états régionaux dont le plus connu est le royaume de Chimu et leur capitale Chan Chan, la plus grande cité d’adobe au monde

Impressionnante, cette ville de 28 km2 et peuplée à l’époque de 60 000 habitants ! Malheureusement, El Nino et ses pluies torrentielles ont tout dévasté sur leur passage. Il ne reste que le complexe Tschudi, seule partie restaurée, avec la cour de cérémonie, la salle d’assemblée dont l’acoustique permet à chacun des participants de se faire clairement entendre depuis sa petite nichette (Cf. photo ci-dessous) et enfin le mausolée abritant la dépouille d’un roi accompagnée par des restes humains sacrifiés et objets cérémoniels. Ils sont assez fans des sacrifices, le plus souvent des enfants en haut de la montagne, haut lieu sacré.

  

  

Les Incas et la conquête espagnole :

1100 – 1200 : émergence de la tribu Inca avec Manco Capac dans la région de Cusco

1438 – 1470 : expansion des Incas, menée par Pachacutec (transformateur de la terre), du sud de la Colombie au centre du Chili (4 500 km de distance) et de la côte péruvienne au nord de l’Argentine en seulement 30 ans ! Cet empire s’appelle Tahuantinsuyu, mot quechua qui signifie « les quatre directions du monde ». Ce qui a motivé cette expansion, c’est que chaque nouvel empereur devait partir à la conquête d’un nouveau territoire. En plus, leur aptitude au commerce et leur capacité à construire des sites incroyables au milieu des montagnes vont faire des Incas le peuple le plus puissant et le plus connu d’Amérique Latine. Au-delà du Machu Picchu, nous avons visité Cusco, capitale de l’empire Inca, entourée de beaucoup de constructions de l’époque. Le plus important est Saqsaywaman, où l’on peut admirer toute leur maitrise de la pierre, matériau sacré pour ce peuple. Pour info, l’une d’elles pèse plus de 300 tonnes ! Et surtout, ce site est célèbre car il fut le théâtre de l’une des plus terrible bataille de la conquête espagnole (les Inca, menés par Manco Inca, utilisèrent ce site pour assiéger les Espagnols dans Cuzco). Le même Pachacutec, qui donna à Cusco la forme d’un puma, conçut ce site comme la tête de l’animal, les 22 murs en zigzag symbolisant les dents. Q’enqo, Pukapukara et Tambomachay sont plus petits, mais tout aussi intéressants. On y voit des canaux taillés dans la pierre afin de recueillir de la chicha ou du sang lors de sacrifices rituels, des représentations de leurs animaux préférés (condor et lama) et enfin un bain cérémoniel ambiance spa avec plein de jets d’eau.

1532 : les conquistadors espagnols, avec, à leur tête, Francisco Pizarro, débarquent au Pérou, tuent Atahualpa, chef des Incas et mettent fin à leur empire, déjà fortement affaibli par des divisions internes

1535 : les Espagnols, peuple de navigateurs, préfèrent Lima à Cusco comme capitale

1824 : indépendance du Pérou initiée par José de San Martin

1879 – 1883 : guerre avec le Chili notamment pour le désert d’Atacama

1911 : découverte des ruines du Machu Picchu par l’historien américain Hiram Bingham

Difficile à croire que pendant plus de 4 siècles, ce site est resté inconnu du monde entier ! Plus incroyable encore, comme il n’y avait pas d’écrit à l’époque (les Incas avaient plusieurs talents, mais pas celui de l’écriture), on ne sait finalement peu de choses de la citée perdue des Incas : qui la construit, à quelle époque, pour quelle fonction ? On suppose qu’elle a été construite milieu du XVième siécle par Pachacutec lors de l’expansion des Incas et servit probablement, par la suite, de refuge lors de la conquête espagnole. En effet, le site est retiré dans la vallée sacrée de l’Urubamba et protégé par les meilleures défenses naturelles qui soient : ravins profonds, montagnes escarpées … La seule façon d’y accéder était par le célèbre Chemin de l’Inca. On aura l’occasion de faire une visite guidée avec pas mal d’infos sur le site et la culture Inca. Toute la beauté du lieu réside dans l’intégration des éléments dans le paysage et le relief des montagnes. En gros, c’est un grand village ou llacta de 5 km2, perché en haut d’une montagne appelée Machu Picchu (« Vieille Montagne » en Quechua). Eh oui, c’est la montagne au départ qui s’appelle comme ça et non le site … avec en face le Huayna Picchu (« Jeune Montagne ») que l’on voit sur toutes les photos. Comme tout llacta, on retrouve les mêmes éléments : des lieux de culte (bains cérémoniels, temple du soleil, tombeau royal, place sacrée …), des lieux sociaux (place centrale), des quartiers résidentiels, des cultures en terrasse … et même des cellules en sous-sol pour les délinquants ! Sinon, les 1000 personnes du site étaient occupées à cultiver leurs terres, faire de la chicha pour les rites religieux, observer le ciel et le soleil avec leur cadran solaire (Intihuatana) et enfin sacrifier de jeunes femmes comme offrande à leur dieu soleil Inti.

Ce qui nous a particulièrement marqué, c’est que :

- les énormes pierres utilisées pour les constructions ne proviennent pas du site. Il a donc fallu une ingénierie très évoluée pour faire monter des blocs de pierre pouvant peser plusieurs tonnes jusqu’au sommet de la montagne

- Il y avait d’autres sites dans la région, tous situés au sommet des montagnes environnantes. Comme il n’y avait pas de système d’écriture (seulement le quipus, message codé sous forme de nœuds de différentes sortes sur des fils de laine servant aux statistiques de l’État), et aussi pour éviter de se déplacer, ils utilisaient des coquillages pour émettre des sons et communiquer d’un site à l’autre

- leurs connaissances de l’astronomie avec des outils super sophistiqués pour l’époque leur permettant de mesurer le temps et prévoir les saisons

- les représentations sous toutes ses formes de leurs animaux mythiques : le serpent symbolisant le monde terrestre, le puma le monde des hommes et enfin le condor le monde supérieur. Par exemple, tout le secteur réservé à la religion a été édifié sous l’apparence d’un puma

Si vous souhaitez voir ce site, dépêchez-vous car une rumeur annonce que ce dernier ne sera plus visitable d’ici 30 ans (pour cause de glissement de terrain dû au trop grand nombre de touristes, en moyenne de 2000/j …)

             

Le Pérou contemporain :

1960 - 1980 : enchainement de coups d’Etat et de dictatures militaires

1980 – 1990 : naissance du « Sendero Luminoso » (Sentier Lumineux), groupe maoïste et terroriste lié aux cartels de la drogue, à l’origine de 60 000 morts et « disparitions »

Lors de notre visite du musée de la Nation, 2 jours après notre arrivée au Pérou, on ne s’attendait pas à voir cela : des photos saisissantes dans le cadre d’un reportage sur le Sentier Lumineux. Amélie avait quelques souvenirs de cette partie de l’histoire péruvienne de ses cours d’espagnol, mais bon, ca fait toujours bizarre de voir la réalité en face ! Son initiateur et « prophète » est Abimaël Guzman, un prof de philo, et les 4 préceptes du mouvement sont :

- Le Pérou est le centre de la révolution mondiale

- Leur leader, Guzman, est la 4ième épée du communisme (après Marx, Lénine et Mao)

- tous les régimes socialistes récents ont trahi la pensée marxiste

- la vraie révolution n’est pas une bataille entre armées mais une lutte visant à détruire toutes les structures du capitalisme

Ca fait froid dans le dos ! (Cf. photo de l’enfant, carabine à l’épaule, fêtant l’anniversaire de Guzman). Comme les Khmers rouges au Cambodge (dixit le Routard), ils veulent réformer le Pérou en revenant au degré zéro : « Non seulement nous voulons arrêter le temps, mais également l’inverser, jusqu’à ce que la page soit de nouveau blanche… ». Ce qui n’arrangea pas les choses, c’est l’émergence d’un autre groupe terroriste révolutionnaire à la même période, mais guévariste : MRTA (Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru) avec lequel ils s‘associeront. Malheureusement, la réaction du gouvernement pour éradiquer ces deux mouvements fut loin d’être exemplaire : ils tuèrent ainsi beaucoup de paysans innocents suspectés de soutenir le mouvement. De plus, ne pouvant défendre toute la population, ils décidèrent d’équiper les populations locales en armes à feu pour leur permettre de se défendre eux-mêmes. Une vraie guerre civile ! Pour rassurer nos parents et les prochains voyageurs du Pérou, il faut savoir que Guzman s’est fait arrêté en 1992, son second Feliciano en 1999, et que la dernière action du MRTA date de 1996 avec une prise d’otages dans l’ambassade japonaise.

  

   

1990-2000 : Alberto Fujimori est élu Président à deux reprises, mais la diffusion d’une vidéo montrant Vladimiro Montesinos, le chef des services secrets, en train de corrompre un parlementaire, sonne la fin de 10 années de pouvoir

2001 : Alejandro Toledo devient le premier président d’origine indienne d’un pays andin avec une investiture au Machu Picchu pour marquer le coup !

2006 : élection à nouveau d’Alan Garcia Pérez qui ruina le pays dans les années 80