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La dernière étape de notre voyage commence. Nous venons de terminer notre mission humanitaire d'un mois à Bariloche (expérience géniale ! ) et faisons cap vers le Sud : Perito Moreno et Torres del Paine avant de remonter doucement vers Buenos Aires.

Pour ce qui est des réactualisations blog, le Pérou est finalisé et la Bolivie est en cours.

A très bientôt,
Amélie et Teo

Archive pour la catégorie ‘8/ ARGENTINE’

PostHeaderIcon Le glacier Perito Moreno (21 nov)

Pas le temps de goûter aux produits locaux d’El Bolson, dont les spécialités sont la bière, la confiture et le miel. Il nous faut rejoindre rapidement El Calafate, point de départ de toutes les grandes attractions de la Patagonie : Perito Moreno, Torres del Paine et El Chalten. Nous ne ferons que les 2 premiers, car 15 jours dans les montagnes de la Cordillère des Andes, c’est déjà pas mal … On a aussi envie de passer un peu de temps sur la côte et profiter de la mer & soleil ! Rien de transcendant à El Calafate qui ne doit sa notoriété qu’au glacier Perito Moreno situé à 80 km de là. C’est donc une ville principalement peuplée de touristes relativement âgés. Eh oui, fini les jeunes backpackers, place aux vieux habillés, de la tête aux pieds, en trekkeur pour l’occasion. Surprenant ! Maintenant, on appréciera notre séjour dans cette ville, en partie grâce à la guesthouse « Los dos pinos ». En fait, on aura tout un étage pour nous, avec du coup, cuisine et salle de bain privatives. Comme à la maison !

Evidemment, on fera la visite du glacier, véritable merveille de la nature. Un si gros glacier, vu de si près, ça impressionne ! C’est l’un des champs de glace les plus mobiles et les plus accessibles de la planète. Il mesure 30 km de long, 5 km de large et 60 m de haut, soit l’équivalent de l’agglomération de Buenos Aires. Un peu de glaciologie ne nous fera pas de mal pour comprendre la constitution de cet immense « bloc » de glace : le « cœur » du glacier est constitué par la « zone d’accumulation ». C’est là que la neige tombe, se comprime et se transforme en glace. Sous l’effet du poids, le glacier glisse peu à peu vers l’aval. Au cours du glissement, la glace commence à fondre à la base, se mélangeant au passage avec de la terre et des pierres. Il se forme ainsi une sorte de lubrifiant naturel qui permet au glacier de continuer son avancée. A l’opposé de la zone d’accumulation, où le glacier se remplit, la « zone d’ablation » désigne le lieu, à la base, où la glace fond. Comme il se crée en amont autant de glace qu’il n’en fond en aval, Perito Moreno est considéré comme stable, même s’il parcourt 2m/j en direction du Lago Argentino (la plus grande étendue d’eau d’Argentine avec ses 1600 km2, qui atteste de ce que les glaciers occupaient jadis beaucoup plus d’espace). C’est un spectacle pour les yeux comme pour les oreilles, quand on entend les blocs de glaces se détacher du front du glacier et tomber dans l’eau. Seul bémol dans cette expérience : l’ambiance « circuit organisé » avec les retraités occidentaux et la guide au micro dans le bus. Néanmoins, cette dernière nous alimentera d’infos intéressantes. Elle nous fait remarquer la différence de végétation entre El Calafate (steppes) et la région du glacier (selva), dû aux montagnes qui bloquent les nuages et le vent fort qui assèchent les terres. Ce qui est sûr, c’est qu’Amélie n’en fera pas son lieu de résidence, sachant que l’été, la moyenne des températures est de 10 °c, et que l’hiver, il n’y a que 5h de soleil par jour. Elle nous raconte aussi, qu’au 19 ième siècle, les habitants vivaient principalement de l’exportation de la laine, mais en raison de la concurrence des matières synthétiques en provenance de l’Asie, ils se sont orientés vers le tourisme. Enfin, lors de notre sortie en bateau le long du glacier, on a pu constater la couleur gris-bleue un peu laiteuse du lac. C’est la farine glaciaire (sorte d’argile) qui lui donne cet aspect et tombe dans l’eau quand les icebergs se détachent de la paroi. Souvent les sédiments ne se déposent pas au fond et du coup diffractent la lumière du soleil. La couleur de l’eau prend alors d’étonnantes nuances turquoise, azur ou bleu pâle, caractéristiques de ces paysages de glace comme « sortis d’un autre monde » (Lonely). 

Le lendemain, nous repartirons pour le Torres del Paine, le long de la frontière chilienne, mais nous vous raconterons cet épisode, ainsi que notre mission humanitaire, à la fin du blog. En effet, cet article va nous demander du temps à l’écriture, car on le veut utile pour d’autres routards qui voudraient se lancer dans le circuit « W ».

  

  

   

  

  

  

PostHeaderIcon Argentina, nous voilà ! Trekking en solo à El Bolson (15 nov)

Pas évident de se remettre à voyager après 1 mois passé dans une famille en parfaits sédentaires (NDLR : nous vous expliquerons dans un prochain article notre mission humanitaire d’1 mois à Bariloche, réalisée dès notre entrée en Argentine) ! Heureusement, pour notre premier bus, El Bolson n’est qu’à 2h de Bariloche. Mais c’est suffisant pour être nostalgiques et se rappeler les bons moments de cette mission humanitaire : les enfants, les éducateurs, les asados le week-end et la bonne bière de la Cruz le vendredi soir … On a choisi de s’arrêter à El Bolson avant de continuer notre longue route vers le Sud, parce que les « Barilochéens » nous en ont dit beaucoup de bien, notamment pour le trekking. Le Lonely écrit à propos de cette ville de la Région des Lacs : « Juste à la sortie de la ville partent d’excellents sentiers de randonnée, facilement accessibles, qui traversent des paysages parmi les plus somptueux du pays, voire de la planète. » Rien que ça ! Comme on avait joué les fainéants pendant les 4 semaines à Bariloche, il fallait se rattraper.

Notre arrivée se passe plutôt bien en ce samedi après-midi : la guesthouse est cosy et moderne avec tout ce qu’il faut pour cuisiner (Amélie craquera sur la cuisine véranda) ; le supermarché « La anonima », pour acheter nos provisions du trek, et le club Andino, pour choper toutes les infos utiles, sont à 2 pas, nous laissant le temps, en fin de journée, de déguster une glace de chez Jauja (recommandé par nos potes de l’humanitaire et attendue avec impatience par Teo) ! Pour la première fois, on va partir à l’assaut des montagnes tous seuls, sans guide et avec notre propre nourriture. Ouf, il y a des refuges, donc pas besoin de porter tente et matelas ! C’est Teo qui va être content avec son sac de 8 kg, transportant en autre les 2×500g de pâtes et les 2 sacs de couchage. Bref, dimanche matin, on est fin prêt : tout rentre dans les sacs ou presque, les gourdes sont chargées à bloc et on a suffisamment de crème solaire et pansements pour ces 3 jours.

Malheureusement, tout bascule à 8h30, alors que l’on descend pour prendre notre petit dej, parce qu’il n’y a juste … personne ! Pas un bruit, pas une vie … nadie ! Surprenant dans une ville qui se veut la Mecque du trekking … On croit bien faire en tapant à la porte des propriétaires pour comprendre ce qu’il se passe … La femme, la tête dans le c.., nous dit que le p’tit dej est à 9h30 et qu’il faut donc patienter … On est loin des petits dej de 6h à 9h connus dans toutes les autres guesthouses de notre voyage. Pas une pancarte dans la guesthouse nous prévenait de cette heure tardive ! Arrive vite 9h et la même femme, tout juste réveillée, nous apprend qu’il va falloir laisser nos affaires (celles non utilisées pendant le trek) au milieu du séjour de la guesthouse, à la vue de tous. Commence alors notre deuxième grosse engueulade du voyage (après de celle de l’Australie et le remboursement de nos billets de bateau). Evidemment, sa proposition ne nous va pas, puisque l’on avait demandé, pour valider le choix de cette guesthouse, s’il y avait un endroit « safe » pour stocker nos affaires. Ils nous avaient répondu qu’il n’y avait pas de soucis et qu’on devait tout simplement se relaxer : « Just relax ! ». C’est-ce que l’on fera, mais de là à s’imaginer que nos affaires (Ipod, netbook, tel portable …) seront au milieu du passage pendant 3 jours. Elle soutient qu’il n’y a rien à craindre, qu’il n’y a jamais eu de vol ici et que sa guesthouse est l’endroit le plus sûr d’Argentine. Comment lui faire comprendre que personne ne peut s’engager avec une telle certitude et que cela n’a rien de personnel ?! Nous atteindrons le point de non retour quand, alors que nous lui demandons s’il n’y a pas de meilleur endroit, elle nous balance : « I knew that you were bad persons » C’est la phrase de trop qui mettra fin à notre conversation. Eh oui, le bouddhisme nous a appris à garder notre calme et à ne pas répondre à ce type de provocation. Maintenant, nous ne sommes pas plus avancés, puisqu’il est 9h30, que 8h de marche nous attendent, et que l’on n’a toujours pas d’endroit où mettre nos sacs … Après que son mari, parti chercher les croissants, revient, il est 9h15 et nous tentons une approche auprès de lui. Peut-être a-t-il une solution ? Selon lui, la seule solution aurait été de stocker nos affaires dans leur maison, mais comme ils partent pour la semaine au Chili et ne laissent pas la clé à leur remplaçante (comme quoi, la confiance a ses limites !), on ne pourrait les récupérer à notre retour. Manque de pot, le mari est tout aussi borné que sa femme et nous rappelle que sa guesthouse fait partie des tops établissements sur les sites Internet backpackers. Il n’y a donc rien d’autre à faire que de partir. Pourtant, alors que nous partons chercher un nouvel espace de stockage au Club Andino, il nous rattrape, pensant que nous partions sans payer. Nice ! On le rassure en lui disant que nos affaires personnelles (passeport …) sont encore dans sa guesthouse. Et là, miracle, il nous propose de mettre nos sacs dans la chambre fermée à clef, occupée le temps de leurs vacances au Chili, par la remplaçante. On ne sait toujours pas pourquoi il ne nous en a pas parlé plus tôt ! Certainement que la perspective d’une mauvaise critique de notre part sur Internet l’a motivé à trouver une solution… Mais ce n’est pas encore pas fini ! Il y a un dernier retournement de situation quand Teo, croyant que l’on se dirigeait vers la chambre sécurisée, se voit proposer une nouvelle fois de laisser ses affaires au milieu du séjour (le temps que la chambre soit prête). Là, rictus de sa part qui rend fou de rage le proprio et lui fait péter un câble devant tous les résidents de l’hostel. La honte ! Heureusement, Amélie est là pour calmer les esprits et finalement, nous quittons les lieux à 10h30, soit avec une 1/2h de retard sur notre planning de trekkers autonomes. Mais rassurez-vous, tout se passera bien par la suite, si ce n’est que l’on se trompera de route au démarrage à cause d’une voiture garée devant la signalétique. L’erreur du débutant ! Finalement, nous commencerons notre trek à … midi. Par chance, il fait jour très tard en Patagonie à cette période (jusqu’à 22h30), donc à 18h30, heure d’arrivée au refuge, on a encore tout le temps de profiter des alentours et prendre une douche caliente. On l’a bien méritée !

Ces 3 jours seront un pur bonheur parce que :

- Il y a un micro-climat sur la région d’El Bolson qui nous permettra de sortir nos plus beaux T-shirts et shorts. Ca change de la polaire !

- Il y a moins de monde qu’à Bariloche, surtout au printemps, donc on a pu avoir tout le parcours pour nous, en totale harmonie avec la nature.

- Même si ca peut être un peu stressant de partir en solo, qu’est-ce que c’est agréable de pouvoir marcher à son propre rythme, de s’arrêter quand et où l’on veut, d’apprécier les paysages dans le calme. Une nouvelle dimension du trekking !

- On a mangé à notre faim avec pasta au diner et dulche de leche en p’tit dej. Important pour la forme physique et le moral !

- Les refuges associent tradition et confort. Construits tout en bois et ressemblant à une « clairière perdue dans la forêt », ils proposent cuisine et douche chauffée au feu de cheminée. Authentique quoi ! En plus, les proprios sont tous très sympas et disponibles. On a envie de s’arrêter une semaine à chaque stop !

Malheureusement, le temps passe vite et y a encore plein de choses à faire … Avant de vous raconter notre expérience au glacier Perito Moreno, sachez que nous avons passé notre dernière nuit à notre retour à El Bolson… dans la même guesthouse mais cette fois-ci en bungalow ! Soit l’équivalent d’une suite pour un hôtel … au tarif d’une chambre standard. Et oui, nous avons été surclassés… par la remplaçante visiblement pas au fait de nos précédentes mésaventures avec les proprios… Ces derniers ont dû être verts de rage en l’apprenant ! Mais bon, cela sera notre juste compensation