octobre 2017
L Ma Me J V S D
« jan    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  
Blog Post

La dernière étape de notre voyage commence. Nous venons de terminer notre mission humanitaire d'un mois à Bariloche (expérience géniale ! ) et faisons cap vers le Sud : Perito Moreno et Torres del Paine avant de remonter doucement vers Buenos Aires.

Pour ce qui est des réactualisations blog, le Pérou est finalisé et la Bolivie est en cours.

A très bientôt,
Amélie et Teo

Archive pour la catégorie ‘6/ BOLIVIE’

PostHeaderIcon Les grandes villes de la Bolivie (10 oct)

Entre chacun de nos divertissements boliviens (trek Lac Titicaca / Jungle / Wwoofing), nous avons passé un peu de temps dans les villes qui valent tout aussi le coup, avec leur histoire, leurs grandes bâtisses coloniales et leurs marchés animés.

1) La Paz

Elle a été fondée en 1548 et doit son existence à sa situation stratégique entre Potosi, la ville de l’Argent, et Lima, la capitale des colons espagnols au Pérou. Plus grande ville du pays (mais avec seulement 850 000 hab) et centre du commerce, de la finance et de l’industrie, elle n’est pas officiellement la capitale de la Bolivie : elle abrite uniquement le siège des pouvoirs exécutif et législatif. En tout cas, pour nous, elle fait partie des plus belles villes de notre voyage, parce qu’elle est à la fois originale (elle est perchée sur les versants d’un canyon à 3 700 m, donc tout en pente), colorée (entre ses bus, marchés et cholitas), et aérée (pas de klaxon, ni de motos vous frôlant à toute vitesse). Elle est divisée en deux : on trouve en haut les quartiers pauvres avec les marchés, et sur la crête du canyon, des milliers de baraques en briques en guise d’habitation ; et en bas, les quartiers plus aisés, ainsi que le centre des affaires avec ses gros buildings. Tout l’intérêt de la Paz est d’être dehors dans ses ruelles et ses marchés ; nous y passerons donc 4 bonnes journées à marcher et… faire notre shopping. Un plaisir pour tous les sens !

  

  

  

  

  

  

2) Sucre

C’est là où l’indépendance a été proclamée en 1825 et c’est la ville qui a été choisie, peu de temps après, pour être la capitale de la nouvelle république de Bolivie comme mentionné dans la Constitution. A ce sujet, notre super guide du musée « La Casa de la Libertad » (bâtiment dans lequel la Déclaration de l’Indépendance a été signée) nous expliquera comment les habitants de la Paz, au cours d’une guerre civile avec ceux de Sucre, leur ont volé le statut de capitale (heureusement il leur reste le pouvoir judiciaire, mais à les entendre, il semble que les habitants de Sucre n’aient pas dit leur dernier mot !). Elle nous racontera aussi que les Simon Bolivar et Antonio Jose de Sucre ne sont pas les vrais libérateurs du pays car d’autres avaient déjà initié le mouvement auparavant. Fait un peu tristoune pour le pays : en un siècle (1825-1935), la Bolivie a perdu plus de la moitié de sa superficie au profit de ses pays frontaliers, notamment suite à deux guerres, celle du Pacifique avec le Chili (qui privera la Bolivie de son accès stratégique à la mer) et celle du Chaco avec le Paraguay. Sinon, comme Arequipa au Pérou, la plupart des constructions de Sucre sont blanches et d’origine. Ce qui lui vaut d’être déclaré « Unesco World Heritage Site » en 1991. Tout comme nous, Anke, notre hôte du wwoofing, adore cette ville car elle est le centre culturel et universitaire du pays. Les rues sont donc blindées de djeuns cool et y a pas mal d’expositions et de spectacles. Ainsi, on se retrouvera dans un théâtre pour assister à un concours de chants, et dans la rue pour un concert hommage au Che, seuls blanc entourés de jeunes révolutionnaires en herbe !

  

  

  

  

3) Potosi

Toute l’histoire de Potosi est liée à ses mines d’argent, découvertes en 1544, par un Inca local, Diego Huallpa. Un an après, les Espagnols débarquèrent et commencèrent son extraction via le travail de milliers d’esclaves indigènes. Pour augmenter la productivité, ils ont « importé » des millions d’esclaves venus d’Afrique et les ont fait travailler selon des roulements de 12h. Le plus dur, c’est qu’ils devaient rester tout le temps sous terre (minimum 4 mois d’affilés). Ils travaillaient, mangeaient et dormaient dans la mine ! Ainsi, on estime à 8 millions le nombre de morts entre 1545 et 1825. Aujourd’hui, l’extraction se poursuit mais à moindre échelle avec des coopératives de mineurs propriétaires des richesses produites (mieux mais pas encore top). Malheureusement, les conditions de travail n’ont guère évolué depuis l’époque coloniale et l’espérance de vie ne dépasse toujours pas les 10/15 ans d’activité minière. Ainsi, pour des raisons de sécurité (risque d’intoxication, d’éboulement ou d’explosion …) et de voyeurisme, nous avons choisi de boycotter la visite des mines et profiter de la ville de Potosi qui a beaucoup plus à offrir.

  

  

  

PostHeaderIcon Le Sud Lipez et le Salar d’Uyuni (11 Oct)

Nous avons choisi de partir de Tupiza pour notre trip dans le Salar parce que : 1) ça permet de faire une boucle et de ne pas revenir sur nos pas 2) les tours au départ de Tupiza proposent de voir plus longtemps le Sud Lipez (en 4j vs 3j au départ d’Uyuni) pour terminer, cerise sur le gâteau, avec le Salar au lever de soleil 3) Les agences, moins nombreuses, offrent des prestations de meilleure qualité qu’à Uyuni. Et quand on parle de qualité, on parle avant tout de sécurité ! Nos amis belges de la Jungle nous raconteront leurs mésaventures avec le chauffeur de leur 4×4 complètement « borracho ». En effet, l’alcoolisme est un vrai fléau en Bolivie, et malheureusement, les conducteurs font rarement le choix entre boire ou conduire. A tel point que, dans le cas des belges, ils l’aideront à plusieurs reprises à monter dans la voiture. Ca fait froid dans le dos !

Nos arrivées dans les nouvelles villes suivent maintenant le même rituel : sélection de 3 guesthouses dans le guide pendant le bus de nuit, visite de ces mêmes guesthouses au petit matin tout en laissant la chance à ceux venus à la sortie du bus nous proposer leurs services, sieste de 2/3h pour reprendre des forces avant notre session benchmark de l’après-midi. Notre choix s’est porté sur l’agence « Alexandro Adventure Travel », meilleur rapport sympathie / prix. Eh oui, la sympathie est un critère important pour l’Ameteo. Alexandro est d’ailleurs tellement sympa qu’il nous fait un super prix, au point de se faire engueuler par sa femme après. On l’a vu de nos propres yeux ! Aussi, après nos déboires dans la Pampa (souvenez-nous … les danois !), il nous a rassurés sur le nombre de participants, important quand on passe plus de 8h/j dans un 4×4, et sur les personnes elles-mêmes. La bonne nouvelle, c’est que l’on est en tout 4 avec 2 françaises de notre âge : Mélina & Soizic, avec qui on s’éclatera bien ! L’autre bonne nouvelle, c’est le guide Freddy et la cuisinière Elisabeth (noms anglo-saxons très populaires en Bolivie), un couple de choc, mariés dans la vraie vie, juste parfait : Freddy nous alimente continuellement en informations sur les montagnes et lagunes rencontrées pour le bonheur de Teo, et Elisabeth nous fait des bons petits plats pour le bonheur d’Amélie, sans parler de leur voiture tout confort et full options. Y a même une entrée « aux » pour brancher nos Ipods. Tout ça, dans une ambiance, comme Freddy a l’habitude de dire : « Muy tranquilo ! »

Jour 1 :

Nous sommes les premiers à arriver à l’agence (serait-on devenu ponctuel après nos 8 mois de voyage ?!), parce qu’en fait, les autres sont en train de se battre avec les banques pour changer de l’argent. Vous l’aurez compris : il n’y a pas de distributeur à Tupiza. Conseil de l’Ameteo : toujours avoir des dollars sur soi en dépannage pendant le voyage. Avec 1/2h de retard, on quitte la ville pour atterrir, après quelques minutes de route, au milieu d’énormes canyons ou « Quebradas ». C’est le Far West version bolivienne, avec ses cactus de 10m de haut et ses troupeaux de lamas et alpacas. Ces derniers sont d’autant plus mignons qu’ils ont des décorations sur les oreilles (une façon pour les bergers de les distinguer). A ce moment, Freddy nous raconte qu’il a un élevage de 30 lamas, dont la viande est bien plus tendre que celle de l’alpaca (ce dernier étant plus connu pour sa laine). Ils vivent aussi de leur plantation de quinoa (pseudo céréale très populaire en Amérique du Sud servie en soupe ou en accompagnement), qu’ils nous feront goûter lors d’un repas. On déjeune chaud (Elisabeth stocke la nourriture, cuisinée la veille, à ses pieds, près du moteur, pour la maintenir à température) quelque part entre San Pablo et San Antonio, puis repartons à la découverte de nos premiers points de vue (Sol de Manana) et lagunas (Celeste). Comme le disent si bien les anglo-saxons, les paysages sont « absolutely unforgettable » ou « literally breathtaking ». Et, pour une fois, ils n’en font pas de trop ! Tout ce que l’on verra pendant ces 4 jours, c’est du « jamais vu ». En tout cas, pour nous, c’est la première fois que l’on voit des lacs verts ou rouges, des rochers aux formes spectaculaires, des sommets avec des dégradés de couleurs … Bref, une pure merveille de la nature à voir de toute urgence ! It’s amazing … Après le passage d’un col à 4 855m (plus haut que le Mont-Blanc !) et une crevaison (pas de soucis, Freddy a tout ce qu’il faut en stock et Elisabeth fait péter sa tournée de sucettes pour nous faire patienter), on entre enfin dans le parc Eduardo Avaroa pour passer notre première nuit quelques kms plus loin. Cool, il fait pas si froid (jeu de mot !) que ça et y a plein de couvertures de dispo en plus de nos sacs de couchage. Ensuite, c’est goûter, souper, brief de Freddy sur la journée de demain et au lit !

Jour 2 :

Freddy avait pour ordre de ne pas nous réveiller trop tôt ! Il le respectera, puisque nous sommes les derniers levés à 7h30. Les autres groupes se sont levés plus tôt car leur programme prévoit l’ascension du Volcan Uturuncu à 6 020m. Une façon « paresseuse » de passer la barre mythique des « 6 000 », puisque la jeep les dépose à 1 km du sommet. Mais bon, on ne va pas trop les chambrer, car, alors qu’ils étaient en train de cracher leurs poumons à 6h du mat, nous, on dormait ! Les pancakes d’Elisabeth enfilés, on part à la rencontre des flamants roses, qui rajoutent une couleur de plus au paysage déjà exceptionnel. Comme si on n’en avait pas assez ! Mea Culpa pour Teo qui n’arrêtera pas d’essayer de les faire voler. Puis, on traverse le Salar de Chalviri (y en a pas qu’un dans la région) pour trouver, au pied du Cerro Polques, un bassin de sources d’eaux chaudes qui n’attend que nous pour une p’tite baignade à 30°c. Une piscine naturelle en plein milieu du désert … Quel luxe ! Déjeuner au cul du 4×4 avec vue sur les Rocas de Dali (du nom du surréaliste qui s‘en serait inspiré) puis visite de la Laguna Verde, malheureusement, sous les nuages accrochés au volcan Licancabur. Pour info, sa couleur verte vient de sa forte concentration en carbonates de sulfure, arsenic et calcium, qui le maintiennent d’ailleurs encore liquide par -20°c. On termine la journée par un tour dans les geysers à plus de 5 000m (record battu!) avec leur fameuse odeur de souffre, et alors qu’il commence à neiger (si, si, on vous assure), on crève une nouvelle fois. Et là, c’est moins drôle puisqu’il faut sortir de la voiture. Grâce à la deuxième roue de secours, on arrive à repartir pour le refuge, afin d’y passer la nuit, tout près de la Laguna Colorada. Les repas sont de plus en plus animés car on commence à mieux se connaître avec Mélina et Soizic, deux infirmières de l’hôpital de Genève. Le diner sera donc l’occasion de débattre de sujets divers et variés comme « pour ou contre les vaccins » ou « l’émission de Frédéric Lopez « Rendez-vous en terre inconnue » : investigation ou voyeurisme ? »

Jour 3 :

La troisième journée commence évidemment par la Laguna Colorada, de profondeur max 80 cm, et qui doit sa couleur rouge, aux algues et planctons (appelés diatomées et nourriture principale des flamants roses) qui habitent ce lac. Tout autour, la côte contraste avec le blanc brillant lié aux dépôts de sodium, magnesium, borax et gypsum. A 20km de là, on découvre l’Arbol de Piedra entouré d’une dizaine de 4X4 (déjà moins glamour). Nous déjeunons près d’une série de nouveaux lacs, plus beaux les uns que les autres, en compagnie de flamants roses : Teo est conquis, il en est à sa centième photo ! La pause terminée, nous attaquons notre dernière ligne droite vers le Salar d’Uyuni, bercée par la musique de Coldplay et les tentatives d’intervention de Teo en espagnol, sans oublier un ravitaillement bières à San Juan et Colcha K. Nous passons notre dernière nuit dans un hôtel de sel aux abords du Salar, où les lits & tables sont fait à partir de blocs de sel et les portes & fenêtres de bois de cactus. Sympa !

Jour 4 :

Avant de vous expliquer notre aventure dans le Salar, un passage par Wikipédia s’impose ! “Cette étendue de sel, vestige d’un lac d’eau de mer asséché, est située à 3 700 mètres d’altitude. Avec une superficie de 12 500 km2, elle constitue le plus vaste désert de sel du monde et représente un tiers des réserves de lithium exploitables de la planète. Ces dernières, composant essentiel des batteries électriques, sont actuellement le centre des attentions de plusieurs multinationales, ainsi que du gouvernement. Sa formation remonte à 40 000 ans, quand l’étendue d’eau salée était une partie du Lago Minchin, un lac préhistorique géant. En s’asséchant, il laissa derrière lui deux petits lacs encore visibles, le Lago Poopo et le Lago Uru Uru et deux grands déserts de sel le Salar de Coipasa et le gigantesque Salar d‘Uyuni”. Revenons à nos moutons ! Comme le veut la tradition, le réveil sonne à 4h30 car il faut être dans le Salar au lever du soleil. Dès qu’il fait son apparition, commencent les jeux de photos comme celui des ombres ou de la perspective. On est tous les 4 comme des gosses en train de se photographier, au grand désespoir de Freddy et Elisabeth, qui ont un planning à respecter. Ils doivent suivre le tour classique : Isla Incahuasi, visite du musée de céramiques à Coquesa, passage par le seul hôtel implanté dans le Salar « Playa Blanca », Cimenterio de Trenes … Et nous, on veut rester dans le Salar qui offre un spectacle grandiose. Même si on savait à quoi s’attendre, ca fait bizarre d’être perdu au milieu d’un désert tout blanc. Deux choses surprenantes : la première est que l’on a du mal à distinguer l’horizon qui est flou et donne l’impression que les éléments (montagnes ou îles) flottent sur le salar (en raison de la diffraction de l’air et de la courbure de la terre, parait-il ?!); et la deuxième est que, comme tout est extrêmement plat et blanc, il n’y a aucune perspective. Du coup, il est impossible d’apprécier les distances. Tout parait si près alors que des dizaines de kms nous séparent ! Un peu à la bourre après nos interminables séances photos, Freddy décide de zapper le site d’extraction de sel (Amélie lui en veut encore !). Nous laissons les filles à Uyuni pour leur bus de nuit direction la Paz et nous, nous repartons pour 5h de route vers Tupiza (et oui, demain le programme est chargé : se lever à 4h du mat pour passer la frontière argentine).

En conclusion, alors que l’on s’attendait à un trip purement commercial, nous serons éblouis par la beauté des paysages. Et ce, d’autant plus qu’en partant de Tupiza, nous avons évité les files de 4×4 qui gâchent un peu, il faut le dire, le spectacle. Seul petit regret : le peu de temps passé dans le salar (un peu de notre faute quand même car Freddy devait nous ramener à Tupiza et la route était loin d’être facile ensuite…)

  

  

  

        

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

PostHeaderIcon Notre Wwoofing chez Anke & Dieter (25 Sept)

 Après notre expérience des 20 heures de bus sur la route de la mort (pas la vraie mais quand même…), les moustiques, les mygales et les alligators de Rurrenabaque, nous voici fin prêts pour notre expérience wwoofing à Santa Rosa, petite ville à 150 kms au nord de Santa Cruz, chez Dieter et Anke. On est dans l’est de la Bolivie : fini l’altiplano et les choletas de la Paz. Ici, c’est plus ambiance Monte (comprenez forêt), Pampa et terres agricoles ! Nous avons prévu d’y rester une dizaine de jours tellement les commentaires sur les autres blogs sont élogieux et notre expérience sera à la hauteur de nos attentes.

Qu’est-ce que le wwoofing nous direz-vous ? Wwoofing provient de WWOOF qui signifie World Wide Opportunities on Organic Farms ou Willing Workers On Organic Farms. C’est une façon de mettre en relation des voyageurs désirant découvrir un pays de l’intérieur à moindre coût avec une communauté de fermes biologiques locales à la recherche de volontaires. Sont qualifiées de fermes biologiques celles qui n’utilisent pas de produits chimiques et pratiquent la diversification des cultures pour ne pas épuiser la terre. Généralement, l’hébergement et la nourriture sont offerts en échange du travail.

Nous arriverons à Santa Rosa sans encombre après nos 18 heures de bus de nuit depuis la Paz et un taxi partagé. Déposés dans la rue principale, nous demanderons la quinta de Anke. « Tout le monde me connait » nous avait indiqué cette dernière. En effet, en mois de 10 minutes, nous voici qui débarquons dans la quinta qui deviendra notre fabuleuse maison.

Nous y attendent Anke, propriétaire des lieux avec un dynamisme à déplacer des montagnes, et Anja, autre woofeuse allemande arrivée depuis une semaine. Dieter, lui, nous rejoindra le soir : il est actuellement à Juan Deriba, leur propriété de 700 hectares à 4 kms de là où il s’occupe de ses 200 vaches, brebis, chevaux… en compagnie de Don Ignacio, Don Pepe, Don Juan… les employés de la quinta avec qui nous aurons l’occasion de passer beaucoup de temps.

La présentation du lieu nous mettra direct dans l’ambiance : una cabana rien que pour nous avec lit et hamac, une ducha de lujo (comprenez douche froide en plein air) à quelques mètres de là, deux cuisines : une pour nous, une pour eux, Irene : cuisinière qui nous fera des bons petits plats à base des légumes du jardin et Michael : jeune du village travaillant à l’occasion dans la quinta pour se faire un peu d’argent. Les règles de base de notre intervention sont simples : travailler de 7h30 à 12h en échange de l’hébergement et du petit déjeuner. Pour 15 bolivianos en plus (soit 1,50€), nous avons droit aux repas divins préparés par Irene le midi et accès à leur frigo pour nous préparer quelque chose le soir. En grands cuisiniers que nous sommes, nous prenons bien entendu l’option des 15 bolivianos… Et cela sera sans regret…

  

Nos premières minutes seront là encore bien folkloriques. Voulant nous rendre utiles, nous proposons, une fois nos bagages installés dans notre cuarto, d’aider Michael à récolter les oranges et les citrons du jardin pour faire des jus de fruit frais (refrescos en bolivien). Tout feu tout flammes, nous voilà qui grimpons dans les arbres pour en récolter le maximum possible. Malheureusement, Teo avait quelque peu passé à la trappe les avertissements du jeune Michael sur les abeilles au fond du jardin. Et c’est ainsi qu’alors que nous sommes perchés dans l’arbre… au fond du jardin, nous commençons à nous faire attaquer par trois d’entre elles. Nous nous en sortirons par deux grosses piqûres pour Amélie + une petite honte devant Michael qui nous affirmera avec son grand sourire : je vous avais prévenus… Heureusement, dans les jours qui suivront, nous nous en sortirons bien mieux… Et pourtant les missions attribuées n’étaient pas des plus simples.

Pour Teo :

- Creuser un lac dans le champ derrière la maison afin de garder l’eau de la saison des pluies le plus longtemps possible. Pas de problème a priori sauf qu’il fait un soleil de plomb et que le taux d’humidité est à son maximum.

 

- Construire le système d’irrigation qui va avec sous les directives de Don Ignacio. Si, si vous avez bien entendu, système d’irrigation… qui osera dire maintenant que Teo n’est pas bricoleur….

- Aller récolter dans une propriété voisine (à 45 min de là) des plants de canne à sucre pour les planter dans le jardin d’Anke. Cette mission sera surement sa préférée : entre le moyen de locomotion utilisé (une jeep ayant brulée l’année passée mais qui fonctionne on ne sait comment), la pause empanadas / chicha, le découpage des plants de canne à sucre à la machette et le détail des querelles de voisinage de leur hôte (« il m’a tué un cochon donc du coup je lui ai tué son âne… »), il se sent à 10 000 lieues de la France et en plein cœur de la Bolivie

- Débroussailler, tout seul, un champ de la taille d’un terrain de football surveillé par Dieter sur son tracteur. Cette mission sera, on peut le dire, la pire car 4 heures tout seul à débroussailler (toujours sous le même soleil de plomb), ça parait long !

- Aider à “fumigar” et “vacunar” las vacas (comprenez fumigation contre les tiques et vaccination des vaches). Dommage pour lui, il avait choisi ce jour là un tee shirt rouge qui effrayera ces dernières alors que son rôle était justement de les immobiliser… No comment !

  

Pour Amélie :

- S’occuper de la huerta d’Anke en compagnie de Don Ignacio : comprenez planter des tomates, du paprika (et au passage manger les acerola du jardin bourrées de vitamine C), les arroser, les arroser, les arroser (et oui, dur dur de maintenir un jardin pendant la saison sèche) et nourrir la terre à coup de brouettes de « compost » (on est dans une ferme organique, pas de pesticide autorisé mais des engrais 100% naturels !)

- Aller en vélo jusqu’à leur propriété Juan Deriba pour traire les vaches à la main (pas facile facile quand on n’a pas la technique) et utiliser le lait récolté pour faire du fromage en mode artisanal. Ce sera un peu la honte car alors que Dieter est capable d’extraire un litre de lait en moins de 5 minutes, elle ne dépassera pas les 10 cl… Heureusement que Dieter est compréhensif….et qu’Amélie se rattrapera sur la fabrication de fromage…

- Aider Irene et ses deux assistants en chef (Lisa et Carlitos) à cuisiner : faire du café à base de grains de café du jardin, du chutney à base des mangues du jardin, des yaourts à base du lait des vaches de la propriété, des tortillas à base des œufs du poulailler… Bref un vrai régal !

   

- S’occuper des chevaux, grand amour d’Anke : les nourrir les matins vers 6h30 (et oui, le réveil est matinal) et les laver une fois la journée de travail fini. Nous aurons Duke (le bel étalon blanc que nous aurons l’occasion de voir en action… Impressionnant !), Primavera (jeune jument de 3 ans acquise récemment), et toutes les juments amenées par le voisinage pour assurer la descendance de Duke…

- Et comme Teo, la fameuse tache ingrate du débroussaillage… Heureusement, la machette est là pour rendre l’activité folklorique et le but de l’activité plus que motivant : nous protéger des serpents et des scorpions !

Toutes ces activités seront pour nous l’occasion de beaucoup de fous rires mais aussi de beaucoup de travail. Heureusement que nous aurons, pour nous aider, Irene et Don Ignacio :

- Irene avec ses somptueux gâteaux pour la pause de 10 heures (au chocolat, à la carotte..), ses jus de fruits frais (orange, citron, “bi”), son café et ses déjeuners 100% maison

- Don Ignacio qui nous initiera très vite au rythme bolivien : « qué ora es ? Oh, estamos muy cerca del recreo… », « despacio, despacio, no debes cansarte »

Les après midi seront au contraire à la cool : siesta, ducha, lecture bien installés dans les hamacs, balade à Juan Deriba, consultation d’internet dans la bibliothèque locale construite par Anke grâce à des donations reçues.

Mais, nos moments préférés seront sans aucun doute, les dimanche matin où nous partons tous à cheval explorer la propriété et vérifier que tout est en ordre. Chacun aura son cheval : Primavera pour Amélie, Salto pour Teo et Osco pour Anya. Chacun avec ses petits challenges :

- Primavera, jeune, n’est pas habituée à être montée et du coup ne répond pas toujours à 100% aux ordres donnés (surtout dans les moments difficiles tels que la traversée d’une rivière…)

- Osco est pour ainsi dire têtu et le chef de la bande. Il lui faut quelqu’un de plutôt autoritaire….

- Salto est juste un filou qui s’arrête dès qu’il peut pour manger, ce qui fera beaucoup rire Teo

  

  

Nous aimerons tellement ces sorties à cheval que nous tenterons une sortie en solo un jeudi après midi. Vraiment cools, Dieter et Anke nous laisseront partir avec un plan de la propriété des 700 ha sur un morceau de carton de 10 cm2. Pas facile de se repérer. Mais nous y arriverons, à peu près…. Cependant, après 45 minutes à suivre le plan avec minutie, un Osco « un poquito asustado » (énervé… ce dernier préférant paître tranquille et en liberté plutôt que de promener trois Européens novices…), la traversée d’un troupeau de 100 vaches et taureaux nous regardant droit dans les yeux, un chien de chasseur perdu dans la propriété et à nos trousses et finalement le sentier bloqué par deux autres chevaux (jamais de très bonne augure…), nous rebrousserons chemin un peu piteux mais rassurés que tout se soit bien passé…

  

Au-delà de tout ce que nous apprendrons sur la nature et le fonctionnement d’une ferme organique en Bolivie, ces jours passés seront pour nous l’occasion d’apprendre énormément sur le pays. Dieter et Anke, installés en Bolivie depuis plus de 20 ans, sont en effet intarissables sur le sujet :

- Le danger très fort pesant sur la forêt amazonienne détruite à coups d’incendies volontaires. Si la loi interdit normalement ces incendies, personne n’est jamais arrêté pour ces derniers. L’enjeu économique est en effet très important car les terres une fois défrichées sont utilisées pour les cultures de soja destinées à l’exportation mais également pour des cultures bien plus illicites (pour plus de détails, voir les bonnes résolutions d’Amélie sur la Bolivie)

- Les doutes sur le régime en place et certaines de ses lois pouvant paraître bien autoritaires

- La difficulté pour les organisations d’aide internationale de mettre en œuvre des programmes avec un impact réel pour les plus pauvres. Bien souvent, les coordinateurs locaux s’enfuyant avec l’argent laissant le projet en plan…

- Le problème de l’alcoolisme très fortement répandu et la difficulté de monter une entreprise vu le taux d’absentéisme et un rythme de travail plus que relax

- La difficulté pour les « petites gens » de faire valoir leurs droits et leurs intérêts tellement la corruption et la culture du pot de vin est importante. Un exemple ahurissant pour nous Européens : la Poste. Ici, tous les colis sont ouverts et fouillés. Seules les cartes postales sont sans danger. Heureusement pour nous car nous avions choisi la Bolivie pour envoyer notre quarantaine de cartes postales. Cela aurait été dommage !

- La culture de la non-dénonciation qui laisse souvent impunis de nombreux délits. « Tout le monde sait mais personne ne dit rien »

Bref, cette expérience wwoofing restera gravée dans nos mémoires pour plein de raisons. Et ceci sans vous parler de la raquette tueuse de moustique (un vrai délice quand vous en avez dix autour de vous), de Don Mario (guérisseur local surnommé Matasanos par Anke qui viendra squatter la quinta et les bons repas d’Irene pendant 3 jours… le temps de prodiguer ses remèdes bidons et surtout glander toute la journée pendant que tout le monde bosse sous un soleil de plomb), du serpent nageant tranquilou dans le fond de la douche (« ne vous inquiétez pas, il n‘est pas mortel, par contre celui dans la fosse à droite du jardin est lui très dangereux. Faites attention ! »), de la salle de bain utilisée comme attrape-moustique (dommage pour Teo qui fera l‘erreur, une fois mais pas deux, d‘aller y prendre sa douche pour éviter la douche en plein air… comme quoi le confort est bien relatif !) et, nous gardons le meilleur pour la fin, de Lucky et la Luna (les deux chiens berger-allemand, si amicaux la journée et si agressifs la nuit…. Amélie s’en sortira de justesse à plusieurs reprises…)

  

Nous partirons après 10 jours bien émus de toutes ces aventures. Malheureusement, le temps passe vite… Nous avons à peine une semaine pour visiter Sucre, Potosi et surtout le Salar avant de foncer vers la Patagonie argentine pour notre mission humanitaire à Bariloche…

        

      

  

PostHeaderIcon 5 jours dans la Jungle et la Pampa bolivienne (18 sept)

En guise d’introduction à notre aventure dans la jungle, un extrait des consignes de sécurité du routard : « ne jamais s’appuyer, s’asseoir ou mettre la main sans regarder (par ex. le palmier Chonta a des couronnes d’épines tous les 30 cm) ; des insectes redoutables se dissimulent facilement dans un creux telle la fourmi guerrière (2 cm de long et une ½ journée de fièvre intense) ; les araignées, écrasées, projettent des poils urticants ; le pire, c’est les moucherons invisibles qui transforment votre peau en framboise et pour lesquels il faut se rapprocher d’un local en cas de piqûre ; en Europe, on compte 30 espèces de plantes aux 100 ha, dans la selva, plus de 400 ». On a hâte ! 

Mais avant de goûter aux joies de la selva, il nous a fallu passer par l’épreuve des 20 heures de bus pour rejoindre Rurrenabaque, point de départ de toutes les expéditions. Ce fut un des transferts les plus folkloriques de notre voyage… parce que : 

1) Si nous étions rassurés de ne pas emprunter la « Route de la Mort » (aujourd’hui fermée à la circulation, elle comptait une moyenne de 26 sorties de route/an), nous serons vite déçus par la route utilisée : sa vraie sœur jumelle (virage à 180°, pas de barrière de sécurité, précipices de plusieurs centaines de mètres, impossibilité de passer à deux véhicules à plusieurs endroits d’où plusieurs marches arrière du bus plus que sportives) 

2) Parce qu’ici, pas de WC à bord, et des arrêts pipi transformant en quelques minutes les champs alentours en toilettes géantes. Mieux vaut ne pas être pudique : plusieurs fois, Amélie se cherchera un coin tranquille (derrière un arbre ou une voiture) mais sera vite rejointe par 2-3 choletas pressées de se soulager… No comment : seule issue, terminer le plus vite possible ! 

3) Parce que nous nous retrouverons pile poil sous la seule enceinte du bus fonctionnant à plein volume. Alors que Teo, des vibrations plein la tête, ira demander au chauffeur de baisser le volume, il sera pris d’assaut par les autres voyageurs criant « Musica, Musica ! » Nous passerons donc la moitié du voyage avec de la musique andine « plein les oreilles ». 

4) Parce que la qualité de la route et des amortisseurs te font littéralement décoller de ton siège, dur dur de trouver le sommeil dans ces conditions ! 

5) Parce qu’au-delà du manque de place et des pleurs de bébés, un chien décidera de se soulager dans l’allée centrale en plein milieu de la nuit… On ne vous raconte pas l’odeur ! 

6) Parce qu’ici, pas de comptage des passagers et il est courant que le bus reparte en oubliant l’un d’entre eux. Nous passerons ainsi tous les stops les yeux rivés sur le chauffeur ; ce qui n’empêchera pas l’étourderie d’Amélie qui, descendue rapidos se chercher un paquet de chips sans prévenir le chauffeur, se retrouvera à sprinter à côté du bus, parti sans elle… 

Vingt heures plus tard (soit vers 7h du mat), nous arriverons à bon port à Rurrenabaque et passerons l’après midi à faire le benchmark des agences de la ville. Nous hésiterons longtemps entre une expérience commerciale et une expérience d’écotourisme communautaire mais les offres d’écotourisme nous sembleront trop loin de ce que nous avions pu vivre en Birmanie (souvenez-vous, le trek de Kalaw avec Sam). Du coup, nous choisirons Fluvial Tours, l’agence commerciale par excellence avec son boss sorti tout droit de « La vérité si je mens », pour nos deux jours de jungle et trois jours de pampa. 

La jungle

L’action se passe dans le parc national de Madidi (à l’ouest de Rurrenabaque), où l’on peut voir plus de 1 000 espèces d’oiseaux différentes, des singes, des porcs sauvages, des mygales et bien sûr des moustiques et des insectes de forme & couleur inédites.

Pour rejoindre le camp, il faut compter 3h de canoë sur le rio Beni dont le niveau d’eau nous fait descendre de notre embarcation pour pousser…Et oui, on est à la fin de la saison sèche. Pas de soucis ! Tout le monde s’y met et il y a déjà une bonne ambiance qui se crée dans le groupe, composé de … Belges et Français (pas très dépaysant !). Les premiers sont un couple de jeunes cools de notre âge en tour du monde accompagnés des parents du mec venus les rejoindre… au grand désespoir de la fille pour… un mois. Les trois autres sont deux cousines d’une 20ne d’années en voyage depuis 2 mois dont l’une d’elle aura plus que sympathisé avec l’autre Français. Bref, en tout, nous sommes neuf et ça fait beaucoup pour un seul canoë. Nous arriverons malgré tout à bon port pour l’heure du déjeuner. Comme tous les autres repas, il sera excellent et varié avec plein de légumes bien de chez nous (purée, brocolis, petit pois, hummm ca faisait longtemps !). 

L’activité de l’après midi est une « walk » de trois heures dans la jungle dont les moments forts seront : le passage au dessus d’un cours d’eau en équilibre sur un tronc d’arbre (on n’avait pas vu la perche facilitant grandement les choses), notre première rencontre avec un animal au nom inconnu (à mi-chemin entre le tapir et l’opossum) et la rencontre avec un troupeau dévastateur et plus qu’odorant de porcs sauvages. Le soir rebelote avec une « walk » de 45 minutes, cette fois-ci dans la nuit à la recherche de … mygales (ou tarantula en anglais). Nous verrons ainsi une vingtaine d’araignées, toutes plus grosses et colorées les unes que les autres et surtout deux grosses mygales sorties de leur terrier par notre guide bien téméraire. On est content d’avoir des lits à moustiquaire à notre retour ! 

Le lendemain, nous enchainons par une activité artisanale : réaliser des bijoux à partir de noix de coco. Etonnamment, les processus de fabrication sont très simples. Exemple pour une bague : découpage dans le sens de la longueur de la noix de coco, ponçage au papier de verre, polissage sur une pierre avec de l’eau puis sur la terre et enfin dans le creux de la main pour la faire briller. Nous nous en ferons chacun une, que vous pourrez admirer à notre retour:) 

En début d’après midi, retour à la case départ, pour reprendre des forces avant notre trip pampa.

                  

La Pampa

 Le lendemain, rendez-vous à 8h30 où l’on retrouve le responsable de l’agence toujours aussi speed et limite déçu de notre bonne organisation : il nous demandera toutes les 5 minutes si nous n’avons pas oublié notre bouteille d’eau, notre lampe frontale… Et non, nous sommes maintenant des habitués ! Avant même de monter dans le 4×4, nous découvrons l’un des couples de notre nouveau groupe en train de râler contre notre pauvre pote de l’agence. La raison est qu’apparemment ce dernier ne les a pas prévenus de prévoir une bouteille d’eau pour la journée (pour info, 0,50€). Nous le verrons ainsi crier « bad service » dans tous les sens. Ca commence bien ! Puis vient l’épreuve du 4×4, à neuf une nouvelle fois, assis sur des bancs dans le compartiment arrière. Ca secoue très très fort, il y a beaucoup de poussière, notre couple (danois) est en panique ! Pour les achever encore un peu plus, nous déjeunons dans un petit restau local en compagnie d’un porc-épic géant installé sous notre table. Marrant ! Le voyage continue par 3 heures de canoë. Et là, ce qui se passe est juste hallucinant : nous croisons une centaine d’alligators de 50 cm à 3m, dont certains à moins de 2 mètres de nous. L’Australie nous a appris à être extrêmement vigilants avec ces reptiles, et là, nous voilà presque en train de les caresser. La raison est simple : à la différence des crocodiles (présents en Australie) qui sont une espèce dangereuse pour l’homme, notre guide nous affirme que les alligators sont parfaitement inoffensifs. Et très vite, il faudra le croire sur parole car quand notre canoë s’embourbera dans la rivière ( à 6 reprises), il faudra, une nouvelle fois, pousser. On doit avouer que la première fois, on a hésité à descendre… Mais bon, pas le choix !

L‘autre animal très populaire sur la berge est le capybara, qui est juste le plus gros rongeur du monde ! Enfin, nous aurons la chance d’observer 5-6 dauphins roses (on vous jure que l‘on n’a pas fumé !), et bien entendu tous les autres animaux habituels de la région : singes, oiseaux, tortues..etc..; Et oui, la sécheresse est telle que tous se concentrent autour du rio pour survivre. So sad !

Arrivés au camp, plus confort que celui de la jungle (chambre double, hamacs avec vue sur le rio…), on profite du diner pour discuter avec chacune des personnes de notre groupe. Et là, c’est le drame ! On avait déjà quelques doutes sur leur côté rabat-joie (cf. le couple danois), mais ce dernier se confirmera tout au long du repas. A part une Autrichienne bon esprit et un Espagnol discret, le couple danois, un couple anglais et une allemande ne cessent de critiquer dans ces moindres détails les prestations de l’agence. Depuis le manque d’eau, à l’absence de confort des chambres, en passant par le guide. Tout y passe ! Ils en viennent même à se plaindre des moustiques et de la chaleur : surprenant dans la pampa !? A ce niveau là, ces trois jours seront terribles car leurs remarques gâchent en partie notre plaisir à chasser l’anaconda ou pêcher le piranha. Surtout qu’à cela, s’ajoute l’attitude égoïste des deux couples à toujours vouloir la meilleure place dans le canoë (celle de devant) et dans le 4×4 (celle loin des roues et de la poussière). Pour cela, toutes les excuses sont bonnes pour monter les derniers et occuper la place tant convoitée : prendre une photo de groupe, aller aux toilettes à la dernière minute, et même jouer la carte de la galanterie avec la technique du « après-vous ». Si notre initiation au bouddhisme nous a appris à garder notre sang-froid, il faut avouer, surtout pour Amélie, qu’il était parfois difficile de ne pas craquer. Notre compassion, mise à rude épreuve, nous amènera à penser qu’ils n’étaient tout simplement pas prêts à voyager…du moins dans un pays comme la Bolivie.

Malgré cette ambiance un peu relou, nous garderons des supers souvenirs de ce trip. Les big kiffs seront : le rio et ses colonies d’alligators, les levers et couchers de soleil si uniques dans la pampa, l’apéro bière dans les hamacs avec le rituel de l’offrande à la Pachamama, la Terre-Mère (à chaque nouvelle bouteille, il faut verser quelques gouttes de bière sur le sol), et enfin le retour de Rurre à la Paz en moins d’une heure en avion. Au retour de la Pampa, le 4×4 nous a déposés directement à l’aéroport… ou plutôt à la piste de décollage pour prendre un coucou, à notre grande surprise, relativement moderne. En moins de 45 minutes, nous gagnerons plus de 3000 m d’altitude et perdrons près de 15 degrés. C’est ça la Bolivie : une terre de constrastes !

   

   

   

   

   

   

    

                     

PostHeaderIcon Lac Titicaca & Isla del Sol (11 sept)

Suite à notre expérience mitigée au Pérou, nous déciderons de réallouer notre temps au profit de ce pays dont on nous a tant parlé : la Bolivie. Avant même notre départ, nous avions entendu beaucoup de choses positives et cela sera confirmé par les conseils de plusieurs routards rencontrés au Pérou et venant du sud de l’Amérique Latine. Si ce dernier leur semble fade, ils ne cessent de vanter les attraits de la Bolivie. Tellement colorée et authentique, elle concentre tout ce que l’on imagine de l’Amérique du Sud : des marchés à n’en plus finir, des choletas coiffées de leur chapeaux melon, de la musique traditionnelle andine à chaque coin de rue, des bus aux couleurs fluo et au design tout droit sorti d’un film Disney… Et tout cela se voit dès le passage de frontière.

Après un aller-retour entre les deux postes frontières (trop pressés de quitter le Pérou, nous avions oublié notre tampon de sortie…), nous arrivons à Copacabana (rien à voir avec la ville brésilienne du même nom) au bord du Lac Titicaca. Couvrant 8 400 km2 et situé à 3 808 mètres, c’est le plus grand lac du monde à cette altitude. Et c’est vrai qu’il est gigantesque. Ceci sans parler de sa profondeur évaluée à 457 mètres ! Comme à certains endroits, il est difficile de voir la rive d’en face, on a juste l’impression de trouver la mer en haut des montagnes. C’est un lieu tellement magique qu’il aurait donné naissance au soleil et au dieu-roi Viracocha. Ainsi, il est considéré comme étant le point de départ de la civilisation Inca. Pas surprenant que les îles s’appellent Isla del Sol y de la Luna. La légende voudrait même qu’il abrite un atlantis bolivien. Wouahhh !

Après une visite express de Copacabana et un trajet en bateau de 2 petites heures, nous aurons l’occasion de passer 2 ½ jours sur l’Isla del Sol (connue comme étant Titi Khar’ka, le rocher du Puma et qui donnera son nom au lac). Nous sommes partis de Yumani au sud, pour rejoindre Cha’llapampa au nord, en passant par Cha’lla. Les deux grandes difficultés seront la montée de la Escalera del Inca à notre arrivée (petit rappel du Machu Picchu…) et le repérage des sites Incas perdus au milieu des terrasses (Templo del Inca…). Heureusement, les habitants de l’île (2 500 en tout) viendront à notre rescousse pour nous guider et même nous donner des petites leçons d’Aymara (dialecte de la minorité ethnique de la région issue de l’empire Tiwanaku).

Notre séjour sur l’île restera un moment inoubliable avec des points de vue magnifiques sur le lac Titicaca et la Cordillera Real en arrière plan, les ruines Chincana et son Laberinto & rocher du Puma (à vous d’identifier l’animal sur les photos!), notre chambre rose bonbon chez l’habitant entourée de tous nos animaux préférés (lamas, mulets, cochons…) et, pour clôturer le tout, un apéro-coucher de soleil à la bière Pacena, sur le toit de notre guesthouse de Copacabana, avec un autre couple de français….