janvier 2019
L Ma Me J V S D
« jan    
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  
Blog Post

La dernière étape de notre voyage commence. Nous venons de terminer notre mission humanitaire d'un mois à Bariloche (expérience géniale ! ) et faisons cap vers le Sud : Perito Moreno et Torres del Paine avant de remonter doucement vers Buenos Aires.

Pour ce qui est des réactualisations blog, le Pérou est finalisé et la Bolivie est en cours.

A très bientôt,
Amélie et Teo

PostHeaderIcon Nous au Pérou et dans son histoire (16 août)

Pour le Pérou, l’Ameteo va tenter l’impossible… Le récapitulatif de notre voyage organisé selon les dates clés de l’histoire du pays. Finis les « on a fait ci, on a fait ça ». Place à nos aventures en lien avec l’histoire du Pérou. C’est un pari, vous nous direz si ça vous a plu ou si c’était juste hyper relou à lire…

C’est parti !

Les peuples précolombiens :

-20 000 av JC : arrivée des hommes dans le nouveau monde par le détroit de Béring

-12 000 av JC : les grottes de Pikimachay, près d’Ayacucho, abritent des chasseurs-cueilleurs nomades

-4 000 av JC : l’agriculture voit le jour près des côtes (pommes de terre, haricots, piments, coton …) avec la domestication du lama, de l’alpaga (presque pareil que le lama) et du cochon d’inde

  

-2 000 av JC : « Période initiale » : c’est l’apparition des céramiques et des cultures en terrasses dans les hauts plateaux (l’Altiplano pour les experts)

-1 000 – 300 av JC : « Période de l’Horizon Ancien » avec l’émergence de phénomènes artistiques et religieux dans tout le pays. On découvre les premières représentations de tête de félin (jaguar ou puma). On en verra des tonnes par la suite !

-300 av JC – 800 : développement de différentes « tribus » avec leur propre culture : les Paracas (sud de Lima) connus pour leurs textiles de coton et de laine, les Nazcas pour leurs géoglyphes (Lignes de Nazca : gigantesques et énigmatiques dessins tracés dans le désert qui ne sont visibles que depuis un avion : pas fait car trop touristique) et enfin les Mochicas célèbres pour leurs pyramides « Hueca del Sol y de la Luna » ; deux pyramides que l’on a beaucoup aimées !

Ce fut une de nos premières visites culturelles au Pérou et certainement l’une des meilleures car ces deux pyramides, perdues dans le désert, abritent en fait de plus petites pyramides réalisées pendant les générations précédentes. Le principe est qu’après chaque règne, les Mochicas construisaient une nouvelle pyramide recouvrant l’ancienne. Aujourd’hui, des archéologues viennent donc du monde entier pour réaliser des fouilles et en savoir plus sur la culture Mochicas. Leurs deux principales contraintes sont l’argent (les fonds ne permettent de travailler qu’un trimestre par an) et le risque que la pyramide ne s’écroule en voulant mettre au jour une plus ancienne). Ils ont retrouvé des céramiques et des métaux précieux, mais ce n’est rien à côté de ce qu’il y avait initialement. En effet, le Pérou a malheureusement beaucoup souffert des Huaqueros, pilleurs de tombe, qui ont sévi lors de la conquête espagnole. Enfin, ce qui a fait les réputations des Mochicas, ce sont les frises polychromes que vous pouvez apprécier sur les photos ci-dessous.

  

  

600 – 1100 : disparition des Mochicas et apparition des Huari, peuple de conquérants qui vont dominer et influencer tout le pays, jusqu’à dans l’architecture

900 – 1470 : naissance de petits états régionaux dont le plus connu est le royaume de Chimu et leur capitale Chan Chan, la plus grande cité d’adobe au monde

Impressionnante, cette ville de 28 km2 et peuplée à l’époque de 60 000 habitants ! Malheureusement, El Nino et ses pluies torrentielles ont tout dévasté sur leur passage. Il ne reste que le complexe Tschudi, seule partie restaurée, avec la cour de cérémonie, la salle d’assemblée dont l’acoustique permet à chacun des participants de se faire clairement entendre depuis sa petite nichette (Cf. photo ci-dessous) et enfin le mausolée abritant la dépouille d’un roi accompagnée par des restes humains sacrifiés et objets cérémoniels. Ils sont assez fans des sacrifices, le plus souvent des enfants en haut de la montagne, haut lieu sacré.

  

  

Les Incas et la conquête espagnole :

1100 – 1200 : émergence de la tribu Inca avec Manco Capac dans la région de Cusco

1438 – 1470 : expansion des Incas, menée par Pachacutec (transformateur de la terre), du sud de la Colombie au centre du Chili (4 500 km de distance) et de la côte péruvienne au nord de l’Argentine en seulement 30 ans ! Cet empire s’appelle Tahuantinsuyu, mot quechua qui signifie « les quatre directions du monde ». Ce qui a motivé cette expansion, c’est que chaque nouvel empereur devait partir à la conquête d’un nouveau territoire. En plus, leur aptitude au commerce et leur capacité à construire des sites incroyables au milieu des montagnes vont faire des Incas le peuple le plus puissant et le plus connu d’Amérique Latine. Au-delà du Machu Picchu, nous avons visité Cusco, capitale de l’empire Inca, entourée de beaucoup de constructions de l’époque. Le plus important est Saqsaywaman, où l’on peut admirer toute leur maitrise de la pierre, matériau sacré pour ce peuple. Pour info, l’une d’elles pèse plus de 300 tonnes ! Et surtout, ce site est célèbre car il fut le théâtre de l’une des plus terrible bataille de la conquête espagnole (les Inca, menés par Manco Inca, utilisèrent ce site pour assiéger les Espagnols dans Cuzco). Le même Pachacutec, qui donna à Cusco la forme d’un puma, conçut ce site comme la tête de l’animal, les 22 murs en zigzag symbolisant les dents. Q’enqo, Pukapukara et Tambomachay sont plus petits, mais tout aussi intéressants. On y voit des canaux taillés dans la pierre afin de recueillir de la chicha ou du sang lors de sacrifices rituels, des représentations de leurs animaux préférés (condor et lama) et enfin un bain cérémoniel ambiance spa avec plein de jets d’eau.

1532 : les conquistadors espagnols, avec, à leur tête, Francisco Pizarro, débarquent au Pérou, tuent Atahualpa, chef des Incas et mettent fin à leur empire, déjà fortement affaibli par des divisions internes

1535 : les Espagnols, peuple de navigateurs, préfèrent Lima à Cusco comme capitale

1824 : indépendance du Pérou initiée par José de San Martin

1879 – 1883 : guerre avec le Chili notamment pour le désert d’Atacama

1911 : découverte des ruines du Machu Picchu par l’historien américain Hiram Bingham

Difficile à croire que pendant plus de 4 siècles, ce site est resté inconnu du monde entier ! Plus incroyable encore, comme il n’y avait pas d’écrit à l’époque (les Incas avaient plusieurs talents, mais pas celui de l’écriture), on ne sait finalement peu de choses de la citée perdue des Incas : qui la construit, à quelle époque, pour quelle fonction ? On suppose qu’elle a été construite milieu du XVième siécle par Pachacutec lors de l’expansion des Incas et servit probablement, par la suite, de refuge lors de la conquête espagnole. En effet, le site est retiré dans la vallée sacrée de l’Urubamba et protégé par les meilleures défenses naturelles qui soient : ravins profonds, montagnes escarpées … La seule façon d’y accéder était par le célèbre Chemin de l’Inca. On aura l’occasion de faire une visite guidée avec pas mal d’infos sur le site et la culture Inca. Toute la beauté du lieu réside dans l’intégration des éléments dans le paysage et le relief des montagnes. En gros, c’est un grand village ou llacta de 5 km2, perché en haut d’une montagne appelée Machu Picchu (« Vieille Montagne » en Quechua). Eh oui, c’est la montagne au départ qui s’appelle comme ça et non le site … avec en face le Huayna Picchu (« Jeune Montagne ») que l’on voit sur toutes les photos. Comme tout llacta, on retrouve les mêmes éléments : des lieux de culte (bains cérémoniels, temple du soleil, tombeau royal, place sacrée …), des lieux sociaux (place centrale), des quartiers résidentiels, des cultures en terrasse … et même des cellules en sous-sol pour les délinquants ! Sinon, les 1000 personnes du site étaient occupées à cultiver leurs terres, faire de la chicha pour les rites religieux, observer le ciel et le soleil avec leur cadran solaire (Intihuatana) et enfin sacrifier de jeunes femmes comme offrande à leur dieu soleil Inti.

Ce qui nous a particulièrement marqué, c’est que :

- les énormes pierres utilisées pour les constructions ne proviennent pas du site. Il a donc fallu une ingénierie très évoluée pour faire monter des blocs de pierre pouvant peser plusieurs tonnes jusqu’au sommet de la montagne

- Il y avait d’autres sites dans la région, tous situés au sommet des montagnes environnantes. Comme il n’y avait pas de système d’écriture (seulement le quipus, message codé sous forme de nœuds de différentes sortes sur des fils de laine servant aux statistiques de l’État), et aussi pour éviter de se déplacer, ils utilisaient des coquillages pour émettre des sons et communiquer d’un site à l’autre

- leurs connaissances de l’astronomie avec des outils super sophistiqués pour l’époque leur permettant de mesurer le temps et prévoir les saisons

- les représentations sous toutes ses formes de leurs animaux mythiques : le serpent symbolisant le monde terrestre, le puma le monde des hommes et enfin le condor le monde supérieur. Par exemple, tout le secteur réservé à la religion a été édifié sous l’apparence d’un puma

Si vous souhaitez voir ce site, dépêchez-vous car une rumeur annonce que ce dernier ne sera plus visitable d’ici 30 ans (pour cause de glissement de terrain dû au trop grand nombre de touristes, en moyenne de 2000/j …)

             

Le Pérou contemporain :

1960 - 1980 : enchainement de coups d’Etat et de dictatures militaires

1980 – 1990 : naissance du « Sendero Luminoso » (Sentier Lumineux), groupe maoïste et terroriste lié aux cartels de la drogue, à l’origine de 60 000 morts et « disparitions »

Lors de notre visite du musée de la Nation, 2 jours après notre arrivée au Pérou, on ne s’attendait pas à voir cela : des photos saisissantes dans le cadre d’un reportage sur le Sentier Lumineux. Amélie avait quelques souvenirs de cette partie de l’histoire péruvienne de ses cours d’espagnol, mais bon, ca fait toujours bizarre de voir la réalité en face ! Son initiateur et « prophète » est Abimaël Guzman, un prof de philo, et les 4 préceptes du mouvement sont :

- Le Pérou est le centre de la révolution mondiale

- Leur leader, Guzman, est la 4ième épée du communisme (après Marx, Lénine et Mao)

- tous les régimes socialistes récents ont trahi la pensée marxiste

- la vraie révolution n’est pas une bataille entre armées mais une lutte visant à détruire toutes les structures du capitalisme

Ca fait froid dans le dos ! (Cf. photo de l’enfant, carabine à l’épaule, fêtant l’anniversaire de Guzman). Comme les Khmers rouges au Cambodge (dixit le Routard), ils veulent réformer le Pérou en revenant au degré zéro : « Non seulement nous voulons arrêter le temps, mais également l’inverser, jusqu’à ce que la page soit de nouveau blanche… ». Ce qui n’arrangea pas les choses, c’est l’émergence d’un autre groupe terroriste révolutionnaire à la même période, mais guévariste : MRTA (Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru) avec lequel ils s‘associeront. Malheureusement, la réaction du gouvernement pour éradiquer ces deux mouvements fut loin d’être exemplaire : ils tuèrent ainsi beaucoup de paysans innocents suspectés de soutenir le mouvement. De plus, ne pouvant défendre toute la population, ils décidèrent d’équiper les populations locales en armes à feu pour leur permettre de se défendre eux-mêmes. Une vraie guerre civile ! Pour rassurer nos parents et les prochains voyageurs du Pérou, il faut savoir que Guzman s’est fait arrêté en 1992, son second Feliciano en 1999, et que la dernière action du MRTA date de 1996 avec une prise d’otages dans l’ambassade japonaise.

  

   

1990-2000 : Alberto Fujimori est élu Président à deux reprises, mais la diffusion d’une vidéo montrant Vladimiro Montesinos, le chef des services secrets, en train de corrompre un parlementaire, sonne la fin de 10 années de pouvoir

2001 : Alejandro Toledo devient le premier président d’origine indienne d’un pays andin avec une investiture au Machu Picchu pour marquer le coup !

2006 : élection à nouveau d’Alan Garcia Pérez qui ruina le pays dans les années 80

3 réponses à to “Nous au Pérou et dans son histoire (16 août)”

  • louis dit :

    Teo,

    Bon retour, tu nous appelles à ton retour pour dej !!!

    Jennifer & Louis
    (tu sais les rescapés de QUALIS …)

  • Zyz dit :

    T’as reconnu Teo qui souffle les bougies, c’est ca ?

  • Swidjé dit :

    Et bah moi j’aime toujours bien ces petits récits teintés d’histoire. Ça me ramène quelques années en arrière, sauf que contrairement à nos livres d’histoires, je connais les gens sur les photos !!!

Laisser un commentaire