décembre 2018
L Ma Me J V S D
« jan    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  
Blog Post

La dernière étape de notre voyage commence. Nous venons de terminer notre mission humanitaire d'un mois à Bariloche (expérience géniale ! ) et faisons cap vers le Sud : Perito Moreno et Torres del Paine avant de remonter doucement vers Buenos Aires.

Pour ce qui est des réactualisations blog, le Pérou est finalisé et la Bolivie est en cours.

A très bientôt,
Amélie et Teo

PostHeaderIcon … Et lowlights (10 sept)

Maintenant, le plus dur arrive … Les lowlights du Pérou !

Que vous dire ? Pourquoi est-ce qu’on a pas aimé le Pérou ?

Serait-ce :

- Le fait d’être arrivés pas mal crevés après 16h de vol de Sydney à Santiago du Chili, puis un petit jour de halte, et un nouveau un vol pris à 4h pour Lima (les nuits sont courtes…) et enfin 2h30 de bus / taxi pour rejoindre le centre ville depuis l’aéroport… sans oublier un décalage horaire record de 14h !

- Les températures trop basses qui nous obligent à porter nos deux polaires matin, midi et soir. Dur dur pour Amélie et le peu d’esprit mode lui restant. Teo sera même surnommé « l’homme kaki »

     

   

- Le coup de fil de la maman d’Amélie qui, alors que nous sortons de notre bus de nuit et sommes contents de quitter Lima et sa brume côtière pour cette charmante petite ville de Trujillo, nous avertit qu’il y a une très forte épidémie de peste…. à Trujillo… ainsi que quelques kilomètres plus hauts, des chauve-souris atteintes de la rage qui attaquent des hommes et enfants. Manque de chance, parmi les diverses catégories de peste pouvant exister, à Trujillo sévit la plus contagieuse : la peste bubonique. Le pire, c’est que, sur place, il n’est fait aucune mention de ses deux événements. Seuls informés de la ville, nous plierons bagage dès le lendemain avec un nouveau bus de nuit… après quand même avoir visité les 2 sites phares de la région : Chan Chan et Hueca del Sol y de la Luna

- L’attitude beaucoup plus réservée et beaucoup moins souriante des Péruviens… Très déconcertant après 3 mois passés en Asie !

- Les commentaires du Lonely qui nous donnent l’impression, qu’à chaque fois que nous mettons le nez dehors, nous risquons de nous faire voler ou agresser. Difficile d’être routards quand tout le monde vous conseille de prendre le taxi officiel (deux fois plus cher) ou de visiter les sites en groupes (de crainte de rencontrer des bandits de grand chemin).

- Les pratiques courantes des compagnies de bus de prendre nos empreintes digitales ou nous filmer, avant que nous montions dans le bus. Et oui, il est connu que les complices des agresseurs de bus sont généralement… dans le bus. Ca rassure, surtout quand on y passe la nuit… le sac accroché aux jambes de peur que des gamins passent en dessous des sièges pour voler les sacs ou son contenu via un cutter bien affûté

- Et du coup, le stress permanent dès que nous sommes avec nos sacs ou retirons de l’argent. Finie la cool attitude de l’Asie, désormais, chacun à son poste : Amélie au distributeur / Teo faisant le guet, Teo récupérant les sacs au cul du bus / Amélie gardant ceux déjà récupérés… Un vrai travail d’équipe. On vous passe tous les conseils que nous donneront les familles rencontrées au passage : ne jamais accepter de nourriture ou de boisson d’un inconnu de peur de se faire endormir et d’être complètement dépouillés, ne pas se laisser avoir par les tentatives de diversion (crachat, tapage sur l‘épaule…), voyager le sac sur ses genoux et jamais à ses pieds ou encore pire dans le compartiment au dessus du siège (compliqué quand vous êtes partis pour 20 heures de bus et que vous avez 4 sacs…)

 

 

- Enfin, le côté très touristique du pays qui rend difficile un vrai échange avec les Péruviens. Quelques exemples : leur goût pour les boletos turisticos comme celui de Cusco (20$) qui n’est économique que si l’on visite la totalité des 16 sites qu’il couvre et sans lequel on ne peut visiter aucun monument. A Cusco, c’est 20$ sinon rien !

Pour être honnêtes, nous ferons attention mais heureusement ne deviendrons pas paranoïaques. Nous prendrons ainsi des compagnies de bus locales et visiterons des sites hors tours organisés sans que cela ne tourne à la catastrophe. Parfois, nous aurons même l’impression que l’insécurité est un peu utilisée par les Péruviens pour cantonner les touristes dans les bus cama et les circuits organisés. Néanmoins, ces avertissements sont quand même à prendre avec attention car d’autres voyageurs nous raconteront certaines histoires pas très rassurantes.

Finalement, ces éléments nous permettront d’en apprendre plus sur nous et sur ce qui est important pour nous dans un voyage : en 1) la météo… pas étonnant pour l’Améteo :-( , en 2) la sécurité permettant de s’aventurer sans risque, et en 3) l’accueil et les échanges que nous pouvons avoir avec les gens du pays.

Au-delà de ces impressions générales, vous l’aurez compris, pas top du tout, nous aurons le coup de grâce avec notre expérience du Machu Picchu. Voulant éviter l’attrape touriste du train qui vous coûte plus de 100$ aller retour ou du trek qui vous coûte plus de 500$, nous tomberons dans une vraie galère. On peut dire que le Machu Picchu, nous l’aurons mérité !

Rien que pour vous, le récit ci-dessous

Après notre trek très réussi dans la Cordillère Blanche, nous repartons tout feu tout flammes, certains que nos déboires du début sont passés. Teo nous concoctera ainsi un petit programme du tonnerre : jour 1 : départ à pied de Cusco pour visiter la vallée sacrée, jour 2 : transfert en bus jusqu’au site du Machu Picchu depuis Ollantaytambo (normalement moins long que depuis Cusco mais tout de même 7-8h) et jour 3 : visite du Machu Picchu, retour en train jusqu’à Ollantaytambo puis retour en bus jusqu’à Cusco.

L’organisation de ce petit programme ne se fera pas sans mal : trois visites à l’office de tourisme pour comprendre quelles possibilités existent pour aller au Machu Picchu sans prendre le train (et oui, pas facile de sortir du circuit) et réservation à l’avance de nos billets de train au Machu Picchu (avec la double bonne nouvelle que les tarifs viennent d’augmenter la semaine passée et que nos horaires sont incompatibles avec les tarifs backpackers de 33$, pas le choix… nous prendrons ceux à 46$… no comment !).

Malheureusement, dès le premier jour, la série des déboires recommence. Alors que nous partons à pied, notre sac de 3 jours sur le dos, une petite pluie fine se fait sentir… Tant pis, on est voyageur ou on l’est pas. Nous continuons certains de notre bonne étoile. Arrivés au premier site, c’est avec un grand sourire que la nana du guichet nous présente les différentes catégories de boleto turistico… à 20 euros chacun (soit notre budget journalier) : catégorie 1 : les sites près de Cusco, catégorie 2 : les sites de la vallée sacrée (Moray, Pisaq…). Dommage, nous avions prévu de faire dans la journée les sites près de Cusco + Pisaq + un autre dénommé las Salinas. Impossible nous dit-elle d’avoir un billet individuel pour Pisaq. Tant pis, nous zapperons ce site :-( Une fois notre boleto turistico catégorie 1 en poche, nous nous retrouvons sur le site de Saqsaywaman (rappelez-vous la bataille sanglante près de Cusco où les Incas ont failli réussir à reprendre le contrôle vs les Espagnols), au milieu de ruines de pierre sans aucune explication… ne serait-ce que pour indiquer le nom de la pierre que nous regardons ou l’endroit qu’elle représente. Autour de nous, des groupes en visite guidée s’arrêtant à différents endroits difficilement discernables pour nous. Un peu déçus par le peu d’information que nous réussirons à obtenir (et oui, ici c’est un guide sinon rien), nous enchainons, sous la pluie, les autres sites qui, de la même façon, ne dispensent aucune information. La seule interaction que nous avons avec les gestionnaires de chaque site, c’est à notre arrivée quand le guichetier se précipite pour nous demander notre… boleto turistico. Sympa ! Pour nous achever encore un petit peu, alors que l’office de tourisme nous avait vendu une petite marche sympa entre les sites, nous nous retrouvons (sous la pluie toujours) à marcher sur une route en lacet, goudronnée, complètement seuls… Nous commençons à nous rappeler les avertissements sur les bandits pouvant sévir… Au bout de 40 minutes sur le goudron, nous nous résignons à prendre un combi jusqu’au site suivant. Il est 11h30 et notre journée est loin d’être terminée… Nous visitons rapidement les deux sites restants et montons dans un bus direction Urubamba. Bien que présenté comme « directo » par son chauffeur, il nous arrêtera sans vergogne à la ville juste avant, Calca, et nous pointera du doigt le combi que nous devons prendre jusqu’à Urubamba. Pas de problème normalement… sauf que là nous sommes pressés. Comme anticipé, après la demi-heure d’attente le temps que le combi se remplisse et les multiples arrêts en chemin, nous arriverons à Urubamba vers 16h. Problème : le site des Salinas ferme à 17h et n’est accessible qu’après 1h de marche ou en taxi… Après cette première journée que nous pouvons qualifier de difficile, nous décidons de ne pas tenter le diable et de rejoindre directement la charmante ville d’Ollantaytambo ; ceci bien sûr, après s’être assurés que le bus pour le Machu Picchu peut se prendre de là-bas. Quelle ne fut donc pas notre surprise quand, prêts à nous installer dans notre guesthouse d‘Ollantaytambo, la gérante nous informe que les billets de bus sont à prendre impérativement à… Urubamba (le bus arrivant généralement plein à Ollantaytambo). Impossible évidemment de réserver une place par téléphone (ce serait trop simple)… Nous voici donc repartis dans le sens inverse : vers Urubamba pour acheter nos billets que nous payerons plus chers que si nous l‘avions pris depuis Cusco… commission du vendeur oblige. Ne pouvant nous permettre de rater le bus et de perdre une journée (cf. billets de train pour le Machu Picchu réservés), nous acceptons ce prix pour touriste et nous dépêchons de trouver une autre guesthouse… Il fait déjà nuit depuis une heure. Vivement demain ! Ou pas… car une journée de bus / combi nous attend.

Sans surprise, le lendemain ne sera pas plus rose. Le programme : prendre le bus à 8h30 à Urubamba jusqu’à Santa Maria (5 heures de trajet), puis un combi de Santa Maria à Santa Teresa puis Hydroelectrica (2 heures) et enfin marche de 2h le long de la ligne de chemin de fer entre Hydroelectrica et Aguas Calientes (la ville de départ pour visiter le Machu Picchu). Notre objectif est simple : arriver à Hydroelectrica avant 16h pour éviter la marche de nuit jusqu‘à Aguas Calientes. Malheureusement, cela sera sans compter sur l’heure de retard du bus en provenance de Cusco ni sur les 2h d’arrêt au milieu des montagnes pour cause de travaux. Pour essayer de gagner du temps, nous quittons le bus et montons dans un combi qui nous emmène directement à Hydroelectrica en… 4-5 heures… bien plus que ce qu’on avait prévu mais l’état de la route à flanc de montagne était malheureusement déplorable. Nous arrivons ainsi à Hydroelectrica à 17h. D’ores et déjà, nous savons que nous devrons marcher de nuit. Heureusement, cette marche le long de la ligne de chemin de fer et à la lumière de nos lampes frontales se passera sans encombre. Nous arrivons crevés à Agua Calientes. Il est 19h, le temps de retirer de l’argent, acheter nos billets d’entrée pour le Machu, trouver une guesthouse, diner, nous doucher et nous coucher. Et oui, le programme du lendemain n’est pas de tout repos : lever à 4h du mat’ pour monter les 1 500 marches qui nous séparent du Machu Picchu et profiter du site avant l’afflux des touristes, visiter le site (cette fois avec guide, histoire d‘avoir au moins une fois les infos qui nous manquent sur les Incas), prendre le train Aguas Calientes-Ollantaytambo à 15h30 puis prendre un bus entre Ollantaytambo et Cusco pour choper notre bus de nuit direction Arequipa à 21h.

Comme prévu, le réveil sonne à 4h et nous passons à 5h15 la ligne de départ des 1 500 marches. Après une montée éreintante (et ce d’autant plus que nous avons nos sacs sur le dos), nous arrivons au site vers 6h15. Certes, à cette heure-là nous évitons la foule des touristes qui arrive directement de Cusco en train mais nous n’évitons pas ceux qui se sont levés à 5h, pris le bus à 5h30 pour arriver tranquillement à 6h au site. Et oui, au Pérou, impossible de zapper les circuits organisés… Nous nous dépêchons ainsi de rentrer (encore une autre montée nous attend) pour prendre THE picture puis redescendons au niveau de l’entrée pour prendre notre petit dej (il est en effet interdit de manger sur le site mais nous serons les seuls à respecter cette interdiction) et trouver un guide… Alors que nous pensions exercer nos qualités de négociateurs, là encore nous nous cassons le nez. Non seulement le tarif n’est pas négociable : 100 pesos pour un guide privé (soit 30 euros), 25 pesos pour groupe de 4-5 personnes, mais surtout personne ne veut être notre guide. Et oui, Teo n’étant pas encore tout à fait bilingue (même si ça vient, si si on vous le jure), nous préférons opter pour une visite de 2h en anglais. Nous patienterons ainsi pendant plus de 30 minutes… sans guide. Au final, nous nous résignerons et Amélie ira piteusement demander à un guide de circuit organisé si nous pouvons nous rajouter à son groupe. Certes nous ne paierons que 15 pesos chacun et aurons notre visite en anglais, mais nous qui voulions profiter du Machu Picchu de manière intimiste, nous nous retrouvons dans un groupe de 30 personnes, avec mamie Jacqueline et la famille Bidochon à suivre notre guide au drapeau blanc. Dur dur… La visite commencera à 8h30, le site est blindé et il y a du brouillard ! No comment… Nous vous laissons apprécier le désastre sur les photos ci-dessous. Au final, si sur le papier ce n’est pas une grande réussite, nous nous en sortirons plutôt bien : le guide était compétent, nous apprendrons enfin toutes ces choses qui nous manquaient sur la culture Inca, et le brouillard se lèvera avant qu’on ne doive partir.

Un petit coup de gueule néanmoins : alors qu’à l’entrée du site, plusieurs interdictions sont énoncées clairement : pas de nourriture, pas de bâton de marche… personne ne les respecte mettant le site encore plus en danger qu’il ne l’est aujourd’hui. Regardez sur les photos les squat pic-nic sur les anciennes terrasses agricoles… ca fait mal au cœur. Du coup, si malgré ce récit, certains persistent à aller voir le Machu Picchu (c’est vrai que sa beauté est impressionnante), faites le rapidement car d’ici 20-30 ans, il sera fortement endommagé par le flot de touristes quotidien.

              

Laisser un commentaire