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La dernière étape de notre voyage commence. Nous venons de terminer notre mission humanitaire d'un mois à Bariloche (expérience géniale ! ) et faisons cap vers le Sud : Perito Moreno et Torres del Paine avant de remonter doucement vers Buenos Aires.

Pour ce qui est des réactualisations blog, le Pérou est finalisé et la Bolivie est en cours.

A très bientôt,
Amélie et Teo

PostHeaderIcon 5 jours dans la Jungle et la Pampa bolivienne (18 sept)

En guise d’introduction à notre aventure dans la jungle, un extrait des consignes de sécurité du routard : « ne jamais s’appuyer, s’asseoir ou mettre la main sans regarder (par ex. le palmier Chonta a des couronnes d’épines tous les 30 cm) ; des insectes redoutables se dissimulent facilement dans un creux telle la fourmi guerrière (2 cm de long et une ½ journée de fièvre intense) ; les araignées, écrasées, projettent des poils urticants ; le pire, c’est les moucherons invisibles qui transforment votre peau en framboise et pour lesquels il faut se rapprocher d’un local en cas de piqûre ; en Europe, on compte 30 espèces de plantes aux 100 ha, dans la selva, plus de 400 ». On a hâte ! 

Mais avant de goûter aux joies de la selva, il nous a fallu passer par l’épreuve des 20 heures de bus pour rejoindre Rurrenabaque, point de départ de toutes les expéditions. Ce fut un des transferts les plus folkloriques de notre voyage… parce que : 

1) Si nous étions rassurés de ne pas emprunter la « Route de la Mort » (aujourd’hui fermée à la circulation, elle comptait une moyenne de 26 sorties de route/an), nous serons vite déçus par la route utilisée : sa vraie sœur jumelle (virage à 180°, pas de barrière de sécurité, précipices de plusieurs centaines de mètres, impossibilité de passer à deux véhicules à plusieurs endroits d’où plusieurs marches arrière du bus plus que sportives) 

2) Parce qu’ici, pas de WC à bord, et des arrêts pipi transformant en quelques minutes les champs alentours en toilettes géantes. Mieux vaut ne pas être pudique : plusieurs fois, Amélie se cherchera un coin tranquille (derrière un arbre ou une voiture) mais sera vite rejointe par 2-3 choletas pressées de se soulager… No comment : seule issue, terminer le plus vite possible ! 

3) Parce que nous nous retrouverons pile poil sous la seule enceinte du bus fonctionnant à plein volume. Alors que Teo, des vibrations plein la tête, ira demander au chauffeur de baisser le volume, il sera pris d’assaut par les autres voyageurs criant « Musica, Musica ! » Nous passerons donc la moitié du voyage avec de la musique andine « plein les oreilles ». 

4) Parce que la qualité de la route et des amortisseurs te font littéralement décoller de ton siège, dur dur de trouver le sommeil dans ces conditions ! 

5) Parce qu’au-delà du manque de place et des pleurs de bébés, un chien décidera de se soulager dans l’allée centrale en plein milieu de la nuit… On ne vous raconte pas l’odeur ! 

6) Parce qu’ici, pas de comptage des passagers et il est courant que le bus reparte en oubliant l’un d’entre eux. Nous passerons ainsi tous les stops les yeux rivés sur le chauffeur ; ce qui n’empêchera pas l’étourderie d’Amélie qui, descendue rapidos se chercher un paquet de chips sans prévenir le chauffeur, se retrouvera à sprinter à côté du bus, parti sans elle… 

Vingt heures plus tard (soit vers 7h du mat), nous arriverons à bon port à Rurrenabaque et passerons l’après midi à faire le benchmark des agences de la ville. Nous hésiterons longtemps entre une expérience commerciale et une expérience d’écotourisme communautaire mais les offres d’écotourisme nous sembleront trop loin de ce que nous avions pu vivre en Birmanie (souvenez-vous, le trek de Kalaw avec Sam). Du coup, nous choisirons Fluvial Tours, l’agence commerciale par excellence avec son boss sorti tout droit de « La vérité si je mens », pour nos deux jours de jungle et trois jours de pampa. 

La jungle

L’action se passe dans le parc national de Madidi (à l’ouest de Rurrenabaque), où l’on peut voir plus de 1 000 espèces d’oiseaux différentes, des singes, des porcs sauvages, des mygales et bien sûr des moustiques et des insectes de forme & couleur inédites.

Pour rejoindre le camp, il faut compter 3h de canoë sur le rio Beni dont le niveau d’eau nous fait descendre de notre embarcation pour pousser…Et oui, on est à la fin de la saison sèche. Pas de soucis ! Tout le monde s’y met et il y a déjà une bonne ambiance qui se crée dans le groupe, composé de … Belges et Français (pas très dépaysant !). Les premiers sont un couple de jeunes cools de notre âge en tour du monde accompagnés des parents du mec venus les rejoindre… au grand désespoir de la fille pour… un mois. Les trois autres sont deux cousines d’une 20ne d’années en voyage depuis 2 mois dont l’une d’elle aura plus que sympathisé avec l’autre Français. Bref, en tout, nous sommes neuf et ça fait beaucoup pour un seul canoë. Nous arriverons malgré tout à bon port pour l’heure du déjeuner. Comme tous les autres repas, il sera excellent et varié avec plein de légumes bien de chez nous (purée, brocolis, petit pois, hummm ca faisait longtemps !). 

L’activité de l’après midi est une « walk » de trois heures dans la jungle dont les moments forts seront : le passage au dessus d’un cours d’eau en équilibre sur un tronc d’arbre (on n’avait pas vu la perche facilitant grandement les choses), notre première rencontre avec un animal au nom inconnu (à mi-chemin entre le tapir et l’opossum) et la rencontre avec un troupeau dévastateur et plus qu’odorant de porcs sauvages. Le soir rebelote avec une « walk » de 45 minutes, cette fois-ci dans la nuit à la recherche de … mygales (ou tarantula en anglais). Nous verrons ainsi une vingtaine d’araignées, toutes plus grosses et colorées les unes que les autres et surtout deux grosses mygales sorties de leur terrier par notre guide bien téméraire. On est content d’avoir des lits à moustiquaire à notre retour ! 

Le lendemain, nous enchainons par une activité artisanale : réaliser des bijoux à partir de noix de coco. Etonnamment, les processus de fabrication sont très simples. Exemple pour une bague : découpage dans le sens de la longueur de la noix de coco, ponçage au papier de verre, polissage sur une pierre avec de l’eau puis sur la terre et enfin dans le creux de la main pour la faire briller. Nous nous en ferons chacun une, que vous pourrez admirer à notre retour:) 

En début d’après midi, retour à la case départ, pour reprendre des forces avant notre trip pampa.

                  

La Pampa

 Le lendemain, rendez-vous à 8h30 où l’on retrouve le responsable de l’agence toujours aussi speed et limite déçu de notre bonne organisation : il nous demandera toutes les 5 minutes si nous n’avons pas oublié notre bouteille d’eau, notre lampe frontale… Et non, nous sommes maintenant des habitués ! Avant même de monter dans le 4×4, nous découvrons l’un des couples de notre nouveau groupe en train de râler contre notre pauvre pote de l’agence. La raison est qu’apparemment ce dernier ne les a pas prévenus de prévoir une bouteille d’eau pour la journée (pour info, 0,50€). Nous le verrons ainsi crier « bad service » dans tous les sens. Ca commence bien ! Puis vient l’épreuve du 4×4, à neuf une nouvelle fois, assis sur des bancs dans le compartiment arrière. Ca secoue très très fort, il y a beaucoup de poussière, notre couple (danois) est en panique ! Pour les achever encore un peu plus, nous déjeunons dans un petit restau local en compagnie d’un porc-épic géant installé sous notre table. Marrant ! Le voyage continue par 3 heures de canoë. Et là, ce qui se passe est juste hallucinant : nous croisons une centaine d’alligators de 50 cm à 3m, dont certains à moins de 2 mètres de nous. L’Australie nous a appris à être extrêmement vigilants avec ces reptiles, et là, nous voilà presque en train de les caresser. La raison est simple : à la différence des crocodiles (présents en Australie) qui sont une espèce dangereuse pour l’homme, notre guide nous affirme que les alligators sont parfaitement inoffensifs. Et très vite, il faudra le croire sur parole car quand notre canoë s’embourbera dans la rivière ( à 6 reprises), il faudra, une nouvelle fois, pousser. On doit avouer que la première fois, on a hésité à descendre… Mais bon, pas le choix !

L‘autre animal très populaire sur la berge est le capybara, qui est juste le plus gros rongeur du monde ! Enfin, nous aurons la chance d’observer 5-6 dauphins roses (on vous jure que l‘on n’a pas fumé !), et bien entendu tous les autres animaux habituels de la région : singes, oiseaux, tortues..etc..; Et oui, la sécheresse est telle que tous se concentrent autour du rio pour survivre. So sad !

Arrivés au camp, plus confort que celui de la jungle (chambre double, hamacs avec vue sur le rio…), on profite du diner pour discuter avec chacune des personnes de notre groupe. Et là, c’est le drame ! On avait déjà quelques doutes sur leur côté rabat-joie (cf. le couple danois), mais ce dernier se confirmera tout au long du repas. A part une Autrichienne bon esprit et un Espagnol discret, le couple danois, un couple anglais et une allemande ne cessent de critiquer dans ces moindres détails les prestations de l’agence. Depuis le manque d’eau, à l’absence de confort des chambres, en passant par le guide. Tout y passe ! Ils en viennent même à se plaindre des moustiques et de la chaleur : surprenant dans la pampa !? A ce niveau là, ces trois jours seront terribles car leurs remarques gâchent en partie notre plaisir à chasser l’anaconda ou pêcher le piranha. Surtout qu’à cela, s’ajoute l’attitude égoïste des deux couples à toujours vouloir la meilleure place dans le canoë (celle de devant) et dans le 4×4 (celle loin des roues et de la poussière). Pour cela, toutes les excuses sont bonnes pour monter les derniers et occuper la place tant convoitée : prendre une photo de groupe, aller aux toilettes à la dernière minute, et même jouer la carte de la galanterie avec la technique du « après-vous ». Si notre initiation au bouddhisme nous a appris à garder notre sang-froid, il faut avouer, surtout pour Amélie, qu’il était parfois difficile de ne pas craquer. Notre compassion, mise à rude épreuve, nous amènera à penser qu’ils n’étaient tout simplement pas prêts à voyager…du moins dans un pays comme la Bolivie.

Malgré cette ambiance un peu relou, nous garderons des supers souvenirs de ce trip. Les big kiffs seront : le rio et ses colonies d’alligators, les levers et couchers de soleil si uniques dans la pampa, l’apéro bière dans les hamacs avec le rituel de l’offrande à la Pachamama, la Terre-Mère (à chaque nouvelle bouteille, il faut verser quelques gouttes de bière sur le sol), et enfin le retour de Rurre à la Paz en moins d’une heure en avion. Au retour de la Pampa, le 4×4 nous a déposés directement à l’aéroport… ou plutôt à la piste de décollage pour prendre un coucou, à notre grande surprise, relativement moderne. En moins de 45 minutes, nous gagnerons plus de 3000 m d’altitude et perdrons près de 15 degrés. C’est ça la Bolivie : une terre de constrastes !

   

   

   

   

   

   

    

                     

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