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La dernière étape de notre voyage commence. Nous venons de terminer notre mission humanitaire d'un mois à Bariloche (expérience géniale ! ) et faisons cap vers le Sud : Perito Moreno et Torres del Paine avant de remonter doucement vers Buenos Aires.

Pour ce qui est des réactualisations blog, le Pérou est finalisé et la Bolivie est en cours.

A très bientôt,
Amélie et Teo

PostHeaderIcon Notre Wwoofing chez Anke & Dieter (25 Sept)

 Après notre expérience des 20 heures de bus sur la route de la mort (pas la vraie mais quand même…), les moustiques, les mygales et les alligators de Rurrenabaque, nous voici fin prêts pour notre expérience wwoofing à Santa Rosa, petite ville à 150 kms au nord de Santa Cruz, chez Dieter et Anke. On est dans l’est de la Bolivie : fini l’altiplano et les choletas de la Paz. Ici, c’est plus ambiance Monte (comprenez forêt), Pampa et terres agricoles ! Nous avons prévu d’y rester une dizaine de jours tellement les commentaires sur les autres blogs sont élogieux et notre expérience sera à la hauteur de nos attentes.

Qu’est-ce que le wwoofing nous direz-vous ? Wwoofing provient de WWOOF qui signifie World Wide Opportunities on Organic Farms ou Willing Workers On Organic Farms. C’est une façon de mettre en relation des voyageurs désirant découvrir un pays de l’intérieur à moindre coût avec une communauté de fermes biologiques locales à la recherche de volontaires. Sont qualifiées de fermes biologiques celles qui n’utilisent pas de produits chimiques et pratiquent la diversification des cultures pour ne pas épuiser la terre. Généralement, l’hébergement et la nourriture sont offerts en échange du travail.

Nous arriverons à Santa Rosa sans encombre après nos 18 heures de bus de nuit depuis la Paz et un taxi partagé. Déposés dans la rue principale, nous demanderons la quinta de Anke. « Tout le monde me connait » nous avait indiqué cette dernière. En effet, en mois de 10 minutes, nous voici qui débarquons dans la quinta qui deviendra notre fabuleuse maison.

Nous y attendent Anke, propriétaire des lieux avec un dynamisme à déplacer des montagnes, et Anja, autre woofeuse allemande arrivée depuis une semaine. Dieter, lui, nous rejoindra le soir : il est actuellement à Juan Deriba, leur propriété de 700 hectares à 4 kms de là où il s’occupe de ses 200 vaches, brebis, chevaux… en compagnie de Don Ignacio, Don Pepe, Don Juan… les employés de la quinta avec qui nous aurons l’occasion de passer beaucoup de temps.

La présentation du lieu nous mettra direct dans l’ambiance : una cabana rien que pour nous avec lit et hamac, une ducha de lujo (comprenez douche froide en plein air) à quelques mètres de là, deux cuisines : une pour nous, une pour eux, Irene : cuisinière qui nous fera des bons petits plats à base des légumes du jardin et Michael : jeune du village travaillant à l’occasion dans la quinta pour se faire un peu d’argent. Les règles de base de notre intervention sont simples : travailler de 7h30 à 12h en échange de l’hébergement et du petit déjeuner. Pour 15 bolivianos en plus (soit 1,50€), nous avons droit aux repas divins préparés par Irene le midi et accès à leur frigo pour nous préparer quelque chose le soir. En grands cuisiniers que nous sommes, nous prenons bien entendu l’option des 15 bolivianos… Et cela sera sans regret…

  

Nos premières minutes seront là encore bien folkloriques. Voulant nous rendre utiles, nous proposons, une fois nos bagages installés dans notre cuarto, d’aider Michael à récolter les oranges et les citrons du jardin pour faire des jus de fruit frais (refrescos en bolivien). Tout feu tout flammes, nous voilà qui grimpons dans les arbres pour en récolter le maximum possible. Malheureusement, Teo avait quelque peu passé à la trappe les avertissements du jeune Michael sur les abeilles au fond du jardin. Et c’est ainsi qu’alors que nous sommes perchés dans l’arbre… au fond du jardin, nous commençons à nous faire attaquer par trois d’entre elles. Nous nous en sortirons par deux grosses piqûres pour Amélie + une petite honte devant Michael qui nous affirmera avec son grand sourire : je vous avais prévenus… Heureusement, dans les jours qui suivront, nous nous en sortirons bien mieux… Et pourtant les missions attribuées n’étaient pas des plus simples.

Pour Teo :

- Creuser un lac dans le champ derrière la maison afin de garder l’eau de la saison des pluies le plus longtemps possible. Pas de problème a priori sauf qu’il fait un soleil de plomb et que le taux d’humidité est à son maximum.

 

- Construire le système d’irrigation qui va avec sous les directives de Don Ignacio. Si, si vous avez bien entendu, système d’irrigation… qui osera dire maintenant que Teo n’est pas bricoleur….

- Aller récolter dans une propriété voisine (à 45 min de là) des plants de canne à sucre pour les planter dans le jardin d’Anke. Cette mission sera surement sa préférée : entre le moyen de locomotion utilisé (une jeep ayant brulée l’année passée mais qui fonctionne on ne sait comment), la pause empanadas / chicha, le découpage des plants de canne à sucre à la machette et le détail des querelles de voisinage de leur hôte (« il m’a tué un cochon donc du coup je lui ai tué son âne… »), il se sent à 10 000 lieues de la France et en plein cœur de la Bolivie

- Débroussailler, tout seul, un champ de la taille d’un terrain de football surveillé par Dieter sur son tracteur. Cette mission sera, on peut le dire, la pire car 4 heures tout seul à débroussailler (toujours sous le même soleil de plomb), ça parait long !

- Aider à “fumigar” et “vacunar” las vacas (comprenez fumigation contre les tiques et vaccination des vaches). Dommage pour lui, il avait choisi ce jour là un tee shirt rouge qui effrayera ces dernières alors que son rôle était justement de les immobiliser… No comment !

  

Pour Amélie :

- S’occuper de la huerta d’Anke en compagnie de Don Ignacio : comprenez planter des tomates, du paprika (et au passage manger les acerola du jardin bourrées de vitamine C), les arroser, les arroser, les arroser (et oui, dur dur de maintenir un jardin pendant la saison sèche) et nourrir la terre à coup de brouettes de « compost » (on est dans une ferme organique, pas de pesticide autorisé mais des engrais 100% naturels !)

- Aller en vélo jusqu’à leur propriété Juan Deriba pour traire les vaches à la main (pas facile facile quand on n’a pas la technique) et utiliser le lait récolté pour faire du fromage en mode artisanal. Ce sera un peu la honte car alors que Dieter est capable d’extraire un litre de lait en moins de 5 minutes, elle ne dépassera pas les 10 cl… Heureusement que Dieter est compréhensif….et qu’Amélie se rattrapera sur la fabrication de fromage…

- Aider Irene et ses deux assistants en chef (Lisa et Carlitos) à cuisiner : faire du café à base de grains de café du jardin, du chutney à base des mangues du jardin, des yaourts à base du lait des vaches de la propriété, des tortillas à base des œufs du poulailler… Bref un vrai régal !

   

- S’occuper des chevaux, grand amour d’Anke : les nourrir les matins vers 6h30 (et oui, le réveil est matinal) et les laver une fois la journée de travail fini. Nous aurons Duke (le bel étalon blanc que nous aurons l’occasion de voir en action… Impressionnant !), Primavera (jeune jument de 3 ans acquise récemment), et toutes les juments amenées par le voisinage pour assurer la descendance de Duke…

- Et comme Teo, la fameuse tache ingrate du débroussaillage… Heureusement, la machette est là pour rendre l’activité folklorique et le but de l’activité plus que motivant : nous protéger des serpents et des scorpions !

Toutes ces activités seront pour nous l’occasion de beaucoup de fous rires mais aussi de beaucoup de travail. Heureusement que nous aurons, pour nous aider, Irene et Don Ignacio :

- Irene avec ses somptueux gâteaux pour la pause de 10 heures (au chocolat, à la carotte..), ses jus de fruits frais (orange, citron, “bi”), son café et ses déjeuners 100% maison

- Don Ignacio qui nous initiera très vite au rythme bolivien : « qué ora es ? Oh, estamos muy cerca del recreo… », « despacio, despacio, no debes cansarte »

Les après midi seront au contraire à la cool : siesta, ducha, lecture bien installés dans les hamacs, balade à Juan Deriba, consultation d’internet dans la bibliothèque locale construite par Anke grâce à des donations reçues.

Mais, nos moments préférés seront sans aucun doute, les dimanche matin où nous partons tous à cheval explorer la propriété et vérifier que tout est en ordre. Chacun aura son cheval : Primavera pour Amélie, Salto pour Teo et Osco pour Anya. Chacun avec ses petits challenges :

- Primavera, jeune, n’est pas habituée à être montée et du coup ne répond pas toujours à 100% aux ordres donnés (surtout dans les moments difficiles tels que la traversée d’une rivière…)

- Osco est pour ainsi dire têtu et le chef de la bande. Il lui faut quelqu’un de plutôt autoritaire….

- Salto est juste un filou qui s’arrête dès qu’il peut pour manger, ce qui fera beaucoup rire Teo

  

  

Nous aimerons tellement ces sorties à cheval que nous tenterons une sortie en solo un jeudi après midi. Vraiment cools, Dieter et Anke nous laisseront partir avec un plan de la propriété des 700 ha sur un morceau de carton de 10 cm2. Pas facile de se repérer. Mais nous y arriverons, à peu près…. Cependant, après 45 minutes à suivre le plan avec minutie, un Osco « un poquito asustado » (énervé… ce dernier préférant paître tranquille et en liberté plutôt que de promener trois Européens novices…), la traversée d’un troupeau de 100 vaches et taureaux nous regardant droit dans les yeux, un chien de chasseur perdu dans la propriété et à nos trousses et finalement le sentier bloqué par deux autres chevaux (jamais de très bonne augure…), nous rebrousserons chemin un peu piteux mais rassurés que tout se soit bien passé…

  

Au-delà de tout ce que nous apprendrons sur la nature et le fonctionnement d’une ferme organique en Bolivie, ces jours passés seront pour nous l’occasion d’apprendre énormément sur le pays. Dieter et Anke, installés en Bolivie depuis plus de 20 ans, sont en effet intarissables sur le sujet :

- Le danger très fort pesant sur la forêt amazonienne détruite à coups d’incendies volontaires. Si la loi interdit normalement ces incendies, personne n’est jamais arrêté pour ces derniers. L’enjeu économique est en effet très important car les terres une fois défrichées sont utilisées pour les cultures de soja destinées à l’exportation mais également pour des cultures bien plus illicites (pour plus de détails, voir les bonnes résolutions d’Amélie sur la Bolivie)

- Les doutes sur le régime en place et certaines de ses lois pouvant paraître bien autoritaires

- La difficulté pour les organisations d’aide internationale de mettre en œuvre des programmes avec un impact réel pour les plus pauvres. Bien souvent, les coordinateurs locaux s’enfuyant avec l’argent laissant le projet en plan…

- Le problème de l’alcoolisme très fortement répandu et la difficulté de monter une entreprise vu le taux d’absentéisme et un rythme de travail plus que relax

- La difficulté pour les « petites gens » de faire valoir leurs droits et leurs intérêts tellement la corruption et la culture du pot de vin est importante. Un exemple ahurissant pour nous Européens : la Poste. Ici, tous les colis sont ouverts et fouillés. Seules les cartes postales sont sans danger. Heureusement pour nous car nous avions choisi la Bolivie pour envoyer notre quarantaine de cartes postales. Cela aurait été dommage !

- La culture de la non-dénonciation qui laisse souvent impunis de nombreux délits. « Tout le monde sait mais personne ne dit rien »

Bref, cette expérience wwoofing restera gravée dans nos mémoires pour plein de raisons. Et ceci sans vous parler de la raquette tueuse de moustique (un vrai délice quand vous en avez dix autour de vous), de Don Mario (guérisseur local surnommé Matasanos par Anke qui viendra squatter la quinta et les bons repas d’Irene pendant 3 jours… le temps de prodiguer ses remèdes bidons et surtout glander toute la journée pendant que tout le monde bosse sous un soleil de plomb), du serpent nageant tranquilou dans le fond de la douche (« ne vous inquiétez pas, il n‘est pas mortel, par contre celui dans la fosse à droite du jardin est lui très dangereux. Faites attention ! »), de la salle de bain utilisée comme attrape-moustique (dommage pour Teo qui fera l‘erreur, une fois mais pas deux, d‘aller y prendre sa douche pour éviter la douche en plein air… comme quoi le confort est bien relatif !) et, nous gardons le meilleur pour la fin, de Lucky et la Luna (les deux chiens berger-allemand, si amicaux la journée et si agressifs la nuit…. Amélie s’en sortira de justesse à plusieurs reprises…)

  

Nous partirons après 10 jours bien émus de toutes ces aventures. Malheureusement, le temps passe vite… Nous avons à peine une semaine pour visiter Sucre, Potosi et surtout le Salar avant de foncer vers la Patagonie argentine pour notre mission humanitaire à Bariloche…

        

      

  

2 réponses à to “Notre Wwoofing chez Anke & Dieter (25 Sept)”

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