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La dernière étape de notre voyage commence. Nous venons de terminer notre mission humanitaire d'un mois à Bariloche (expérience géniale ! ) et faisons cap vers le Sud : Perito Moreno et Torres del Paine avant de remonter doucement vers Buenos Aires.

Pour ce qui est des réactualisations blog, le Pérou est finalisé et la Bolivie est en cours.

A très bientôt,
Amélie et Teo

PostHeaderIcon Highlights et… (10 sept)

Dans les deux articles qui suivent, nous avons décidé de vous présenter nos highlights et nos lowlights du Pérou. Pourquoi ? Parce que, pour être honnêtes, nous n’avons pas été enchantés par ce pays. Et oui, on peut dire que c’était notre plus grande attente, mais que finalement ce sera notre plus grande déception.

Au moins, cela permet de relativiser et cela nous montrera à quel point nos expériences dans les pays d’avant nous ont plu. Vous l’aurez compris, pour nous le Pérou n’est pas le pays que l’on vous conseillerait de visiter en premier. Maintenant, c’est notre expérience personnelle… qui n’engage que nous… (et quand même pas mal de voyageurs croisés en chemin). Mais nous avons quand même vu des sites impressionnants et vécu des expériences intéressantes.

Le 1er est le musée de la coca à Cusco.

Ce qu’il faut savoir, c’est que la grande majorité des Péruviens mâche des feuilles de coca pour vaincre certains maux comme le mal de l’altitude (plus pour les touristes), la faim ou le coup de pompe. Pour la petite histoire, la plante est cultivée depuis plus de 5000 ans et servait à l’époque soit de remède, soit d’offrande aux dieux tels que la Pachamama (la Terre Mère). Preuve en est : les diverses céramiques et objets religieux du musée représentant des visages avec une chique de coca dans la bouche (cf. photo). C’est dire la popularité de la plante ! Malheureusement par la suite, elle a  été beaucoup utilisée par les Indiens lors de travaux éreintants, notamment dans les mines. Encore aujourd’hui, les mineurs, ou même les chauffeurs de bus, en mâchent pour enchainer les heures de travail et de route. Mais le musée ne s’arrête pas là car, bien entendu, pour beaucoup, coca ne va pas sans cocaïne. Il dénonce ainsi le paradoxe des pays occidentaux qui sont les créateurs de la cocaïne (Albert Niemann, chimiste allemand, a le premier isolé la cocaïne à partir de feuilles de coca en 1859) et ses plus grands consommateurs (à ce titre, on peut voir les confidences d’anciennes et nouvelles stars du show business accros comme Whitney Houston ou Amy Winehouse), mais qui en même temps exigent, sans compromis aucun, l’éradication des cultures de coca. Les Américains en sont même arrivés à arroser les plantations via des canadairs pour les détruire à coups de pesticides. No comment !… Au-delà de la perte, par les communautés locales, de leurs plantations (et donc de leur gagne-pain), il y a le problème des effets nocifs de ces produits sur l’écosystème et la santé de la population. Nous serons ainsi touchés par la phrase de Nancy Obregon (membre du gouvernement péruvien) : “el gran flagelo del mundo est narcotrafico, pero para Peru, Bolivia, Ecuador y Colombia, el mayor flagelo est hambre”. Surtout que la hoja de coca est à la base de nombre de produits de consommation locale (pour le coup inoffensifs) : mate de coca, chewing gum de coca, caramelo de coca… Sans oublier le fameux Coca-Cola !

Bref, on n’a pas fini d’en entendre parler, mais l’Ameteo le dit haut et fort : “Coca yes, Cocaïne no !”

  

  

La 2ème attraction qui nous a plu, ce sont las islas Ballestas (appelées communément les Galapagos du pauvre).

Situées près de Pisco, à 200 km au sud de Lima, elles sont le lieu de résidence de plein d’animaux : pélicans, cormorans, manchots, lions de mer… Trop mignon ! On se croirait dans un vrai documentaire animalier tourné au pôle nord ! Seul bémol : la menace permanente de la fiente d’oiseau qui peut vous arriver dessus… Petite note culturelle à ce sujet : les déjections de ces immenses colonies d’oiseaux peuvent atteindre par endroit 50 mètres d’épaisseur et constituaient, au milieu du XIXème siècle, le premier produit d’exportation du Pérou (el Guano, célèbre pour ses propriétés fertilisantes). Enfin, avant d’arriver près des iles, on longe la côte, où l’on peut voir un géoglyphe (dessin géant de 150 m de haut tracé sur la colline ayant la forme d’un candélabre) comme il y en à Nazca. On ne sait toujours pas aujourd’hui son origine, ni même sa signification, mais les théories abondent …

   

    

   

  

Notre meilleur souvenir du Pérou sera le trekking de Santa Cruz dans la Cordillera Blanca. Grandiose avec ses paysages de lacs émeraude, en contraste avec le blanc des pics enneigés. On y voit même le Nevado Alpamayo (5 947m), qualifié autrefois de plus belle montagne du  monde. Rien que ça ! Rassurez-vous, nous n’irons qu’4 760m pour passer le col de Punta Union, mais cela sera largement suffisant pour nos petits poumons d’occidentaux. Pour tout vous avouer, nous avions hésité à le faire en solo : et oui, après nos expériences camping de l’Australie, nous nous sentons prêts à le tenter en altitude. Heureusement, au dernier moment, nous opterons pour l’agence car le différentiel de prix était très faible : en effet, passer le col avec nos sacs, une tente, des sacs de couchage et notre bouffe de 4 jours sur le dos aurait été loin d’être facile ! Ca sera pour une prochaine fois … Néanmoins, ce trekking sera, tout de même, notre première fois en tente à cette altitude. Nous pouvons dire que nous passerons cette étape avec succès… en partie grâce à Amélie qui avait bien joué le coup en demandant des sacs de couchage supplémentaires, alors que l’on avait les nôtres ! Ok, c’est de la triche, mais tellement indispensable quand il gèle dehors ! Finalement, ce que l’on retiendra de cette expérience, c’est 1) la super ambiance du groupe avec que des jeunes (Teo sera le plus vieux !) venant des 4 coins du monde dont un allemand très bavard qui animera nos soirées et 2) tous les animaux « domestiques » (chiens et mules) qui nous ont accompagnés et bien faire rire tout au long de notre parcours.

                     

  

  

  

  

  

PostHeaderIcon La transformation de Teo (30 août)

PostHeaderIcon Nous au Pérou et dans son histoire (16 août)

Pour le Pérou, l’Ameteo va tenter l’impossible… Le récapitulatif de notre voyage organisé selon les dates clés de l’histoire du pays. Finis les « on a fait ci, on a fait ça ». Place à nos aventures en lien avec l’histoire du Pérou. C’est un pari, vous nous direz si ça vous a plu ou si c’était juste hyper relou à lire…

C’est parti !

Les peuples précolombiens :

-20 000 av JC : arrivée des hommes dans le nouveau monde par le détroit de Béring

-12 000 av JC : les grottes de Pikimachay, près d’Ayacucho, abritent des chasseurs-cueilleurs nomades

-4 000 av JC : l’agriculture voit le jour près des côtes (pommes de terre, haricots, piments, coton …) avec la domestication du lama, de l’alpaga (presque pareil que le lama) et du cochon d’inde

  

-2 000 av JC : « Période initiale » : c’est l’apparition des céramiques et des cultures en terrasses dans les hauts plateaux (l’Altiplano pour les experts)

-1 000 – 300 av JC : « Période de l’Horizon Ancien » avec l’émergence de phénomènes artistiques et religieux dans tout le pays. On découvre les premières représentations de tête de félin (jaguar ou puma). On en verra des tonnes par la suite !

-300 av JC – 800 : développement de différentes « tribus » avec leur propre culture : les Paracas (sud de Lima) connus pour leurs textiles de coton et de laine, les Nazcas pour leurs géoglyphes (Lignes de Nazca : gigantesques et énigmatiques dessins tracés dans le désert qui ne sont visibles que depuis un avion : pas fait car trop touristique) et enfin les Mochicas célèbres pour leurs pyramides « Hueca del Sol y de la Luna » ; deux pyramides que l’on a beaucoup aimées !

Ce fut une de nos premières visites culturelles au Pérou et certainement l’une des meilleures car ces deux pyramides, perdues dans le désert, abritent en fait de plus petites pyramides réalisées pendant les générations précédentes. Le principe est qu’après chaque règne, les Mochicas construisaient une nouvelle pyramide recouvrant l’ancienne. Aujourd’hui, des archéologues viennent donc du monde entier pour réaliser des fouilles et en savoir plus sur la culture Mochicas. Leurs deux principales contraintes sont l’argent (les fonds ne permettent de travailler qu’un trimestre par an) et le risque que la pyramide ne s’écroule en voulant mettre au jour une plus ancienne). Ils ont retrouvé des céramiques et des métaux précieux, mais ce n’est rien à côté de ce qu’il y avait initialement. En effet, le Pérou a malheureusement beaucoup souffert des Huaqueros, pilleurs de tombe, qui ont sévi lors de la conquête espagnole. Enfin, ce qui a fait les réputations des Mochicas, ce sont les frises polychromes que vous pouvez apprécier sur les photos ci-dessous.

  

  

600 – 1100 : disparition des Mochicas et apparition des Huari, peuple de conquérants qui vont dominer et influencer tout le pays, jusqu’à dans l’architecture

900 – 1470 : naissance de petits états régionaux dont le plus connu est le royaume de Chimu et leur capitale Chan Chan, la plus grande cité d’adobe au monde

Impressionnante, cette ville de 28 km2 et peuplée à l’époque de 60 000 habitants ! Malheureusement, El Nino et ses pluies torrentielles ont tout dévasté sur leur passage. Il ne reste que le complexe Tschudi, seule partie restaurée, avec la cour de cérémonie, la salle d’assemblée dont l’acoustique permet à chacun des participants de se faire clairement entendre depuis sa petite nichette (Cf. photo ci-dessous) et enfin le mausolée abritant la dépouille d’un roi accompagnée par des restes humains sacrifiés et objets cérémoniels. Ils sont assez fans des sacrifices, le plus souvent des enfants en haut de la montagne, haut lieu sacré.

  

  

Les Incas et la conquête espagnole :

1100 – 1200 : émergence de la tribu Inca avec Manco Capac dans la région de Cusco

1438 – 1470 : expansion des Incas, menée par Pachacutec (transformateur de la terre), du sud de la Colombie au centre du Chili (4 500 km de distance) et de la côte péruvienne au nord de l’Argentine en seulement 30 ans ! Cet empire s’appelle Tahuantinsuyu, mot quechua qui signifie « les quatre directions du monde ». Ce qui a motivé cette expansion, c’est que chaque nouvel empereur devait partir à la conquête d’un nouveau territoire. En plus, leur aptitude au commerce et leur capacité à construire des sites incroyables au milieu des montagnes vont faire des Incas le peuple le plus puissant et le plus connu d’Amérique Latine. Au-delà du Machu Picchu, nous avons visité Cusco, capitale de l’empire Inca, entourée de beaucoup de constructions de l’époque. Le plus important est Saqsaywaman, où l’on peut admirer toute leur maitrise de la pierre, matériau sacré pour ce peuple. Pour info, l’une d’elles pèse plus de 300 tonnes ! Et surtout, ce site est célèbre car il fut le théâtre de l’une des plus terrible bataille de la conquête espagnole (les Inca, menés par Manco Inca, utilisèrent ce site pour assiéger les Espagnols dans Cuzco). Le même Pachacutec, qui donna à Cusco la forme d’un puma, conçut ce site comme la tête de l’animal, les 22 murs en zigzag symbolisant les dents. Q’enqo, Pukapukara et Tambomachay sont plus petits, mais tout aussi intéressants. On y voit des canaux taillés dans la pierre afin de recueillir de la chicha ou du sang lors de sacrifices rituels, des représentations de leurs animaux préférés (condor et lama) et enfin un bain cérémoniel ambiance spa avec plein de jets d’eau.

1532 : les conquistadors espagnols, avec, à leur tête, Francisco Pizarro, débarquent au Pérou, tuent Atahualpa, chef des Incas et mettent fin à leur empire, déjà fortement affaibli par des divisions internes

1535 : les Espagnols, peuple de navigateurs, préfèrent Lima à Cusco comme capitale

1824 : indépendance du Pérou initiée par José de San Martin

1879 – 1883 : guerre avec le Chili notamment pour le désert d’Atacama

1911 : découverte des ruines du Machu Picchu par l’historien américain Hiram Bingham

Difficile à croire que pendant plus de 4 siècles, ce site est resté inconnu du monde entier ! Plus incroyable encore, comme il n’y avait pas d’écrit à l’époque (les Incas avaient plusieurs talents, mais pas celui de l’écriture), on ne sait finalement peu de choses de la citée perdue des Incas : qui la construit, à quelle époque, pour quelle fonction ? On suppose qu’elle a été construite milieu du XVième siécle par Pachacutec lors de l’expansion des Incas et servit probablement, par la suite, de refuge lors de la conquête espagnole. En effet, le site est retiré dans la vallée sacrée de l’Urubamba et protégé par les meilleures défenses naturelles qui soient : ravins profonds, montagnes escarpées … La seule façon d’y accéder était par le célèbre Chemin de l’Inca. On aura l’occasion de faire une visite guidée avec pas mal d’infos sur le site et la culture Inca. Toute la beauté du lieu réside dans l’intégration des éléments dans le paysage et le relief des montagnes. En gros, c’est un grand village ou llacta de 5 km2, perché en haut d’une montagne appelée Machu Picchu (« Vieille Montagne » en Quechua). Eh oui, c’est la montagne au départ qui s’appelle comme ça et non le site … avec en face le Huayna Picchu (« Jeune Montagne ») que l’on voit sur toutes les photos. Comme tout llacta, on retrouve les mêmes éléments : des lieux de culte (bains cérémoniels, temple du soleil, tombeau royal, place sacrée …), des lieux sociaux (place centrale), des quartiers résidentiels, des cultures en terrasse … et même des cellules en sous-sol pour les délinquants ! Sinon, les 1000 personnes du site étaient occupées à cultiver leurs terres, faire de la chicha pour les rites religieux, observer le ciel et le soleil avec leur cadran solaire (Intihuatana) et enfin sacrifier de jeunes femmes comme offrande à leur dieu soleil Inti.

Ce qui nous a particulièrement marqué, c’est que :

- les énormes pierres utilisées pour les constructions ne proviennent pas du site. Il a donc fallu une ingénierie très évoluée pour faire monter des blocs de pierre pouvant peser plusieurs tonnes jusqu’au sommet de la montagne

- Il y avait d’autres sites dans la région, tous situés au sommet des montagnes environnantes. Comme il n’y avait pas de système d’écriture (seulement le quipus, message codé sous forme de nœuds de différentes sortes sur des fils de laine servant aux statistiques de l’État), et aussi pour éviter de se déplacer, ils utilisaient des coquillages pour émettre des sons et communiquer d’un site à l’autre

- leurs connaissances de l’astronomie avec des outils super sophistiqués pour l’époque leur permettant de mesurer le temps et prévoir les saisons

- les représentations sous toutes ses formes de leurs animaux mythiques : le serpent symbolisant le monde terrestre, le puma le monde des hommes et enfin le condor le monde supérieur. Par exemple, tout le secteur réservé à la religion a été édifié sous l’apparence d’un puma

Si vous souhaitez voir ce site, dépêchez-vous car une rumeur annonce que ce dernier ne sera plus visitable d’ici 30 ans (pour cause de glissement de terrain dû au trop grand nombre de touristes, en moyenne de 2000/j …)

             

Le Pérou contemporain :

1960 - 1980 : enchainement de coups d’Etat et de dictatures militaires

1980 – 1990 : naissance du « Sendero Luminoso » (Sentier Lumineux), groupe maoïste et terroriste lié aux cartels de la drogue, à l’origine de 60 000 morts et « disparitions »

Lors de notre visite du musée de la Nation, 2 jours après notre arrivée au Pérou, on ne s’attendait pas à voir cela : des photos saisissantes dans le cadre d’un reportage sur le Sentier Lumineux. Amélie avait quelques souvenirs de cette partie de l’histoire péruvienne de ses cours d’espagnol, mais bon, ca fait toujours bizarre de voir la réalité en face ! Son initiateur et « prophète » est Abimaël Guzman, un prof de philo, et les 4 préceptes du mouvement sont :

- Le Pérou est le centre de la révolution mondiale

- Leur leader, Guzman, est la 4ième épée du communisme (après Marx, Lénine et Mao)

- tous les régimes socialistes récents ont trahi la pensée marxiste

- la vraie révolution n’est pas une bataille entre armées mais une lutte visant à détruire toutes les structures du capitalisme

Ca fait froid dans le dos ! (Cf. photo de l’enfant, carabine à l’épaule, fêtant l’anniversaire de Guzman). Comme les Khmers rouges au Cambodge (dixit le Routard), ils veulent réformer le Pérou en revenant au degré zéro : « Non seulement nous voulons arrêter le temps, mais également l’inverser, jusqu’à ce que la page soit de nouveau blanche… ». Ce qui n’arrangea pas les choses, c’est l’émergence d’un autre groupe terroriste révolutionnaire à la même période, mais guévariste : MRTA (Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru) avec lequel ils s‘associeront. Malheureusement, la réaction du gouvernement pour éradiquer ces deux mouvements fut loin d’être exemplaire : ils tuèrent ainsi beaucoup de paysans innocents suspectés de soutenir le mouvement. De plus, ne pouvant défendre toute la population, ils décidèrent d’équiper les populations locales en armes à feu pour leur permettre de se défendre eux-mêmes. Une vraie guerre civile ! Pour rassurer nos parents et les prochains voyageurs du Pérou, il faut savoir que Guzman s’est fait arrêté en 1992, son second Feliciano en 1999, et que la dernière action du MRTA date de 1996 avec une prise d’otages dans l’ambassade japonaise.

  

   

1990-2000 : Alberto Fujimori est élu Président à deux reprises, mais la diffusion d’une vidéo montrant Vladimiro Montesinos, le chef des services secrets, en train de corrompre un parlementaire, sonne la fin de 10 années de pouvoir

2001 : Alejandro Toledo devient le premier président d’origine indienne d’un pays andin avec une investiture au Machu Picchu pour marquer le coup !

2006 : élection à nouveau d’Alan Garcia Pérez qui ruina le pays dans les années 80

PostHeaderIcon Et en conclusion de notre road-movie…

Un extrait de nos panneaux de signalisation préférés !

   

 

   

 

PostHeaderIcon Sydney (11 Août)

Une fois devenus des experts de la Shiraz et remerciés nos hôtes du jardin botanique, nous fonçons vers Sydney où nous attendent Pierre (ami McKinsey d’Amélie qui nous accueillera dans son très bel appartement) et Travellers Auto Barn, heureux propriétaires de notre van. Et oui, c’est notre dernier jour avec le campervan et la séparation s’annonce difficile !

Les premières heures seront pour nous quelque peu déconcertantes. Nous avons l’impression d’être les seuls touristes de la ville en short et tongues, alors que tout le monde arbore un traditionnel costume-cravate-attaché case.

Heureusement, grâce à Pierre et à ses conseils, nous prendrons vite nos marques et découvrirons la ville de l’intérieur. Nous y passerons ainsi 2 jours et demi avec au programme :

- Balade dans le quartier des anciens dockers The Rocks aujourd’hui reconverti en quartier bobo

- Découverte du Central Business District avec sa fameuse skyline en bord de mer, Macquarie Street et nombre de ses bâtiments anciens avec des intérieurs so British ! (le Parlement, le Mint et St James Church la plus ancienne église de Sydney) et enfin balade autour de l’Opéra et dans le jardin botanique au milieu des roussettes

- Dîners dans les quartiers de Kirribilli (avec une vue superbe sur la skyline et l’opéra de Sydney) et Chinatown

- Et enfin, les deux must sydnéens d’après nos hôtes : excursion à Bondi Beach d’après Pierre, et à Darling Harbour selon Aude-Sixtine

Vous le remarquerez, un must manque à l’appel : le fameux apéro en haut de la Sydney Tower. Sous-estimant le standard de l’élégance australienne, nous pensions faire illusion avec nos fringues de trekkeur. Malheureusement, les baskets de Teo seront fatales ! Pas de vue panoramique sur toute la ville, mais finalement, on sera tous content de boire une bonne bière dans le pub du coin !

PostHeaderIcon Nos meilleurs moments sur la Côte Est (27 juillet)

En résumé, voici un petit condensé de nos meilleures expériences sur la Côte Est

Magnetic island ou la journée la plus longue (jour 4)

Levés sur les coups de 6h30 pour choper un ferry direction Magnetic Island (connue pour ses koalas et ses 22 baies qui en font un cadre paradisiaque pour se promener de plage déserte en plage déserte), nous arrivons sur l’île, notre petit dej en poche vers 8h du matin. Pour rejoindre notre première walk, nous tentons, pour la première fois de notre voyage, l’autostop. L’Australie étant des pays les plus safe au monde, nous osons ! Après 5 minutes d‘attente le pouce levé, nous tombons sur un australien originaire de Melbourne en vacances chez son frère. Alors que nous commençons à nous réjouir de la chance d’être tombé sur lui, il nous apprend qu’il est en route vers chez lui, trop fatigué de sa cuite au vin rouge de la veille. No comment ! Nous arrivons à bon port au départ de la Forts Walk, marche d’1h au milieu d’un ensemble de forts construits pendant la seconde guerre mondiale pour repérer l’ennemi japonais (une de nos premières visites historiques dans ce pays !). Mais finalement, ce qu’on retiendra de cette randonnée, c’est notre rencontre avec les koalas se reposant sur les branches d’eucalyptus au bord du chemin. Amélie est sous le charme. Les photos parlent d’elles-mêmes. Pour nous rafraichir, nous prenons la direction de la côte de l’île pour passer l’après midi sur les trois baies du nom d’Arthur, Florence et Horseshoe. A 18h, nous commençons à nous activer pour prendre le dernier bus censé nous ramener au port 10 minutes avant le départ du dernier ferry. C’est là que tout bascule ! Après 45 minutes d’attente à l’arrêt de bus et un chauffeur incapable de passer la seconde, nous arriverons à l’embarcadère avec une petite dizaine de minutes de retard, juste le temps de voir le ferry partir sous nos yeux. Nous sommes, pour parler vulgairement, sur le cul ! Comment dans un pays aussi organisé que l’Australie, est-il possible de se retrouver coincés sur une île sans bien sûr aucun bagage pour passer la nuit. Nous débattrons de ce point longtemps avec Olivier (rappelez-vous le taxi de Cairns) et Elodie (une de ses cops) coincés comme nous. Heureusement, malgré une altercation entre Elodie et le chauffeur de bus niant sans vergogne toute responsabilité, nous nous en sortirons modulo un extra 30$ et un ferry de la compagnie concurrente qui nous ramènera à Townsville une bonne heure après. Tout est bien qui finit bien, vous direz nous. Et bien non ! Non seulement le ferry nous ramène à plus d’1 km de là où est garé notre van mais surtout ce dernier est garé dans le parking de la première compagnie… fermé pour la nuit. Nous nous retrouvons ainsi SDF, sans affaires ni endroit pour dormir. La loose ! Perdu pour perdu, nous passerons la soirée avec Olivier et Elodie, autour d’un bon petit diner chinois entourés des fêtards australiens du vendredi soir. Une heure du mat et beaucoup de rigolades passées, ils nous ramèneront à notre parking et nous aideront, sous les regards de la caméra de sécurité, à escalader le portail selon la bonne vieille technique de la courte échelle. Le lendemain, nous profiterons de notre position stratégique sur le parking pour se faire rembourser après un bon petit scandale à la française. Enfin, tout est bien qui finit bien !

Whitsunday Islands et la célèbre plage de Whitehaven Beach (jour 7)

Enfin quelques jours de repos bien mérités : pas de route, pas de camping, ni même de van. Nous garons ce dernier tôt le matin à Airlie Beach avant de prendre le bateau, ou plutôt le canoe, pour les îles paradisiaques des Whitesundays (sommets émergés de montagnes de corail, ces île proches du continent font partie de la Grande Barrière). En effet, après une petite matinée passée à comparer les offres des dizaines de travel agents de la rue principale, nous déciderons de zapper le package type 3 jours-2 nuits sur un bateau blindé de backpackers victimes du mal de mer et préférerons l’option Ocean Rafting avec qui nous négocierons de nous faire déposer sur l’île de Long Island (île occupée uniquement par deux hôtels, le reste étant à l’état sauvage).

Notre expérience d’Ocean Rafting ne sera pas sans nous rappeler la session plus que sportive du snorkeling indonésien avec les parents de Teo. A bord d’un énorme zodiac boosté par ses 900 chevaux, nous ferons la traversée des îles en moins d’1h : nous ne sommes jamais allés aussi vite sur l’eau et le dos de Teo s’en rappelle encore ! Ambiance un peu fête foraine mais sensations garanties… Comme annoncé dans leur slogan « 3 days in 1 », nous aurons le temps de faire le tour des îles, du snorkeling… dans une eau à 18°C (autant vous dire que vous n’y restez pas plus d’un quart d’heure) et enfin déjeuner sur la plus belle plage du monde : Whitehaven beach et son sable plus blanc que blanc.

A la fin de la journée, nous nous ferons déposer, tels deux VIP, sur la plage du Long Island Resort où nous passerons la nuit avant de rejoindre le mythique Peppers Palm Bay. Au-delà des deux jours magiques passés sur l’île, voici deux petites anecdotes qui nous ont bien faire sourire (décalage entre backpackers et hôtel prestige oblige) :

- La 1ière anecdote est que nous sommes certainement les premiers clients à rejoindre l’hôtel à pied alors que la plupart des clients arrive en hydravion. On se rappellera de la tête de la réceptionniste nous voyant débarquer de “derrière les montagnes” avec notre sac à dos sur le dos

- La 2ème anecdote est, qu’après notre dîner romantique au bord de la piscine, nous serons tout ravis de nous faire une soirée DVD dans la salle home cinéma de l’hôtel. Un peu comme à la maison ! Etonnamment pour nous, personne ne l’avait réservée…

Cours de surf de Teo à Agnès Water (jour 10)

Motivé par le spectacle des surfeurs indonésiens, Teo s’était fait la promesse de prendre des cours de surf d’ici la fin de l’été. C’est à Agnès Water, spot réputé pour ses vagues idéales pour les débutants, que Teo s’initiera à ce fameux sport de glisse.

Après 15 minutes de technique présentées sur la plage par un surfeur fidèle à tous les stéréotypes (blond, cheveux longs, musclé, bronzé), il se lancera à l’eau et pratiquera pendant plus de deux heures. Il parviendra à surfer sa première vague dès son cinquième essai…. Si si on vous assure !!! Malheureusement, Amélie ne réussira pas à prendre la photo témoignage preuve de ses exploits… Il faudra nous croire sur parole ou patienter jusqu‘à notre retour pour qu’on vous montre la vidéo !

Hervey Bay et notre rencontre avec le ranger (jour 12)

A la nuit tombée, nous arrivons à Hervey Bay, connue pour l’observation de ses baleines et l’excursion sur Fraser Islands (une montagne de sable au milieu du Pacifique). Comme à notre habitude, nous nous installerons pour la nuit dans un parking désert avec vue sur mer. Au milieu de notre nuit, bien enfouis dans nos sacs de couchage, nous sommes réveillés brutalement à coups de coup de poings sur notre van, véritable caisse de résonnance. Nous comprenons vite la situation : garés illégalement pour la nuit, le ranger nous attend ! Que faire ? Selon Amélie, ne pas bouger pour lui faire croire qu’il n’y a personne à l’intérieur (difficile à faire quand le ranger persiste en augmentant la fréquence de ses coups). Selon Teo, sortir le plus vite possible et jouer le touriste naïf à l’anglais approximatif. Au bout de cinq minutes et un « Security, open the door » lancé par le ranger, nous finirons par sortir. Plus de peur que de mal. Alors que l’entretien semblait plutôt mal parti (le ranger nous menaçant d’une amende de 500$ pour un overnight stay illégal), le jeu d’acteur de Teo portera ses fruits : le ranger nous enverra passer la nuit à 5 kms de là sur un parking désert de la marina et nous fera très clairement comprendre qu’il est hors de question de nous revoir sur un parking de la ville. Cet épisode malheureux nous fera finalement économiser beaucoup d’argent : peu motivés pour rester dans cette ville hostile aux backpackers, nous boycotterons l’excursion des baleines et celle de Fraser. Soit plus de 500$ d’économisés à deux ! Heureusement, Tin Can Bay (à 30 minutes de là) et ses dauphins, ainsi que Rainbow Beach et ses falaises en arc-en-ciel, nous laisseront un souvenir tout aussi merveilleux…

Notre tournée des vins de la Hunter Valley (jour 15)

Après une journée entière passée sur la route (près de 13 heures à … 60 km/h en moyenne, 1h30 d’embouteillage dans Brisbane et un dej pique-nique sur la plage réputée de Byron Bay), nous faisons une halte bien méritée dans les vignobles de la Hunter Valley à quelques heures de route de Sydney (notre destination du lendemain).

L’objectif de cette journée dégustation sera de découvrir le cépage phare de la région : le shiraz. Nous visiterons ainsi trois grands vignobles : le domaine Wyndham (dont le fondateur fut le premier à introduire le shiraz dans la vallée en 1928), le domaine Rosemount / Lindeman (dont les vins remporteront plusieurs prix) et enfin le domaine Bimbadgen qui remportera nos suffrages. Nous achèterons ainsi une petite bouteille à partager avec nos futurs hôtes de Sydney (à notre habitude, nous choisirons un vin rouge fruité, mix entre les trois cépages régionaux shiraz, cabernet, merlot).

Grande découverte de cette journée : les vins pétillants, à boire, selon les Australiens, frais agrémentés de glaçons au bord de la piscine, qui finalement ne nous sembleront pas si mal que ça. Rassurez-vous, notre préférence reste les vins rouges traditionnels…

Cette journée se terminera par une nuit insolite au Water Garden à quelques kilomètres de là. En effet, le propriétaire de ce dernier, que nous rencontrerons lors de la recherche d’un endroit où dormir, nous offrira un bout de son terrain pour que nous y passions la nuit. Vraiment sympa !

PostHeaderIcon Nos premiers pas sur la Côte Est (25 Juillet)

Notre dernière nuit dans le Red Center se passe à Stuart Wells (et oui, pour la 2ème fois) pour apprécier une dernière fois les performances vocales de Dinkie et surtout profiter d’un emplacement de camping gratuit avant de prendre l’avion le lendemain.La voiture garée dans le parking d’Europcar et les extra 1000 kms payés, nous voici à nouveau piétons ou plutôt vagabonds dans le hall de l’aéroport avec tout notre attirail. On utilisera même notre réchaud dans le jardin botanique de l’aéroport histoire de se préparer un dernier petit déj le temps d’attendre notre avion. Plus rien n’arrête l’Améteo !

Nous atterrissons à Cairns sous la pluie, chose que nous n’avions pas prévue. On espérait un beau temps d’été pour rattraper les températures des nuits du centre. A ce sujet, on retrouve Olivier à la sortie de l’avion, rencontré au camping de Kings Canyon et qui avait beaucoup souffert du froid. On se rappelle encore son ras-le-bol, pour rester correct, lorsqu’il tenta de chauffer son thé avec son réchaud portatif par 5°C. On lui propose évidemment de partager un taxi pour rejoindre nos guesthouses respectives. Une fois Olivier déposé, notre chauffeur de taxi nous conseillera un dorm tout confort : le 149 Caravella’s où nous dégoterons (négociation oblige) une chambre double à 55$ et des coupons pour un dîner gratuit dans un bar branché de Cairns:  le Wooshed. C’est notre première rencontre avec la jeunesse australienne de la côte est. Tout d’abord, c’est la Chistmas party (normal, on est en juillet !) avec tous les mecs coiffés d’un bonnet de père noël et les filles habillées en sexy mère noël (malheureusement, loin de la silhouette de Nicole Kidman). Nous dégusterons ainsi notre excellent plat de pâtes dans une ambiance survoltée digne des meilleurs pubs londoniens !

Le lendemain, c’est jour de repos, à nouveau sous la pluie (c’est ça le climat tropical) avec au programme réactualisation du blog en profitant du Wi-Fi du McDo. Le repère des backpackers australiens et français (on se croirait sur la côte d’Azur) par excellence !

Enfin, le jour d’après, c’est le jour J : premier jour de location de notre van que nous avons soigneusement sélectionné la veille selon deux critères finement étudiés : l’ancienneté (il ne s’agirait pas de tomber en panne avec le véhicule étant donné nos compétences de mécanique) et le design extérieur (quitte à avoir une nouvelle maison pendant deux semaines, autant qu’elle soit jolie !). Seule déception : pas de boite automatique dans ces camionnettes ; ce qui explique le démarrage chaotique de Teo, en sursaut, devant la nana de l’agence, qu’on pourrait qualifier d’interloquée… Certes un peu anxieux à l’idée de ne pas avoir pris d’assurance (budget oblige…), nous nous lançons tout de même dans l’aventure, confiants que tout ira bien…. Ou presque !

Une fois le traditionnel ravitaillement Woolworths opéré et nos bagages récupérés à Caravella’s, nous attaquons les Atherton Tablelands (petit massif à plus de 1000 mètres d’altitude) pour rejoindre notre première destination : le lac Eacham.

En y réfléchissant, nous aurions pu choisir plus facile comme première destination car entre la côte à 10°C, la taille du véhicule, la conduite à gauche et surtout les vitesses à passer de la main gauche, ca devient sportif. Teo, gentleman comme toujours, multipliera les arrêts sur le bas côté pour laisser passer les dizaines de voiture amassées derrière lui… Heureusement que les paysages, que nous traversons, sont magnifiques, dignes des pâturages verdoyants de Normandie avec ses belles vaches laitières. Arrivés à destination (enfin !), se pose la question existentielle de savoir si nous allons passer la nuit en camping entouré de dizaines de caravanes et payer 20$ l’emplacement ou si nous choisissons l’option du camping sauvage permettant de dormir en pleine nature à moindre coût. Bien que cette option soit strictement interdite en Australie, où des rangers patrouillent devant les bons spots pour verbaliser les mauvais élèves, nous prenons le risque ! Nous poserons ainsi notre campervan juste devant le lac Eacham au milieu du Crater Lake National Park. Aventurier mais pas fou, Teo se réveillera à 7h du mat’ pour guetter le ranger… qui ne viendra pas. Si nous nous en sortons correctement pour le camping sauvage, cette attente matinale nous coutera une batterie à plat : Teo ayant laissé le contact sur on pour profiter de la musique alors qu’il faisait le guet… Heureusement pour nous, nous sommes garés en pente et surtout à côté de cow-boys australiens, la cinquantaine, tout droit sortis du bush qui viendront à notre secours et démarreront le véhicule en deux temps trois mouvements. Ils ne nous laisseront pas partir avant de nous dispenser une formation express en mécanique (toujours utile pour notre périple) et nous recommanderont de laisser le moteur tourner le temps que la batterie se recharge. C’est ainsi que nous serons réduits à visiter les cascades à tour de rôle. Façon originale mais peu productive de visiter une région !

Une fois ces mésaventures des premiers jours passés, nous voici prêts pour partir à l’assaut de la côte est. Les maîtres mots seront : camping en pleine nature, repas pique-nique au cul du camion et beaucoup de kms…

PostHeaderIcon Kings Canyon & Uluru, 2 “places to be” in Australia (19 juillet)

Arrivés dans les environs d’Alice Springs, nous déciderons de filer directement vers Kings Canyon et Uluru. En effet, plusieurs voyageurs rencontrés en chemin nous alerteront sur le danger potentiel la nuit à Alice Springs. Nous sommes loin des discours des rangers de Kakadu sur la richesse de la culture traditionnelle aborigène. Ici, beaucoup de délinquance et d’alcoolisme. La plupart des stations essence distribue d’ailleurs du non-sniffable fuel (pour plus de détails sur la question aborigène, voir l’article des Bonnes Résolutions d’Amélie – en cours).

C’est ainsi qu’après 2 bons jours de route (vs le jour et demi planifié, et oui, en Australie, les distances sont toujours plus longues qu’on ne le croit…), nous arrivons au Kings Canyon. Nous atteignons alors les 3000 kms inclus dans notre contrat de location. Chaque km supplémentaire nous coutera 0,28 dollars australiens. Or, nous sommes à 500 kms d’Alice Springs et il nous reste à visiter Uluru… Le budget va en prendre un coût !

Nous passerons ainsi 2 jours à Kings Canyon : le temps de faire l’extraordinaire marche qui longe les rives du canyon et de camper au milieu des dingos venant régulièrement reluquer notre nourriture au moment des repas.

Pour nous, Kings Canyon aura une signification toute particulière. En effet, le soir de notre 2ème jour de route, nous nous arrêterons par hasard, à 100 kms au sud d’Alice Springs, dans la petite ville étape de Stuart Well, autrement surnommée “Jim’s place“. Mais qui est Jim, nous direz-vous ? Nous apprendrons ainsi, au cours de la soirée, que Jim est le fils de celui qui a ouvert Kings Canyon au public il y a 30 ans de cela. Il nous racontera lors d’un speech bien à lui les débuts de Kings Canyon… accompagné de Dinky, son très étonnant “singing dingo”…. (pour plus de détails, taper Dinky, the singing dingo sur Youtube… ca se passe de commentaires et nous, ca nous a bien attendris).

Après nos deux jours au Kings Canyon, nous nous dirigeons vers Uluru-KataTjuta National Park, avec son célèbre rocher (véritable symbole de l’Australie). Difficile de vous retranscrire la beauté de ce paysage grandiose… (Teo sera d’ailleurs très impressionné par ses variations de couleur selon les heures de la journée) et surtout de vous en expliquer la magie… parce que ces lieux ont effectivement des pouvoirs. En effet, lors de la visite du centre culturel, nous remarquons un tas de pierres rouges surmonté de lettres de visiteurs du monde entier. Ces derniers, par superstition, retournent les pierres volées sur le site ; beaucoup d’entre eux ayant en effet été frappés par d’importants malheurs depuis le jour où ils ont pris une pierre de ce territoire hautement sacré pour les Aborigènes. Nous passerons deux jours à faire des treks autour du fabuleux rocher et au milieu des monts Olga. Difficile de vous en dire plus sur la tradition aborigène qui les entoure. Nous savons seulement que ces lieux sont utilisés lors des rites d’initiation des garçons et des filles par leurs aînés. Cette culture se veut en effet très secrète : une guide nous racontera que si un blanc venait à connaître ces coutumes, il serait surement tué par les aborigènes, très soucieux de préserver les secrets de leurs traditions.

PostHeaderIcon Katherine et le transfert vers le centre (16 juillet)

Après nos cinq jours de camping dans les parcs du nord, nous fonçons vers Katherine réputée pour ses gorges et ses sessions canoë. Et oui, pas de “salties” à Katherine mais uniquement des gavials (crocodiles d’eau douce) bien moins féroces mais tout aussi protégés par le gouvernement australien. Après 3h de route, un ravitaillement au supermarché du coin (la glacière est en effet une vraie piscine…), nous passerons une nuit au camping des Edith Falls (plutôt moderne après Kakadu avec ses barbecues et son absence de moustiques…) puis deux nuits au camping encore plus moderne des Katherine Gorges. On se croirait presque au camping des Flots Bleus avec la piscine autour de laquelle s’enchainent les apéros, les barbecues au milieu des tables à pique-nique et surtout l’animation du soir, Greg et Julia, qui viennent pousser la chansonnette de 19h à 21h. Beaucoup moins sauvage, il est vrai, que nos précédentes expériences… Mais on doit avouer que, finalement, on a bien aimé. Un peu de confort, ca fait de mal à personne !!!

Ces trois jours furent du coup bien agréables. Nos trois activités phares seront :

- La rangers’s talk du premier soir (on est désormais des habitués) où nous serons priés de ne pas nous baigner à partir de 19h pour laisser le temps aux crocos de profiter eux-aussi des bassins (on irait presque plaindre ces animaux, facilement effrayés, nous dit-on, par les bruits des humains).

- la promenade de 2 heures pour atteindre une très belle piscine naturelle où nous resterons à bronzer 3 heures sur les rochers (ca faisait longtemps…)

- et bien sûr la promenade de 4 heures en canoë qui sera l’occasion pour Teo de redorer son blason de canoeur après l’expérience un peu ratée de Seraya… (rappelez-vous le canoë qui prend l’eau…). Seule déception de cette balade fabuleuse : toutes les plages sont réservées aux crocos qui y font leurs nids. Pas de baignade pour l’Ameteo qui heureusement en avait bien profité la veille…

  

  

   

  

La balade terminée, nous prenons nos clics et nos clacs, faisons une halte au Subway (on profite de la civilisation pour se faire un petit plaisir) et nous voilà partis pour un jour et demi de route au milieu de l’outback afin de rejoindre Alice Springs et son fameux rocher.

Pas grand-chose à dire sur cette traversée, si ce n’est que nous parcourons 1 300 kms sur une autoroute proche des nationales françaises (à une seule voie, sans glissière de sécurité ni tél de secours… évidemment le portable ne capte pas, trop facile !), que nous aurons la chance de ne pas croiser de kangourous (nous essayons en effet de nous arrêter à la nuit tombée), que les stations essence sont parfois distantes de plus de 200 kms (il ne s’agit pas d’en rater une par mégarde), que la majorité des villes sur le chemin sont des relais routiers tout droit sortis des road-movies américains composés au plus d’une station essence, d‘un bar et d’un camping (nous y tenterons ainsi la tourte à la viande entourée de routiers quelque peu éméchés… une expérience !) et que le doublement des road-trains est en effet une épreuve… Teo, après 10 minutes coincé derrière un road train, tentera ainsi le doublement à l’australienne : un road train… de plus de 100 mètres… roulant à 100km/h…au milieu d’une côte. Ca se tentait en effet mais c’était sans compter sur le manque de reprise de notre voiture à boite automatique qui mettra bien 1 minute à atteindre les 130 km/h souhaités pour le doublement, ni sur la voiture qui surgira en face d’on ne sait d’où… No comment, nous nous en sortirons sans heurts et avec pas mal de rigolade…

   

    

  

   

PostHeaderIcon Notre bizutage ou la découverte du Grand Nord australien (9 Juillet)

Plutôt que de vous raconter jour par jour nos aventures (ce serait trop long…), voici un condensé de nos meilleures péripéties :

Darwin, capitale du Northern Territory (3 jours)

En Australie, notre premier soir rimera avec dortoir et, avec dortoir, pleins d’histoires. Il y a évidemment le bordel des étudiants ou des Working Holidays qui squattent les « dorms » depuis des semaines (pas facile de se faire une petite place pour la nuit), la propreté relative des douches / toilettes communes, le check-out à 9h30 (bien matinal l’Australien) et enfin, les punaises dans les lits (bed-bugs). Amélie aura ses deux voisins du dessous (lits superposés obligent) victimes de ses terribles bestioles qui, heureusement, n’atteindront pas le lit du dessus… Vivement qu’on ait notre propre tente !

Notre second temps fort est notre premier cinéma en trois mois, en plein air qui plus est, sur des transats (un vrai rêve d’ado). Malheureusement, nous n’avons pas le choix dans la programmation et nous finirons avec un Walt Disney : la Princesse et la grenouille au milieu des gamins australiens. So cute !

   

  

  

Litchfield, nos premières expériences camping (2 jours)

Le Litchfield National Park est l’endroit incontournable pour les Australiens le week-end qui viennent pour un après-midi pique-nique / baignade. En effet, il y a plein de chutes d’eau offrant de très belles piscines naturelles. Cerise sur le gâteau : il n’y a pas de crocodiles. On comprend son grand succès !

Après la difficile épreuve des achats de matériel au moindre coût (glacière chez Woolworth, réchaud chez NT Camping, tente chez Coles), nous voici face à nous-mêmes pour cette première nuit en camping. Tout d’abord, montage et plantage de tente dans un sol dur comme du béton. Comme le dit si bien Glenn, notre premier voisin de camping australien : « Australia is a tough country ». Ensuite, préparation de nos hamburgers pour le diner. Et oui, l’Ameteo est ambitieux pour son premier repas. Heureusement, Glenn nous propose de partager son feu : soulagement, nous n’avons pas à sortir le réchaud, ni à aller chercher du bois dans la nuit noire. Notre poêle Téfal résistera à la puissance du feu et, une fois le steak haché cuit, nous rajouterons tomate, salade, coleslaw. Le tour est joué et Teo content ! L’épreuve du premier repas est passée avec succès.

La deuxième anecdote sera notre première rencontre avec les animaux du bush. Alors qu’Amélie s’en va chercher de l’eau pour une fiesta pasta, deux yeux brillants la suivent depuis les buissons. Là encore, Glenn viendra nous sauver. Pas d’inquiétude : ce n’est qu’un wallaby. Rien de plus normal, nous sommes en Australie. D’ailleurs, on en croisera des dizaines le soir dans les campings… Toujours sympa d’avoir un ami, la nuit, pour la pause pipi… La rencontre avec le wallabies terminée, Amélie se dirige vers les toilettes pour chercher son eau. Là, la surprise sera moins sympa : un énorme serpent (10 cm de diamètre et au moins 1m de long) squatte les toilettes des filles. Teo attiré par les cris de ces dernières viendra à leur secours. Trop tard, le serpent est parti, il n’en verra que la queue. Déjà très impressionnante… nous dira-t-il…

   

  

   

  

Kakadu, camping chez les moustiques (3 jours)

Impressionnant par sa taille (20 000 km2), Kakadu est à la fois un espace naturel et culturel. Venus pour admirer les peintures rupestres aborigènes (vieilles de 25 000 ans) d’Ubir et de Nourlangie, les visiteurs doivent cohabiter avec plus de 25 espèces de grenouilles, 55 sortes de poissons d’eau douce, 60 races de mammifères, 120 reptiles différents, 280 espèces d’oiseaux et au moins 10 000 variétés d’insectes. Le décor est planté !

Un moment que nous avons particulièrement apprécié est les Rangers’ talks et walks à des endroits et sur des thèmes toujours différents. En plus d’être gratuits (nice !), ils nous permettent en 2h d’en connaître un peu plus sur les animaux et la culture aborigène. On retiendra la session sur les estuarine crocodiles (dits « salties » car vivant en eau salée) et celle sur le système complexe de « Kinship » créé par les aborigènes pour régir les liens entre les individus. Etonnamment pour nous au premier abord, ces règles peuvent conduire à empêcher un frère et une sœur à se parler / côtoyer dans la vie adulte. En effet, les enfants de sexe opposé mais de parents identiques appartiennent à des « clans » opposés. Sûrement, une façon pour les peuples aborigènes d’éviter les relations intra-familiales… Concernant les crocodiles, quelques faits plutôt étonnants. Leurs ancêtres vivaient avant l’âge des dinosaures il y a plus de 100 millions d’années. Le sexe du jeune crocodile est déterminé par la température du nid. Leur vitesse de croisière dans l’eau peut atteindre 10km/h et sur terre, les 18 km/h (plutôt rapide l’animal). Enfin, vous vous êtes peut-être toujours demandés pourquoi les crocodiles ouvraient leurs mâchoire pendant les bains de soleil…. Et bien nous avons la réponse : pour éviter que leur cerveau ne surchauffe ! Et oui, comme tout reptile, les crocodiles utilisent l’environnement pour réguler la température de leur corps…

Notre deuxième souvenir de Kakadu sera encore le camping, mais cette fois-ci en solo. Et oui, autant à Litchfield, les emplacements camping sont vite remplis, autant là, la grandeur du parc (proche de la superficie de la Belgique) fait que nous nous retrouvons vite isolés, entourés de tous les « wild » animaux de la région. C’est là que nous essaierons pour la première fois notre fabuleux réchaud « Companion » et que nous tenterons les escalopes de dinde cuites au feu de bois par… Teo (et oui !). Notre pire expérience sera le camping de Burdulba… Voulant économiser les 20$ demandés par les rangers, nous tenterons un camping sauvage. A notre grand étonnement, il est vide. Contents d’être en harmonie la nature, nous plantons notre tente. Malheureusement, nous comprendrons vite la raison de cet isolement : nous sommes à 100 m d’une rivière infestée de crocodiles (rappelez-vous la distance de sécurité réglementaire est de 50m… de quoi nous rassurer…) et l’endroit est envahi par les moustiques dès la nuit tombée. Nous mangerons en 4ème vitesse, passerons notre soirée dans la tente à l‘abri des animaux de la forêt qui ne manquent pas de se faire entendre et mettrons les voiles dès le lendemain 7h du matin… Trop de sauvage tue le sauvage !